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Bulletin

. 7

Société d'Études Scientifiques de lAnde, Carcassonne

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BULLETIN

SOCIÉTÉ D'ÉTUDES SCIENTIFIQUES

DE L'AUDE

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BULLETIN

NETE D'ÉTUDES NENTIFIQUES

ES

TROISIÈME ANNÉE. TOME III

eme

CARCASSONNE

GABELLE, BONNAFOUS et Cie, IMPRIMEURS DE LA SOCIÈTÉ 50, Rue de la Mairie, 50.

1892

MEMBRES FONDATEURS

DE LA

SOCIÉTÉ D'ÉTUDES SCIENTIFIQUES DE L’AUDE

ALIEU (François, archiviste. AMIGUES ‘Adolphe), notutrc. AUGÈRES (Victor), tustituteur. AURIOL (Adrien), professeur. AYROLLES (Aimé), propriétaire. BAICHÈRE (l'abbé Ed.), professeur. BARRE (Léopold), propriétaire. Bénos (Philippe), professeur. BENEAUSSE (Maurice), instituteur. BERGASSE (Marius), propriétare. BONNAVES (l'abbé Sylvain), curé. BOURREL, Dr médecin.

BreU (Fernand), étudiant.

CAMBOX (labné Léon), prafes eur.

CANAL (l'abbé Pierre), profrsseur. CASTEL (Pierre), ingénieur. CHARTIER (Louis), naturaliste. COMBES (l'abbé G.), professeur. DAT DE STr-FOULC (Ch.), rentier. DONNAREL (François), instituteur. DoxxAT (Hippolrte), professeur. DUMONT (Joseph), horticuteur. FLEUREAU (Alphonse), professeur. Gary (Léopold), propriétaire. GASTINE (l'abbé M.), professeur. GAUTIER (Gaston), botaniste. | GaAvoy (Louis), entomologiste. GAZEL (l’abbé Lucien), professeur. (GILORIES (Emile), rentier.

JALOUX (Adrien), propriétaire.

mm mm

JEAN (Joseph), propriétaire. JULLIAN (Ch.-Gabriel), étudiant. JOULIA {l'abbé J.), Sup.du P. Sém. LIGNON (Alban), instituteur. MAHOUX (l'abbé Casimir), curé. MALBRET (Bernard), photographe.

._MARIEU (Charles), propriétaire.

Many (Ulysse), propriétaire. MAUREL (Oscar), instituteur. MiTrou (l'abbé Georges), profess. MOLINIER (Jean), instituteur. MoONTES (P.), anc. chef d'instit. MouLa (Paul, Dr médecin. MULLoT (Henri), propriétaire. NaAvaALs (Albert), tistituteur. NOYER (Joseph), étudiant.

PÉRIÉ (Auguste), instituteur. PETIT (Abel), Dr médecin.

PILLOT (E.), garde gén. des forêts. Poxs (l'abbé Camille), professeur. PRATX (l'abbé Auy.), professeur. RANCOULE (l'abbé J.-B ), profess. REBELLE (Guillaume), négociant. RESPAUD (Auguste), instituteur. ROUSTAN (Désiré), étudiant. SICARD (Germain), propriétaire.

.: SOL (Paul), journæiste.

SOURBIEU (Ed.), conchyliologiste. VIGUIER (Laurent), étudiant. VÉZIAT (Auguste), chef d’instit.

PREMIÈRE PARTIE

Liste des Membres. Séances de 1891

Bibliographie,

ETAT DES MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ D'ÉTUDES SCIENTIFIQUES DE L'AUDE

{ee ST Décembre SO

Membres-nés

M. le Préfet du département de l'Aude. M. le Maire de Carcassonne. M. l'Inspecteur d'Académic.

Membres honoraires ? MAL.

BERGERON (Jules). Professeur à la Sorbonne. Paris.

Fzanauzr (Charles), Professeur à la Faculté des Sciences, Montpellier.

GaucTiER (Armand). Membre de l'Institut. professeur à Ja Faculté de médecine. Paris.

y (l'abbé Charles). Professeur à FUniversité catholique. Angers.

Locarb (Arnould), Vice-Président de la Soriélé Malacologique de France, Lvon.

RouUuEGUÈRE (Casimir). Directeur de la Rerue mvycologique, Toulouse.

RousseL (J.). Professeur au collège de Figeac.

Rocvizee (Paul de) Doyen de la Faculté des Sciences, Mont- pellier.

SAPORTA (marquis Gaston de). Correspondant de l'Institut. Aix. |

Vicuier (Maurice). Docteur ès-Sciences,. Carpentras.

Membre bienfaiteur.

M. Senxix. Propriétaire. au Chäleau de Jouarre. par \zille.

XX

Membres donateurs. MM. Dox pe CÉpiax (Maurice). Propriétaire, à Villemoustausson. Douuexsou. Receveur de l'Enregistrement, à L\ons-la Forêt (Eure). FÉDIÉ (Louis). Homme de lettres, à Carcassonne.

Membres titulaires résidant à Carcassonne

{L'asterisque indique lés membres fondateurs)

1839-90. MM. * Antec (François). Archivisle-adjoint à la Préfecture. * AwGues (Adolphe). Notaire. rue de fa Mairie.

AurioL (Adrien). route Minervoise.

* Barre (Léopold). Emplove de commerce, Boulevard Bar- bès. 109.

Bany (Louis), Propriétaire, Grand'Rue.

Bépos (Philippe). Professeur au Lycée. Boulevard du Canal, 10.

BENEAUSSE (Maurice). Directeur de FEcole du Musée.

BERTRAND (Jean). Architecte. rue des Jardins.

BouRrkrELz. Docteur-médecin, rue Pinel

Boyer (Victor). Négociant. Boulevard du Evece.

* Caxaz (Fabbé Picrre), Professeur au Petit Séminaire.

* CasTEL (Pierre). Ingénieur des Arts el Manufactures. Grand'Rue, 77.

Carazax. Professeur à Finstitution Chosset. Grand'Rue.

CavaYÉ : Aptoine'. Avocal. Boulevard de Ja Préfecture, 5.

* Cuarrier (Louis). Emplové de commerce. Boulevard Bar- bès. 91. Covess (Louis). Emploxé au Comptoir d'Escompte. Li

Dar be Suwr-Fourc (Charles). Rentier. rue du 4 Septembre. b6 (bis). | DEviLLE (EE). Agent-vover d'arrondissement. ruc de Ja

Préfecture, 11.

DoxxarT (Hippolyte), Professeur au Lycée, Boulevard Barbès.

Duuoxr (Joseph). Horticulteur, rue de Metz, 24.

Forrt (E ), Télégraphiste. Boulevard Barbès.

GAUME, Général en retraite. rue Barbès, =.

Gavox (Louis). entomologiste, rue de la Préfecture. 5 (bis'.

GazEL (l'abbé Lucien). Professeur au Petit Séminaire.

GLrizes. Conducteur des Ponts et Chaussées en retraite, Boulevard de la Préfecture. |

GLoriIEs (Emile). Rentier. Villa Sle-Anne, faubourg de l'Estagnol.

GomBaup (Albert). Emplové de commerce. Boulevard Barbès.

GIRAUD, Avoué, ruc de l'Aigle-d'Or.

JaLoux (Adrien). Propriétaire au Château de St-Geniès.

JocuuiA (l'abbé Jules), Supérieur du Petit Séminaire.

JoURDAN\F (Gaston). Docteur en droit, Grand’Rue. 44.

Joux DE Vive Adolphe). Renticr.

LaArracE (Achille), Professeur au Lycée, rue Courtejaire.

Luquer (Picrre). Comptable à l’Usine de FTle.

MazsreT (Bernard). Photographe. rue de l’Aigle-d'Or.

Mrrrou (l'abbé Georges). Professeur au Petit Séminaire.

MoxrÈs (Prosper), Banquier, ruc Viclor-Hugo.

MocuLa (Paul). Docteur-médecin, Grand'Ruc.

Muzzor (Henri). rue du 4 Septembre. 6.

\ezui (Léon), Architecte. ruc d'Alsace.

Pacxoux (Edmond). Professeur de dessin au Lycée.

PéRié (Auguste). Directeur de l’École laïque de la Cité.

Perir (Abel). Docteur-médecin . rue des Halles, 9.

ReseLze (Guillaume), rue du Marché, 13.

Roc (Philippe), Propriétaire. Boulevard Barbès. 109.

De Rorzaxp pu Roquax (Charles), Rentier. ruc de la Mairie. 58.

Roux (François). Pépiniériste. à La Trivalle.

SATGÉ (Louis). Propriétaire, Grand'Ruc . He

_ XI SOURBIEU (Edmond), Conchyliologiste . rue de :la République , 35. Vacouié (Denis). Caissier du Comptoir d'Escompte. VenDALLE (Hippolvte). place du Palais. Vas (Paul). Propriétaire, rue Uourtejaire. VÈGuE (Lucicu’, Officier d'administration. 1891. BÈGUÉ (Marcel), Ingénieur. rue Courtejaire. Bessax, Lieutenant au 15° de ligne. BroquiEer (Symphorien), Adjoint au génic. Buaxarp (Léon). Peintre, >. rue de la Liberte. CaLver . -Maitre-répéliteur, au Lycée. Cansou (J.-B.), Docteur-médecin , rue de la République. CaAzANAvVE, Garde-général des forêts. Cozz (Joseph). Banquier. 9. rue \Mazagran. CoMBÉLÉRAN (Edmond), Négociant, rue de la Gare. CosTE (Faustin), Négociant, place aux Herbes. EsrezeL (Paul d'), Négociant, place aux ferbes. EvrorT (Charles). Conducteur des Ponts et Chaussées. square Gambetta. Fareur {Navier).' Ingénieur constructeur. square Gam- betta.

GamauD (Eugène). Agent d'assurances. rue du {

ñ SCp- tembre. 4.

Gavraup-DELourY (J. 4;.. \piculleur, rue du Marché. 51.

GORDIEN, Agent-voyer municipal, Hôtel de Ville.

GuirnauD (Marius). Ingénieur-constructeur. route de Narbonne.

JEAN (Paul). Institutcur-adjoint, école du Musée.

Lacronx (Philippe), Clerc d'avoué, rue des Etudes.

Maury (Jean). Député de l'Aude, rue de la République.

MazcuiEr (Gaston). Pharmacien de classe. Grand'Rue.

Mau (Bapliste). Café du Musée.

Mosop. Pasteur de l'Eglise réformée.

PEcu (Jean). Professeur de mathématiques . au L\cée.

XII

:; PEYRONXET (Paul). Docteur- médecin. rue Voltaire. PLANTIER /Alphonse). Négociant. Squarc Gambetta, 19. RarasouL (Jean). Instituteur-adjoint, Ecole du Bastion. RecocuLy (Pierre). Etudiant, Grand'Rue.

Rives (Emile), Vice-président du Conseil de Préfecture."

SABATIER (Alphonse), Propriétaire .: Grand'Rue.

SamarY (Léon). Chef de bataillon en retraite. route de Narbonne.

Savix (Léon). Capitainc-trésorier au 15° de ligne.

De Viviis . Lieutenant au 17° dragons.

Membres titulaires ne résidant pas à Carcassonne. 1889-90. MM.

ANCÉ (Fabbé Raymond). Curé. à Greffeil.

AuGÈres (Victor), Directeur de l'Ecole de Sigean.

AYROLLES (Aimé). Propriétaire. à Filou.

BarON (Charles). Libraire . à Narbonne.

BErGAssE /Marius). Propriétaire à La Mijcanne. près Villemoustaussou. |

Boxxaves (l'abbé Sylvain). Curé. à St-Julien-de-Briola, par Fanjeaux. |

Boxxer, Instituteur . à Saint-Marcel.

Bru (Fernand). Etudiant. rue Droite. 84, à Narbonne.

Caxec (Emile), Instituteur. aux Caves de Treilles.

Capys (l'abbé Etienne). Curé. à La Digne-Basse, près Li. moux.

CHavaxetre, Docteur-médecin. à Tuchan.

Cortes. Instituteur, à Montréal.

Couses (l'abbé Guillaume). Curé, à Saint-Benoît. près Chalabre.

Dax D’Axar (le comte), Propriétaire, à Axat.

Derpoxr, Directeur de l'Ecole communale, à Montolieu.

Dexiiee (Charles). Propriétaire. à Alzonne.

Dox or CÉpiax (Maurice). Propriétaire. à Villemoustaussou,

XIN

l'aBre (Paul), Instituteur. à Gruissan.

Faccas (Aimé). Instituteur, à Berriac. |

FLeureau (Alphonse). Censeur. au Lycée du Mans(Sarthe).

GABELLE (Isidore), Architecte, à Couiza.

Gautier (Osmin), Propriétaire et marbrier, à Caunes.

Gary (Léopold). Propriétaire. à Terres-Rouges. près Tour- nissan.

GaurTieR (Gaston. Administrateur des Hospices. place St-Just. à Narbonne.

GerviÈs (Amédée). Propriélaire. à Aiguesvives.

JEAN (Joseph). Proprictaire. à Castelbose, près Alairac.

Juzuiax (Charles-Gabriel). route de Ferrals. à Lézignan.

JULLIEN (Hippolyte). Propriétaire. à Villerembert, près Caunes. |

LaTapie (Henri). Propriétaire. à Castelnaudary.

Licxox (Alban), Instituteur. Ecole du Bourg. à Narbonne.

Mazves-Poxs (Charles), Ancien Sous-Préfet. Propriétaire . au Château de Ladern.

Marie (Charles). Propriétaire. à Leucate.

MayanDp (Antoine). Instituteur, à Bouilhonnac. près Frébes.

Mounier (Jean). Instituteur. à Tuchan.

Navas (Albert), Instiluteur. à Azille.

Noyer (Joseph), Étudiant, rue Niquet. 3. à Narbonne.

Pizzor (Ernest). Garde général des Forêts. à Lagrasse.

Poxs (l'abbé Camille). Professeur au Petil Séminaire, à Narbonne.

Poxs, Instiluteur. à Sigcan. |

Prarx (l'abbé Augustin). Chapelain de Villalbe. près Car- cassonne.

ResrauD (Auguste), Inslituteur. à Fitou.

Rivière (Marie-Louis}, Propriétaire. à Pépieux.

RocEr (Jean), Propriétaire, à Canet-d'\ude.

Rousras (Désiré). Étudiant, rue Peyrolières, 48, à Toulouse.

NicarD (Germain). Propriétaire, au Château de Rivière , près Caunes.

_—N-

Soz (M'° Margucrile), rue de l'Ancienne Mairie, 7, à Narbonne.

Sor. (Paul), Directeur du Vigneron Narbonnais, à Narbonne.

STUBLEIN (des Corbières), Météorologisie, aux Sauzils. près Espéraza.

Vaysse (Louis), Docteur-médecin. à Quillan.

Vicurer (Laurent). Etudiant. rue du Pont. à Narbonne.

1891. D'Axpmteu (Gabriel). Proprictaire, au Chätcau de Cépie, près Limoux.

BEnrranp (Elic),Instituteur, à Montredon. présCarcassonne.

Boxis. Instituteur . à Coustaussa.

Buscaz (Louis). Propriétaire. à Laure.

: COMTE (François), Avoué, à Castres.

Cros. Professeur, au Lvcce de Montpellier.

Crouzer. Docteur-médecin . à Cuxac-Cabardès.

DEvèze (Jean), Instituteur,. Ecole de Cité. à Narbonne.

EsrÈève (Pierre), Instituteur . à Bugarach.

FERRIÉ (Léo), Proprictaire. à Cazilhac.

GABELLE , Inslituteur., à Souilhe.

Gouze (René). Propriétaire. licencié en droit. à Caunes.

Hyverr (J.). Propriétaire des Mines de Lacaunette. près Lastours.

Jouer (Louis). Propriétaire . 13 rue de la Parcrie, à Nar- bonne.

Marnis (Jules). Inslituteur , à Armissan.

Moxcassix, Ingénieur. au Mas d'Avail. par Elne (Pyrénées- Orientales).

Moureau (Pierre). Entrepreneur de travaux publics. à Lespinassière.

Pucer (Paul). Instituteur, Kcole de Cité. à Narbonne.

Rocer (l'abbé Emile). Curé. à Malviès . par Limoux.

SEVEYS (Charles), Rentier, à Montlouis {Pyrénées-Orien- Lales),. |

VERGxEs (Raymond), Instiluteur . à Paziols.

L]

XVI Membres correspondants.

MM.

Buzzer , Directeur de l'Ecole vétérinaire . à Toulouse (Haule- Garonne). Bolaniste.

Boxxter (Gaston). Professeur de Botanique à la faculté des Sciences. à Paris. Boluniste.

BEL (Jules) , Professeur à St-Sulpice-la-Pointe (Tarn). Botaniste

Bocuzzu (l'abbé). rue de Bourbon, 31. à Lyon Rhône). Bolaniste.

BourauiGxar (J. R.). Secrétaire général de la Sociélé mulu- cologique de France. à St-Germain-en-Lavye (Seine et- Oise). Conchyliologisle.

CAREz (Léon), Docteur ës-sciences. avenue Ioche. 36. à Paris, Géologue.

CaRTAILHAC (Emile), rue de la Chaîne . à Toulouse fHautc- Garonne. Sciences préhistoriques.

CHALANDE (Jules), rue des Couteliers. 46. à Toulouse (Haute-Garonne), Herpétologque.

CuEvaLiER (l'abbé Louis), Professeur à Précigné (Sarthe). Bolaniste. | CLos (D'). Correspondant de l'institut. Professeur à la Fa- culté des Sciences. allée des Zéphirs. 2, à Toulouse

(Haute-Garonne). Botaniste.

Corixeau (Charles), juge à Doullens (Somme). Bolunisle.

CosTE (l'abbé Hippolyte). à l'Institut catholique . à Toulouse (Haute-Garonne). Boteniste.

Desraux (Odon). Pharmacien principal à l'Hôpital militaire. 10. rue St-Lazare prolongée, à Toulouse (Maute- Garonne). Bolaniste.

DéPéreT , Docteur ès-sciences , chargé du cours de Géologie à la Faculté des Sciences de Lyon (Rhône). Géoloque.

DocurrGce (François). Professeur au Lycée d'Oran (\gérie). Botaniste.

l'aBre (Paul). Docteur-médecin de la Ci* des Iouilléres de Commentry (Allier), Géologue.

_ XVI

Facor (Paul). Notaire, à Villefranche-de-Lauraguais (Haute- Garonne). Conchyliologiste.

Garricou. Docteur-médecin, à Toulouse (Iaute-Garonne), Géologue.

Gourpox (Maurice). Villa-Maurice, près Bagnères de- Luchon (Ilaute-Garonne). Géologue.

GRANEL {D' Maurice), Professeur agrégé à la Facullé de médecine, rue du Collège, 14. à Montpellier (Hérault). Bolaniste. | |

JouaxxET-MaRiE (lc Frère). Directeur du Collège St-Joseph . a Ramleh (Esvpte). Botaniste.

Léoxce (le Révérend Père Marie), au Couvent de Fontfroide par Narbonne (Aude).

Lacvivier (Cr. de), Proviseur du Lycée de Montpellier (Hérault). Géologue.

LEENHARDT (Franz). Professeur agrégé à la Faculté de Théo- logie , faubourg du Moustier, 12, à Montauban (Tarn- et-Garonne). Géologque.

Masiee (Jules), rue Laromiguière , 7 (bis). à Paris. Conchy- liologisle.

MaABiLLe (Paul). rue du Cardinal Lemoine, 55, à Paris, Ento- mologisle.

MauxvauD (Ernest), Secrétaire général de la Sociélé Bolani- que de France , rue Linné , 8, à Paris. Bolaniste.

MarGERIE (Emmanuel de), rue de Grenelle, 132, à Paris. Géologue.

MarneroN (Philippe), Ingénieur civil, boulevard \Notre- Dame , à Marseille (Bouches-du-Rhône). Géologue.

Oserrnur (René). Imprimeur, à Rennes. (flle et Vilaine), Lépidoptériste. |

OLIVIER (Ernest), Directeur de la Revue du Bourbonnais . à Moulins. (Allier). £Entomologiste.

Pérrarx (Eugène), Homme de lettres, à Perpignan, (Pyrénées- Orientales). |

Prtsexr (Charles), Professeur, au Lycée de Bordeaux. (Gironde). Bolaniste, 2

XVII

PouEcu (l'abbé). Chanoine titulaire, à Patuiers (Ariège). Géoloque.

RoQuELAURE (l'abbé de), Curé, à Ganac (Ariège), Archéoloque.

NSanCT (E6liN) Président de la Société d'’Horticulture et d'Histoire naturelle de FHérault. à Montpellier. Horli culleur.

NTERZING (IL), à Grossfurra. près Sondershausen (Fhuringe) Bolanisle.

Vuizceuix (Paul), Docteur ès-sciences, à Nancy (Meurthe- et-Moselle), Polanisle.

æ— XIX -

LISTE DES SOCIÈTÉS CORRESPONDANTES

Allier. Revue scientifique du Bourbonnais et du Centre de la France. Aude. Société des Arts el Sciences de Carcassonne. Commission Archéologique de Narbonne. Gard. Société d'Etude des Sciences naturelles de Nimes. Garonne (Haute). Revue Miycologique . dirigée par M. C. Roumeguère, à Toulouse, Société d'Histoire naturelle de Toulouse. Hérault. Société d'Etude des Sciences naturelles de Béziers. Société d'Horticulture et d'Histoire naturelle de l'Hérault. à Montpellier, Pre des. Sociélé de Borda, à Dax. Loir et Cher. Société d'Histoire naturelle de Loir et Cher. à Blois. Loire-Inférieure. Société d’Ilistoire naturelle de l'Ouest de la France, à Nantes. Pyrénées (Hautes) Sociélé Ramond, à Bagnères-de-Bigorre. Pyrénées-Orientales. Société Agricole, Scientifique et Littéraire des Pyrénées- Orientales , à Perpignan. Rhône. Société Botanique de Lyon. Société Linnéenne de Lyon.

—— VX Seine. Société Botanique de France (Sessions extracrdinaires), a Paris. Société Entomologique de France (Comptes-rendus des séances). à Paris. Société Géologique de France (Comples-rendus des séan- ces). à Paris. Feuille des Jeunes Naturalistes, à Paris. Seine-Inférieure. Société des Amis des Sciences naturelles de Rouen, Seine-et-Oise. Société Malacologique de France, à St-Germain-en-Laye.

Somme. Société Linnéenne du Nord de la France. Tarn,

Revue Historique, Scientifique et Littéraire du départe- ment du Tarn, à Albi. Algérie. Académie d'Iippône. à Bône.

Guvrages donnés par le Ministere de l'Istruction Publique

Bulletin du Comité des Travaux historiques et scientifi- ques. (Section des Sciences économiques et Sociales.

Bulletin de Géographie historique et descriptive.

Revue des Travaux scientifiques.

ADMINISTRATION DE LA SOCIÉTÉ

Four l’Annee 1H9%

Président d'honneur : M. Prosper Moxtës.

COMPOSITION DU BUREAU

Président : M. Alphonse FLEUREAU. Vice-présidents : M. le Bocrrez. M. Victor Boyrn. Secrétaire : M. Louis Guox. Secrélaire-adjoint : M, Louis Cnantien. Trésorier : M, Emile Gromes. Conservateur-Archiviste : M.Charles Dar bE Sr-FouLc.

COMITÉ pu BULLETIN (1)

MM. Pierre CASTEL. MM. L'abbé Gazez. Louis CHannen. Gaston JOURDANNE, L'abbé G. Couses. Achille LAFFAGE. Léopold (an. Léon NELLr. Gaston GauriEn. Germain Nicanb.

Coté DES EXCURSIONS (1)

MM. Adolphe Amieces. MM. Perrr. Ch. Dar be Sr-FouLc. Guillaume REBELLE. Hippolste Doxxar, Lucien YÈGHE.

COMITÉ D'ÉTUDES MN Casa. roches el ninérauwr. COMBES. roches el fossiles. oiseaur. Gautier. plantes phanérogumes. Gavoy . tnsectles coléoplères.

GAzEL. orlhoplères.

M Le Président et le Secrétaire font partie, de droit, du Comité du Bulletin et du Conuté des Excursions.

nr NNIT

ResPauD. plantes, oiseaux, poissons. SICARD. objels préhisloriques, ossements des cavernes. SOURBIEU, coquilles exotiques ‘lerrestres el marines).

DÉLÉGUÉS RÉGIONAUX

Région de FEst ou des Elangs.— M, Gaston GAUTIER. (Capestans, Coursan, Narbonne, Sigean.)

Région de l'Ouest ou de l'Ariéyeuis.— M. l'abbé NS. Boxxaves. (Belpech, Bélesta, Chalabre, Mirepoix),

Région du Nord-Est ou du Minervois.— M. Germain Sicanrp.

(Ginestas, Lézignan, Olonzac, Pevriac-Minervoisi. Région du Nord ou du Caburdès.— M. DELPoNT. (Alzonne, Conques, Mas-Cabardès, Saissac).

Région du Nord-Ouest ou du Lauraguais. M, I. EArapie. tCastelnaudarv-Nord, Castelnaudarv-Sud, Revel, Salles-surl'Hers). Région du Sud-Est ou du Roussillon. M. le D'CHAvANETTE. (Durban, St-Paul-de-Fenouillet, Rivesaltes, Tüchan),.

Région du Sud-Ouest ou des Pyrénées. M. le D' VayssE. : (Axat, Belcaire, Quérisut, Souruia), Région des Corbières méridionales. M, Fabbé Cours. (Couiza, Limoux, Mouthoumet, Quillan.) Région des Corbières septentrionales. M. Léopold Gary. tCapendu, Carcassonne-Est, StHilaire, Lasrasser. Région des Corbières Occidentales. M. Joseph JEAN.

Alaiune, Carcassonne-Ouest, Fanjeaux, Montréal).

DÉLÉGUÉS CANTONAUX (1)

MM. MM. Dr BOURREL, /Carcassonne-Est}. NOYER, Narbonne, Victor BOYER, (Carcassonne-Ouest). RESPAUD, jStyean!. (GABELLE, {Coui:u), RIVIÈRE, JPeyriac-Mincrrois’.

dd Les délégués cantonaux ne sont nommés que dans les cantons comptant au moins cinq membres titukures,

PROCÈS VERBAUX DES SÉANCES DE 1891

Séance du LS janvier 1891

PRÉSIDENCE pe M. LE pocteun PeErir

La séance est ouverte à deux heures.

M. le docteur Petit prend place au fauteuil, assisté de YM. l'abbé Baichère et Fleureau. vice-présidents,

Le secrétaire lit le procès-verbal de la séance du »:1 décembre, qui est adopté.

M. le docteur Petit prononce ensuite l’allocution suivante:

« MES Cuers COLLÈGUES ,

« Avant de prendre place au fauteuil, j'ai le devoir de « vous remercier de l'honneur que vous m'avez fait en « m'appelant à présider la Société d'Etudes Scientiliques « de l'Aude pendant l'année 1Sgr. Vous avez voulu faire « germer le grain de vanité qui se trouve en chacun de « nous, el me donner l'illusion que je pourrais me croire « légal des hommes distingués auxquels je succède à cette « place et que je salue avec une respectueuse sympathie. « Je ne me laisserai pas prendre à ce piège ; mais, à « défaut d'autres qualités. je vous ferai part du sentiment « qui me domine: l'attachement que je porte à notreaure, « Fort de ce sentiment, confiant surlout dans votre bien « veillance accoutumée. j'espère que nous marcherons « avec bonne humeur à la conquête de nouveaux progrès. « M, Dat esquissait l'autre jour. à larges traits. le « lableau de vos découvertes 16 mot n'estpas trop fort. « vous le savez: je ne reviendrai pas sur eelle parle de « son discours, trailée de main de maitre. vous à «rappelé ce qu'a été Je passé. jetons un regard sur e Favenir,

(

CS

XXIV « Et d'abord je me réjouis de n’avoir pas à inaugurer nos réunions par quelques paroles de tristesse. « Depuis notre entrée en campagne, notre petite troupe n'a fait que grandir: les batailles de la science ne sont pas très meurtrières. Notre escouade est devenue un gros bataillon , et chaque jour voit s’accroître le nombre de ceux qui marchent au drapeau. « Enavant, mes chers collègues! méritons de plus en plus les éloges qui ont salué l’œuvre de notre création. Et pour cela qu'ayvons-nous à faire? Redoubler d'activité

montrer ce que nous faisons encourager toutcs les

bonnes volontés.

« Nos excursions ont pleinement réussi. La diversité, qui préside à ces réunions. en fail voir le côté pitloresque non dénué de charme et d'intérèt. Je ne parle pas des alpinistes

ou des archéologues. qui trouvent dans les silessi divers

de notre département, ou dans les pans d'architecture de nos vieux manoirs féodaux, des impressions artistiques pleines de grandeur.

« Le botaniste, l’entomologiste font. sans y prendre garde. un travail attrayant. en s'inspirant, les uns les autres, des trouvailles que les hasards de Fexcursion mettent sur leur chemin.

« Le moment serait venu de toucher un mot de ces collaborations qui ont mis en relief tant de grands esprits. Mais. chez nous. la collaboration a un rôle plus modeste : celle n'a pas d'autre objet que de réunir Îles matériaux destinés à faire convaitre les richesses natu- relles de notre département et aussi à former des collections indispensables aux travailleurs.

« Par la créalion de nombreuses collections nous nous rendrons utiles.

« Je n'ai pas besoin de vous rappeler qu'il existe dans chaque commune une collection . au moins emibr'onnaire, sous la surveillance de Pinsütuteur : c'est

«

«

XXV

le musée scolaire. Notre devoir est d’interveni et de compléter la richesse de ces musées. si nous voulons faire éclore autour de nous le goût des sciences naturelles. Je sais plus d’un de nos maîtres qui est devenu un savant de premier ordre , à la suite d'excursions faites au village sous la direction d’un maitre d'école

« Mettons-nous à l’œuvre, mes chers collègues : faisons des collections de plantes utiles et de plantes nuisibles. par exemple ; dressons l'inventaire des fossiles qui carac- térisent les divers terrains, et, par notre activilé, nous contribucrons à l'instruction générale.

« À cela nous aurons honneur ct profit. De plus, nous paierons une dette de reconnaissance.

« Notre président sortant rappelait avec chaleur la proteclion que nous avons trouvée auprès des pouvoirs publics .et la subvention que nous tenons de la libéralité du Conseil général. Montrons-nous dignes de telles faveurs. « Nous y gagnerons encore de voir notre Société prendre une plus grande expansion.

« Ilest douloureux, en effet, d'aprrendre que souvent des richesses archéologiques désertent notre département parce que ceux qui les découvrent ne connaissent pas de galeries les déposer.

« Puisque je passe en revue nos divers moyens de pro- pagande, je dois dire un mot de notre Bulletin. «Nousn'’avons qu'à nous féliciter du succès obtenu jusqu'ici. Notre Secrétaire vous fera connaître tout à l'heure quels éloges nous a valu la publication de notre premier volume. Nous l'améliorerons encore si nous donnons une place aux travaux des Membres honoraires qui ont fait de notre région l'objet de quelques-unes de leurs recherchés.

« Donnons un large droit d'asile , mes chers collègues, à ceux qui ont Île légilime désir de faire connaître leurs œuvres au grand public. Nous n'avons pas de meilleur moyen d'encourager les travailleurs.

XXVI

« Nous devons aussi, comme le veulent nos statuts, « altirer à nous les débutants, les accueillir . mettre à leur « disposilion les résultats acquis par nos recherches anté- « rieures. Un jour peut-être ct c'est un rêve que je ca- « r'esse avec amour pourrons-nous célébrer, dans une « séance solennelle. les lauréats que nous aurons couronnés.

« Mais je m'aperçois que le règlement est muet sur ce « chapitre et je ne dois pas vous donner l'exemple de « l'indiscipline. Mieux vaut, en ce moment. panser quelques « blessures rassurez-vous. plaie d'argent n'est pas « mortelle : à plus tard. l’organisation de fêtes ct de « Concours. |

« Mes chers collègues . atlachons-nous de plus en plus à « la Société d'Etudes Scientifiques de l'Aude. Elle à pour « nous un intérèt particulier. puisqu'elle nous permettra de « mieux connaître le berceau de notre race. Elle nous ins- « pirera l'amour de ce coin de terre d'où nous sommes « venus : elle fortificra nos cœurs, car aimer son village. « aimer son département. avoir le culte de ses ancètres . « c’est Ie commencement de Famour de la patrie et de l'hu- « manile. »

Après le distours du Président. le Secrétaire donne com- munication de la correspondance.

M. Dat de St-Foulc s'excuse de ne pouvoir assister à la séance.

MM. Fr. Doumergue, de Lacvivier, E. de Margerie, E. Olivier , L. Carez. E. Malinvaud, remercient la Société de leur nominalion de membres correspondants.

M. le Président de la Société Agricole Scientifique et Litté- raire des Pvrénées-Oricntales répond à la demande qui lui a clé adressée, que celle Sociélé est heureuse d'entrer en relations avec la nôtre et annonce l'envoi des deux Bulle- lins parus en 18Kg et 1N90.

La Société à recu. depuis sa derniére séance. divers

XXVI ouvrages offerts par MM. l'Abbé Iy et Fr Doumergue, membres correspondants.

M. le l'résident annonce plusieurs présentations de mem- bres litulaires.

M. Picrre Castel adresse le procès-verbal de la commis- sion de comptabilité chargée de l'examen des comptes du trésorier pendant l’année 1890, Cette commission a reconnu la parfaite régularité de ces comptes et elle propose de les approuver. | |

Elle demande que , pour éviler des dépenses inutiles, le recouvrement des colisations arriérées soit fait par la poste aux frais des retardataires , à partir du 1* février prochain, comme l'indique l'article r1 du règlement,

Elle demande aussi que les membres retardataires, qui, après deux avis transmis par le trésorier, n'auront pas acquitté leur cotisation de 1890. soient considérés comme démissionnaires. Les conclusions de la commission sont adoptées. |

La Société approuve les comptes du trésorier et adresse à M. Glories ses plus sincères remerciements.

IL est rendu compte par M. l'abbé Baichère du Bulletin de la Société hotanique de Lyon (juillet-septembre 1889) el du Bulletin de la Société botanique de France (session extraordinaire de La Rochelle).

Ge dernier renferme un travail de M. Malinvaud sur une question de nomenclature botanique concernant le Ranun- eulus chœrophyllos et le Globularia vulyaris.

Notre collègue se rallie à l'opinion de M. Malinvaud. En conséquence . la plante qu’il a signalée. en 1888, au bois de Serres, {Carcassonne). sous le nom de Ranunculus cherophytllos aucl.non L.. el celle qui a été indiquée à Conques et à Villegly sous le nom de R. flabellatus Desf. appartiennent à une seule et même espèce dont la dénomination doit être établie comme suit : Ranunrulus chœrophyllos L. Quant au Ranunculus chœ- rophyllos de Caunes, il appartient à la forme africaine et

XNVII | devient Ranuneulus flabellalns Desf. (R. flab. var : flavescens et aculilobus, d'après M. Rouy à qui la plante a été commu- niquée).

Les différentes formes de la Globulaire vulgaire signalées au Pech-de-Lagnel Narbonne). à Moulolieu, à Alet et dans d’autres localités du département . ne doivent pas être dési- gnées sous Île nom de Globularix Wilkomit Nvman, mais bien sous celui de Globularia vulgaris L.. sauf toutefois la Globu- laire du Roc de Monsieur. Caunes). que ses feuilles radicales . tridentées . épaisses et luisantes, ainsi que ses gros capitules. rapprochent suffisamment de la Globulaire des iles Eland et Gothland {Sutde) pour qu'on la désigne sous le nom de Globular ia vulgaris L. var Linnæi Rouy.

La Société Botanique de France a résumé dans la parlie bibliographique de son Bullelin ordinaire les premicrs tra- vaux publiés par notre Société sur la flore de FAude. Cette analyse se termine ainsi: < Nous adressons nos meilleurs souhaits à la nouvelle Société qui a donné la mesure, dans le premier volume qu'elle vient de publier, de ce qu'elle sait et peut faire pour favoriser puissanment dans son do- maine fa culture de toutes les branches des sciences nalu- relles et contribuer à leur progrès. »

La Société Géologique de France souhaite également fa bienvenue à la nouvelle Société d'Eludes fondée à Carcas- sonne : elle signale dans son Bulletin les notes géologiques de M. Baïichère sur l’'Alaric, la Malepère et Fétang de Mar- seillette, ainsi que celle de M. Respaud sur File Ste-LPucie,

La Société Entomologique de Franee, dans son Bullelin bibliographique séance du 12 novembre 1890), mentionne les notes entomologiques publiées par M. Gavor.

Sur un rapport de M. Baichère. sont élus membres corres- pondants :

MM. Bonnier Gaston, Professeur de botanique à la Fa- culte des sciences. à Paris :

XXIX

Maurice Granel,. Professeur agrégé à la Faculté de médecine, à Montpellier ;

Baillet. Directeur de l'Ecole vétérinaire. à Toulouse :

M. HE Sterzing. botaniste, à Grossfurra . près Sonders- hausen. (lhuringe). demande à faire partie de la Kociété à lüilre de membre correspondant étranger. Cette demande est favorablement aceucillie et il est décidé à lunanimité que le nom de M. Sterzing sera inscrit sur la liste des membres correspondants.

M. Louis Chartier communique une lettre de M. Germain Sicard par laquelle ce dernier annonce que M. Louis Rivière, de Pépieux, vient d'exécuter sur l'emplacement du ma- gnifique dolmen de Las Fados, silüuë dans cetle localité, des fouilles qui ont été couronnées de succès.

Notre collègue à recucilli, sous la picrre tumulaire, de nombreux objets, tels que cränes, haches, silex, vases, poleries, elc. La Société exprime le désir que l’auteur de ces découvertes lui fournisse un travail qui scra certaine- ment lu avec intérêt par lous ceux que passionne l'étude des questions préhistoriques.

Par la méme lettre M. Sicard offre. pour la bibliothèque, la coection du Bulletin de la Société d'histoire naturelle de Toulouse , depuis l'année 188o jusqu'à Fannée 1889.

La Société vole des remerciements au donateur.

M. l'abbé Baichère présente un travail dont il est l'au- leur et avant pour titre : Contribulions à la flore du bassin de l'Aude et des Corbières.

Ce travail formant un lout complet, la Société décide que l'impression cn sera faite dans le Bulletin de 1890 à la place de celui présenté par le même auteur dans la séance du 206 juillet 18go intitulé : Calaloque des plantes qui croissent sur le versant méridional de la montagne. Noire, le partie, Thalamiflores.

La séance est levée à 4 heures,

—{ot—

X\X

Séance du 15 février.

PRÉSIDENCE DE M. LE Docteur À. Perir.

La séance est ouverle à deux heures.

Le procès-verbal de la séance du 18 janvier‘est lu ct. adopté.

Le Secrétaire donne lecture de la correspondance et énumère les ouvrages reçus.

MM. le Chanoine Boullu, D' Paul Fabre et Jules Mabille acceplent le litre de membre correspondant.

MM. Bord, A. Gerviès et Delpont Justin remercient la Sociélé de leur nomination de membres titulaires.

La Société d'Etudes des Sciences naturelles de Nimes demande à entrer en relations d'échanges. L'échange est acceplé.

La Société a recu depuis la dernière séance les ouvra- ues ci-après :

La Géologie de Andalousie el le tremblement de lerre du 93 décembre 1884, par M. E. de Margeric.

Compte-rendu sommaire des séances de la Sociélé géologique de France, 2.

Sociélé entomologique de France. Bullelin des séances, 14-28 Junvier 1891.

l'euille des jeunes naluralisles . de février 1S9T.

Soctélé Linnéenne du Nord de la France, 1890.

La Nociélé d'Etudes des Sciences naturelles de Bézicrs communique le programme des excursions qu'elle se pro- pose de faire pendant l’année 189r.

M. Slüblein envoie le Résumé de la météorologie de dé- cembre 1890,

Ï est procédé à l'élection des membres présentés à Ja séance du 18 janvier dernier.

XXXI

Réunissent Ja majorité des suffrages et sont proclamés membres titulaires : |

MM. Cazver, Maitre-répétileur, au Lycée de Carcassonne,

présenté par MM. Fleurceau et Laffage.

Esprzez (Paul d')}, Négociant, à Carcassonne. pré- senté par MM. Dat et Gavoy.

MoxCASSIx, Ingénieur, au Mas d’Avail, par Flne (Pyrénées-Orientales). présenté par MM. Char- tier et Jean.

Mocuxeau (Pierre), Entrepreneur de travaux publics, à Lespinassière , présenté par MM. Jean et Petit.

PryroxxeT (Paul), Docteur-médecin, à Carcassonne ,

| présenté par M\. Jourdanne et Petit,

SEVÈNE (Charles). Rentier. à Montlouis (Prrénécs- Orientales), présenté par MM. Chartier et Re- belle,

Viviès (de). Lieutenant au 15° dragons, à Carcas- sonne, présenté par MM. Dat et Fleureau.

Sont nommés membres correspondants, sur la proposi- lion du bureau, MM. Eugène Pepralx. Ionime de lettres, à Perpignan, et l'abbé de Roquelaure, curé de Ganac (Ariège).

Sur Ja proposition de M. Baichère. la Société décide d'offrir l'échange de son Bulletin aux diverses Sociétés savantes du midi de la France.

Il est fait don à la Société :

Par la municipalité de Carcassonne. d’un Herbicr de 1.000 plantes environ.

Par M. l'abbé Baichère , d'un lot de Fossiles du terrain Nummulitique qui ont tous été contrôlés par les soins de M. Bergeron au laboratoire de la Sorbonne.

La Nociélé vole des remerciements aux donateurs, \. Gavoy signale aux amateurs la collection de fossiles et de roches de M, Gabelle , architecte à Couiza.

Celle collection . exclusivement locale, se recommande surtout par le choix et la variété des échantillons,

XNAII Notre collègue possède également une série de haches en pierre polie recueillies par ses soins dans la région des Corbières, et un grand nombre d'objets provenant d'une station préhistorique découverte par lui dans la commune de Lasserre de Prouilhe.

M. Chartier présente, au nom de M. Respaud, deux mémoires ayant pour litre : Malériaur pour servir à lu ré- daction d'une flore de l'Aude et Mes herborisalions en Algérie. Ces mémoires sont renvoyés à la Commission du Bulletin.

M. Gaslon Jourdanne fait hommage à la Société d'un travail, publié par lui dans la Revue Archéologique. et avant pour litre : Resldlulion d'un payus dans l'Aude.

L'auteur essaye de prouver que le nom du pays de Cabar- dès. situé entre l'Aude et la Montagne-Noire, au Nord de Carcassonne, ne provient pas du Chätcau de Cabaret. D'après lui.ce nom de Cabaret est essentiellement moderne. el il serait plus ralionnel de chercher Fl'étymologie de Cabar- dès dans le nom de Minerva Cabardinea, déesse protectrice d'une colonie italienne venue du Tibre supéricur (Plaisance). A l'appui de sa thèse, M. Jourdanne cite le cadastre mo- derne de la ville de Plaisance. qui. parmi ses différends fonds de terre. porte le nom de Vieur Cabardicho (Cabar- dicho-verchio}, nom qui figure dans un document datant de Trajan (98-117 de notre ère), Cabardiacus fundus.

Une autre preuve, c'est encore l'existence. sur les bords de l'Argent-double , d'un temple antique dédié à Minerve, (Rotonde de Ricux-Minervois). déesse dont la région porte encore le nom de nos jours.

La Société s'occupe ensuite de la nomination des délégués régionaux et cantonaux pour l'année 1891.

D'après un travail rédigé par M. Baichère . celle divise les Corbières et le bassin de F\ude en dix régions naturelles comprenant chacune quatre cantons poliliques.

Après avoir bien défini les attributions des délégués ré- wionaux el des délégués cantonaux, elle décide qu'un délé-

XXXIIL

gué sera nommé dans chaque région sans tenir compte du nombre de membres que cette région posseue actuellement; mais, conformément à la décision prise à l’Assemblée géné- rale de décembre. {art. 58 modifié), ilne sera nommé de délégués cantonaux que dans les cantons comprenant au moins cinq membres.

Sont nommés délégués régionaux : MM. l'abbé Bonnaves. D' Chavanette, l'abbé Combes, J. Delpont, L. Gary. G. Gautier. J. Jean , H. Latapie . G. Sicard . D" Vaysse.

Sont nommés délégués cantonaux : MM. Noyer (Nar- bonne), Rivière (Peyriac-Minervois), Respaud (Sigean).

Les autres cantons n'ont pas encore le DombEe de mem- bres requis par le règlement.

Les deux Vice-Présidents de la Société sont considérés comme délégués pour les cantons Est et Ouest de Carcas- sonne. = Dans sa prochaine séance , qui aura lieu le 15 mars, la Société fixera le programme des excursions à faire pendant l'année 1897.

La séance est levée à 4 heures.

Séance du 15 mars 1891.

PRÉSIDENCE DE M. LE D' A. Perir.

La séance est ouverte à deux heures.

MM Dat et Jourdanne s'excusent de ne pouvoir Y assis- ter.

Le procès-verbal de la séance du 15 février est lu et adopté. |

Le Secrétaire donne communication de la correspondance. MM. l'abbé Capys, D' Peyronnet, Ch. Sevène , H. Latapie, de Viviès, Moureau , Moncassin et P. d’Espezel remercient Ja Société de leur admission comme membres titulaires.

J

XXXIV

MM. le D' Granel (de Montpellier), Gaston Bonnier (de Paris), Engène Pepratx /de Perpignan), Ch. Copineau (de Doullens). Baillet (de Toulouse). P. Vuillemin (de Nancy). abbé de Roquelaure (curé de Ganac). abbé L. Chevallier (de Paris) et IL. Sterzing (de Grossfurra), remercient également la Société de leur nomination comme membres corres- pondants.

M. Paul Fabre , instiluteur à Treilles, invite la Société à faire. au mois de juin prochain, une excursion à Durban. Le programme des excursions de l'année étant déjà fixé. la proposition de M. Fabre est renvoyée à l'année pro- chaine.

M. le docteur Garrigou communique le programme du Congrès de l'Association Pyrénéenne qui doit avoir lieu, le 25 mai prochain, à Bordeau:.

Ouvnaces REÇUS. Titres el fruvaur scientifiques du docteur Paul Vuillemin.

La micrographie el la botnique deseriplive. par M. P. Vuilleminr.

Sur la struclure des feuilles de lotus. par M. P. Vuillemin,

Sur les Péiies des claneres des Conifères. par M. P. Vuillemin.

La maladie du peuplier pyramidal. par M. P. Vuilleruin.

Sur les relalions des bacilles du Pin d'Alep asec les tissus vivants. par M. P. Vuillemin.

Anlibiose el Symbiose. par M. P. Vuillemin.

La Brushile et la formation des phosphates dans les grolles de Minerve , par MM. Armand et Gaston Gautier.

Bulletin de la Société d'Etudes des sciences nalurelles de Nimes. 18° année. 1890.

Feuille des jeunes naturalistes . de Mars 189r.

. Renue scientifique du Bourbonnais et du centre de la France, livraisons de Janvier ct Février 1891.

Comple-rendu sonunaire des séances de la Société géologique

de France, n°7 et8,

XXXV

Bulletin des séunres de lu Sociélé entomologique de Franre. 11 cl 25 Février 189r.

Mémoires de la Sociélé des Arts et Seiences de Carcassonne, tomes TI à V.

Quatre brochures de M. Gourdon. membre correspon- dant.

Doxs.— M, J. Nover fait don d'un lot de plantes pour l'herbier de la Société.

M. Respaud envoic la série complète des roches de Fitcu ct quelques coquillages recueillis sur le littoral.

M. Chartier remet de beaux échantillons des Gypses de Couiza.

M. le Président remercie les donaleurs au nom de la Société. |

M. le docteur Petit remet. de la part de M. Stüblein. deux ÆEfudes parues dans Île Pelit Marseillais du G février et 7 mars 1891. l'une intitulée : Elude comparalive:sur les temn- pératures rigoureuses des mois de janvier 1871. 18S9 et 1S9T. l'autre Méléorologie du mois de février.

Le Secrétaire dépose sur le bureau. au nom de M. Jour- danne. un croquis du Dolmen de Villencuve-les-Chanoines. par M. L... de Conques , destiné aux archives de la Société. Sans prétention au point de vue de la pertcction artistique . ce croquis. avec le plan horizontal qui l'accompagne. est suffisant pour donner une idéc exacte du mégalithe.

M. le Président annonce plusieurs nouvelles présenta- tions. |

M, Ch. Baron. de Narbonne, fait une communication relative à une inscription copiée par lui. à Aumale (Algérie), en 1846. sur une pierre lumulaire, Cette inscription qu'il a eu la chance de recueillir en entier à cette époque. daterait. suivant lui, de l'an 266 de notre ère et serait actuellement détruite en partie, la pierre sur laquelle elle était gravée ayant été brisée et les fragments en ayant été dispersés.

Sur la proposition du Bureau. la Société vote une somme

XXXVI

de 40 francs destinée à subvenir aux frais d'arrangement de l'Ierbier de l'Aude. | |

M. Louis Chartier.en son nom el su nom de M. Respaud, dépose un travail intitulé Florule de Caur.

Ce travail est renvoyé à la Commission du bullelin.

La Société examine ensuite le programme des excursions à faire cn 1891. Ce programme est adopté et fixé comme suit :

12 avril, Couiza ;

3 mai. Fontfroide:

15Ct18 mai, Lampy, Saint-Ferréol :

- juin, La Clape. Armissan : |

28 juin, Mont Alaric:

11 Cl 12 juillel, F'orét des l'anses :

26 juillet, Environs de Carcassonne.

L'ilinéraire pour chacune de ces courses sera publié au fur et à mesure et à l’avance.

L'ordre du jour étant épuisé, la séance est levée à 4

heures.

= ——— -——

Séance du 19 avr IS91I

DPuésIDENGE DE M. LE D' À. Penir

La séance est ouverte à 2 heures.

MM. Gaston Gautier. de Narbonne. et Roger Jean, de Canet, assistent à la séance

M. Rebelle se fail excuser.

Le procès-verbal de la séance du 15 mars est lu et adopté.

Le Secrétaire donne lecture d’une lettre de M. Paul Fabre. instituteur à Treilles. par laquelle notre collègue se met à la disposition des excursionnistes qui se rendront à Font-

XXXVNIL

froide. le 3 mai. pour leur servir de guide ct leur procurer des moyen: de transport. Cette lettre est renvoyée au Comité des Excursions.

MEMBRE DÉMISSIONNAIRE.— M. l'abbé Sxivestre, pour cause de santé. envoie sa démission de membre titulaire.

OUvRAGESs REÇUS.—M. le docteur Petit dépose sur le bureau la Carte Géologique de l'Aude, par M. de Rouville. Cette carte sera placée dans la salle des séances.

Feui.le des jeunes naturalistes, d'Avril 18y1.

Sociélé botanique de Lyon, Bullelin trimestriel, Oclobre et Décembre 1890.

Revue scientifique du Bourbonnais el du centre de la France, 3, Mars 1891.

Bullelin des séances de la Snciélé Entomologique de France. 11-29 Mars 1891.

M. Louis Fédié, par l'intermédiaire de M. Gavoy,, fait

hommage à la Société d'un exemplaire de son ouvrage sur Le comté de Raïès el le diocèse d'Alel. _ La Société accepte avec reconnaissance le dun de M. Fédié. Elle cest heureuse de posséder dans sa biblio- thèque un ouvrag' dont l'éloge n'est plus à faire el dans lequ:i ses moubres pourrent puiser de nombreux renseignements historiques sur une intéressante partie du département de l'Aude.

M. l'abbé Baïichère offre une brochure de conch\liologie dont il est l’auteur . ayant pour litre : Les Navades de l'Aude. Dans ce travail, l’auteur cile, comme ayant élé recueillies. dans le département, 14 formes du genre Lnio et 9 formes du genre Anodonta. À espèces nouvelles sont décrites : Anodonta Altariaca. A. Sourbieut. Unio Bramicus. CU. Baichert.

Le méme membre fait mention d'un travail de M. Fagot, membre correspondant, sur la faune malacologique de l'A- laric (Bull. Soc. malac. de France 1890). M. Fagol cite 72 espèces de mollusques recueillies sur les pentes septentrio-

XXXVIL nales de l'Alaric, entre Moux et Capendu. et décrit 3 espèces nouvelles d’Helix : 77. Mourensis, II. Alaricana, I, Sourbieui.

Il fait remarquer ensuile que l'Alaric est un des points viennent se confondre les sous-centres alpique et hispani- que ainsi que Îles espèces de la région occidentale méditer- ranéenne.

Cette manière de voir, ajoute M. Baichère, concorde admirablement avec les conclusions auxquelles l'étude des plantes de cette montagne avait déjà donné lieu. (Voir à ce sujet : Bull. Soc. Bot. de France. 1888. Session extraordi- naire à Narbonne. Rapport sur l'excursion à PFAlaric, par M. Gauticr.)

M. l'abbé Baichère offre à la Sociélé. au nom de M. Félix Sahut. membre correspondant. une brochure intitulée : Notes relalives à la reconstitution des vignobles. Montpellier 1891.

Dans ce travail, l'auteur traite successivement : du greffage de la vigne ; du traitement des vignes gelées : de la taille de la vigne dans le nœud ; de lHerbemont utilisé comme porte-greffe el il donne le compte-rendu du Congrès pomologique ‘session de Limoges).

M. Baichère offre également, de la part de M. Fabbé Com- bes, Une eccursion dans la Haute-Vallée de l'Aude (Extr. du Bull. de la Soc. d'Etudes, 1891).

I dépose sur le Bureau la Rerue Mycologique de M. Rou- megucre, n°90, avril 1891,

Il annonce ensuite que l'impression du Bulletin avance régulièrement et que le Lome n pourra être distribué dans les premicrs jours du mois de juillet.

Ce volume comprendra de 360 à 350 pages.

I est procédé à l'élection des membres présentés à Ja séance du 13 mars.

Réunissent la majorité des suffrages et sont proclamés meinbres titulaires :

MM. Benin fEliet. Instituteur à Montredon. près Car-

cassonne, présenté par MN Alien ct Rebelle,

XXXIX CazaxAvE, Garde-général des forêts. à Carcassonne, présenté par MM. Dat et Fleureau. Cargou (J.-B.), Docteur-médecin, à Carcassonne, présenté par MM. Fleureau et Petit. Cozc |Joseph}), Banquier, à Carcassonne, présenté par MM. Don et Gavovy. CouBÉLéRAN (Edmond), Négociant, à Carcassonne, présenté par MM. Fleureau et Petit. Cour (François), Avocat , à Carcassonne . présenté par MM. Dat et Fleureau. Cros, Professeur au Lycée de Montpellier, présenté par MM. Charticr el Petit. Miaine (Baptiste). à Carcassonne ;” présenté par MM. Chartier et Rebelle. | Pecu (Jean), Professeur de mathématiques au Lycée de Carcassonne , présenté par MM. Chartier ct Rebelle. Rocer (l'abbé Einile), Curé à Malviès. présenté par MM. Alieu et Rebelle. Savix (Léon), Capitaine au 15° de ligne. à Carcas- sonne , présenté par MM. Gavoy et Petit. M René Oberthur, Imprimeur. à Rennes |lle-et-Vilainc), est nommé membre correspondant sur sa demar de. Sur la proposilion du Bureau, la Société décerne à M. Eouis Fédié le titre de membre donateur. M. Gavoy , chargé de présenter le résumé de l’excursion de la Société à Couiza . s'exprime en ces termes :

« Jene viens pas , Messieurs, vous faire Ie compte-rendu « scientifique de notre excursion de dimanche dernier à « Couiza. C'est notre collègue. M. Gabelle. qui en est « chargé et il le fera certainement avec beaucoup plus de « compétence que moi,

« Mais une chose que ne manquera pas de taire M. Ga- « belle dans son rapport ct que je tiens à constater. c’est le

«

«

«

«

soin presque jaloux avec lequel il a veillé à ce que le pro- gramme de la journée fùt exécuté de point en point et à ce que nous n'emportions de notre visite à Couiza que d'excellents souvenirs.

« Je puis dire. avec la certitude de n'être pas contredit, qu'il y a réussi pleinement.

« À Couiza, toutes les portes s’ouvraient devant nous et nous avions libre accès partout il y avait quelque chose d’intéressant à voir. La police même était à nos ordres.

« Eh! me direz-vous, qu'aviez-vous besoin de la police ? « Entendons-nous. La police est un sobriquet qui s'appli- que au sieur Baux, l’homme de confiance de l’un de nos membres donateurs , M. Fédié. Ce dernier , sachant que nous allions visiter sa ville natale, avait averti le sieur Baux de se tenir à notre disposition pour nous faire visiler son jardin dans lequel il conserve des terres cuites, datant du xvn° siècle , qui ne sont pas sans mérite. « À Coustaussa, l’instituteur , M. Bonis, nous ménageait une surprise et nous offrait d'excellent café que nous avons savouré avec délices. Qu'il nous soit permis de lui adresser ici nos plus sincères remerciements.

« En résumé, notre première course de cette année ne nous a laissé que d'agréables souvenirs. Le temps, lui- même , très incertain les jours précédents , a voulu favo- riser nos recherches en se rassérénant un peu.

« Vous tous qui avez pris part à l'excursion du 712 avril, vous n'’hésiterez pas à vous associer à moi dans l’expres- sion des remerciements auxquels a droit M. Gabelle qui, non content de mettre à notre service sa parfaite con- naissance du pays, nous a offert chez lui une charmante hospitalité et a étalé sous nos yeux les richesses de sa col- lection.

« Vous remercierez également M. Guinot et M. Urbain Siau qui nous ont complaisamment initié. le premier à

Xi

« la fabrication des chapeaux de feutre, le second à l'ex- « ploitation des carrières de gypse.

« Et vous ajouterez, à l'adresse de ceux de nos collègues « que la crainte du mauvais temps a empêchés de nous « accompagner : Un peu plus de courage à l'avenir. « Messieurs, vous n'aurez jamais à le regretter. »

M. Gaston Gautier présente diverses considérations sur la flore du Canigou.

Il rappelle d'abord les herborisations qui y ont été faites par d’éminents botanistes tels que Tournefort. Lapeyrouse. Bentham, Xatard, Coder, etc.. herborisations dont la plus ancienne remonte à la fin du xvu' siècle. Néanmoins, la flore de cette partie orientale de la chaîne des Pyrénées était mal connue et ce n’est que depuis peu d’années que les bota- nistes en ont révélé les trésors. Dans une seule herborisa- tion, faite en 1884. M. Gautier a pu noter plus de 4oo plantes qui n'avaient pas encore été signalées.

La flore du Canigou se rapproche, en certains points. de celle du Spitzberg et l’on n'est pas peu surpris de rencontrer dans le midi de la France. à l'altitude de 2,700 mètres. des plantes, telles que le Subularia aqualica, qui n'avaient été jusqu'alors recueillies que dans l'extrême nord de l'Europe,

Une excursion au Canigou offrirait donc aux naturalistes un intérêt incontestable. Aussi M. Gautier engage vivement les membres de la Société d'Etudes Scientifiques de l'Aude à s'y rendre aussi nombreux que possible. Suivant lui, l’é- poque la plus favorable serait la première semaine du mois de juillet.

Sur la proposilion de M. Gautier, la Société décide d'or- ganiser , pour Île dimanche 5 juillet 18gr, une excursion au Canigou. Cette excursion devra durer deux jours. Le programme définilif en sera dressé ultérieurement , mais les membres qui désireront y prendre part pourront, dès à présent , se faire inscrire. Les adhésions seront reçues au

XLI secrétariat de la Société jusqu’au 13 juin inclusivement. Le prix de Ja cotisation sera d'environ 30 francs.

La Société arrète ensuite le programme de l'excursion du 3 mai à Fontfroide.

Le départ de Carcassonne aura lieu par le train de 5 h. 90 du malin. Arrivée à Narbonne à 5 h. 15.

On trouvera à la gare de cette ville les voitures nécessai- res pour se rendre à lF'ontfroide.

M. Gaston Jourdanne lit une Note sur les monuments mé- galithiques el sur le Druidisme dans l'Aude.

L'auteur passe rapidement en revue les divers monu- ments mégalithiques qui couvrent le sol du département de l'Aude et démontre que l'opinion qui leur attribue une ori- gine druidique est absolument erronée.

Le druidisme nous est venu d'Angleterre. mais il est resté confiné dans une partie très restreinte du nord-ouest de Ja Gaulc et ne s’est pas répandu dans les provinces du midi. Si, lors de la conquête romaine, ce culte avait existé chez nos ancètres, nul doute que les auteurs latins n'en eussent fait mention. Au contraire, les textes sont muets à ce sujet. On peut donc en conclure que le drui- dismè n'a pas existé dans la Gaule narbonnaise et que les dolmens de Villeneuveles-Chanoines. le menhir de Mal- ves. clc., n'ont pas une origine druidique.

M. l'abbé Baichère fait remarquer que cette opinion con- corde exactement avec celle qu'avait déjà émise notre collè- gue, M. G. Sicard, dans sa notc sur le menhir de Malves.

L'intéressant travail de M Jourdanne est renvoyé à la Commission du bulletin.

Sur la proposition de M. Louis Chartier. la Société décide que des excursions particulières seront faites. le di- manche matin, dans les environs de Carcassonne.

Le programme ct l'itinéraire de ces excursions «eronl publiés dans la presse locale.

L'ordre du jour étant épuisé. la séance est levée à 4 heures,

ALI

Séance du 2% mai 1891.

PRÉSIDENCE DE NM. LE DOCTEUR PErtr.

La séance est ouverte à » heures.

M. Noyer, de Narbonne. y assiste.

Le procès-verbal de la séance du 19 avril est lu et adopté sans observations.

CORRESPONDANCE. M. Gaston Jourdanne s'excuse par lettre de ne pouvoir assister à la séance de ce jour,

M. Louis Fédié remercie la Société du titre de membre donateur qui lui a été conféré. |

M. René Oberthür remercie également de sa nomination de membre correspondant.

MM. le D' Carbou, Comte, Cros. J. Pech , L. Savin, remercient la Société de Icur admission comme mem- bres titulaires.

M. Félix Sahut. président de la Société d'Horticulture et d'Histoire naturelle de l'Hérault. annonce que cette Société acceple l'échange qui lui a été proposé.

La Commission Archéologique de Narbonne accepte aussi l'échange de son Bulletin avec le nôtre. |

OUVRAGES REÇUS. Comple-rendu sommaire des séances de la Sociélé géologique de France, 9. 10. 11, 12.

Revue scientifique du Bourbonnais el du centre de lu France, Avril-Mai 1891.

Feuille des jeunes naluralistes. de Mai 1891.

Bulletin de la Sociélé d'éludes des sciences nalurelles de Nimes, 1°" trimestre 1891.

Annales de la Société d'horticallure et d'histoire naturelle de l'Hérault. Janvier et Février 189r.

XLIV

Bullelin de la Commission archéologique de Narbonne , année 1891, 1°" trimestre.

M. de Lacvivier, membre correspondant, fait hommage à la Société des ouvrages ci-après dont il est l’auteur :

Nole sur le Gaull du département de l'Arirge (1878).

Note sur le Crélacé supérieur du département de l'Ariège (1880).

Eludes géologiques sur le département de l'Ariège et en par- liculier sur le lerrain crétacé (1881).

Note sur le lerrain crélacé de l'Ariège {1887 ).

Contribulion à l'étude des terrains crélacés de l'Ariège el de l'Aude (18SS).

Réponse à M. Roussel (1889). ;

M. Louis Chartier offre à la Société deux vues phologra- phiques du château de Couiza. souvenir de l’excursion du 12 avril 1897. |

Il présente. en outre, les cinq planches qui doivent figu- rer dans le Bulletin de 1891. Trois de ces planches. dues au crayon de M. Chartier père. représentent :

Le Menhir de Malves: Tour Régine et Chäteau de Cabaret; Chäleau de Quicrquieux.

Et deux cartes autographiées par M. Louis Chartier :

Carte des gisements préhistoriques de Greffeil; Carte géologique des environs de Fitou.

M Savin remet sa photographie pour l'album de la Société.

M le Président annonce plusicurs présentations.

La parole est donnée à M. Fleureau pour faire le récit de l'excursion du 3 mai, à Fontfroide.

Après le charmant compte-rendu de notre collèvue, Île Secrétaire donne lecture de divers articles du Courrier de l'Aude, du Rappel de l'Aude, du Vigneron Narbonnais et du Publicaleur de Béziers, dans lesquels il est rendu compte de la réception faîte par la Société d'Etudes Scientifiques

XLV == de l'Aude aux membres de la Société de Béziers et de l'excursion de la Montagne-Noire.

Il dépose, au nom de M. Germain Sicard, quatre vues photographiques prises pendant cette excursion.

_ Ces premières épreuves, tirées sur papier sémiigranure . représentent :

Prise d’Alzau, maison du garde :

Groupe devant le monument commémoratif ;

Gerbe de Saint-Ferréol ;

Groupe devant les cascades de Saint-Ferréol.

M. Fleureau offre également une magnifique photographie des mêmes cascades.

M. l’abbé Baichère signale 5 espèces de plantes. nouvelles pour le département de l'Aude :

Cytisus prostralus Scop, forêt de Piquemoure, bruyères et bois de la vallée de la Vixiège, entre Fanjeaux et Belpech.

Veronica serpyllifolia L., champs sablonneux au sud-ouest d’Alairac et bois de Ganès (Malepère, 400-420 mètres d’alti- tude), forèt de Piquemoure, bruyères de Mouny entre Orsans et Saint-Julien de Briola.

Gagea arvensis Schult. champs pierreux à Cantaloup, sur les bords du ruisseau du Saut, entre Alairac ct Arzens.

Orchis provincialis Balbis, bois de chènes à Castelbosc, près d’Alairac.

Tulipa Silvestris L., champs cultivés de l’Estagnol , près Carcassonne. Cette dernière plante a élé recueillie à l'endroit indiqué par M. Rebelle.

MM. Baichère el Jean constatent la présence de la Couleuvre aspic, Vipera aspis L., sur les collines picrreuses de la Malepère , au sud-ouest d’Alairac. Cette variété se distingue du type Vipera berus L. par la réunion des taches du dos qui forment une bande longitudinale noire couvrant toute la longueur de l'animal.

La morsure de cette vipère est mortelle pour les moutons, chiens et autres petils animaux.

XLVI

M. Jean signale la capture de plusieurs salamandres (Salamandra marmorala Latr.) dans les fossés du ruisseau de KSaint-Geniès à Castelbose, près d’Alairac.

M. le Président donne lecture du rapport de M. Gahelle sur l'excursion à Couiza. |

Dans ce rapport. très détaillé. l’auteur passe en revue les principaux événements qui se rattachent à l'histoire des châteaux de GCouiza et de Coustaussa. Il nous donne ensuile des renseignements très précis sur l'exploitation des carrières de plätre des environs de Couiza et termine par l'énumération des divers objets qui composent sa remarquable collection. |

Des plans et dessins accompagnent ce rapport dont la lecture a vivement intéressé les membres présents. |

LA

L'ordre du jour étant épuisé. la séance est levée à 1

heures.

Séanee du 2 quin IS9T,

Présence DE M. D' \. Pertir.

La séance est ouverte à deux heures.

MM. Baichère el Fleurcau se font excuser.

Après la lecture du procès verbal de la séance du 24 mai. qui est adopté sans observations, M. le Président prend la parole ct s'exprime en ces termes :

« MESSIEURS, |

« Un homme d'esprit disait un jour : prenons tout au* sérieux, rien au tragique.

« Cette réflexion se présente à ma pensée à propos des accusations publiquement lancées contre notre Société depuis la dernière réunion.

« On a prétendu que nos actes étaient marqués « au coin de l’athéisme et de l'esprit antireligioux, »

XLVIl

« La crilique est sérieuse et vaut la peine qu'on s'y arrêle. Elle serait de nature à jeter le trouble parmi ceux qu'aflire le goût des choses de la nature et qui: sur la foi de nos statuts. pouvaient espérer vivre au milieu de nous dans celte atmosphère sereine se complait la science pure.

« Je proteste , Messieurs . avec la dernière énergie contre toute accusation d'intolérance. Jamais, en aucun moment, depuis que notre Sociélé est fondée , il n'a été rien dit. il n'a été rien fait ici d’attentoire à la liberté de pensée.

« C'est bien encore ce qu'écrivait, en guise de protesta- tion . M. Dat de Saint-Foulc. dans une lettre rendue publi- que et dont vous me permettrez de citer un extrait :

« Notre Société d'Etudes scientifiques reste étran- « gère à tuute question politique comme à toute question « religieuse ; et cela, non parce qu’elle sc désintéresse de « toutes ces choses, mais parce qu'il est impossible de for- « mer une société scientifique , qui doit réunir des membres « de toutes les opinions, sans observer une neutralité « absolue ».

« On ne saurait mieux dire.

« Ces explications m'ont paru nécessaires, Messieurs. je vous les ai données loyalement. |

« Et maintenant , oublions ces questions irritantes. quit- tons ces sommets abrupts qui donnent le vertige, pour regagner ces pelits sentiers aimés des excursionnistes, s'engage avec plaisir notre vaillante société.

« Passons à l’ordre du jour. »

Les paroles de M. le D' Petit sont accucillies par un long murmure d'approbation.

-

Le Secrétaire donne lecture :

D'une lettre de M. le Secrétaire général de la Société de Borda, à Dax, annonçant que celle-ci accepte l'échange réciproque de nas publications :

XLVII

D'une lettre de M. l'abbé Baichère, disant que le Bulletin de 1891 pourra être distribué à la prochaine séance. Les membres qui désireraient faire insérer des annonces à la fin du Bulletin doivent en informer le Secrétaire. Le prix de ces annonces est de 4 francs la page. pour les sociétaires et de 7 francs. pour le public.

MEMBRES DÉMISSIONNAIRES. M, d'Arailh Paul. M. l'abbé Rancoule.

OUVRAGES REÇUS. Feuille des jeunes naturalistes, de juin 1891.

Bulletin de la Sociélé entomologique de France. séances des 2, 22 avril, 13, 27 mai 1891.

Compte-rendu sommaire des séances de la Société géologique de France, 13, 14.

Bulletin de la Sociélé d'étude des sciences nalurelles de Bé- ciers, xin° vol . année 1890.

Bulletin de la Sociélé de Borda, à Dax, 16° année, 1897.

Revue scientifique du Bourbonnais el du centre de la France. 6. juin 1891.

Visite au Laboraloire de :oologie martilime de Banyuls, par M": Marguerite Sol,

_Hyères-les-Palmiers, compte-rendu de l'excursion du Jo mars 1891, par M. Moulin. (Extrait du Bulletin de la Société de Bézicrs).

Les Mammifères de la France, par À. Bouvier. (Don de l'auteur'). | |

La Cité de Carcassonne, par M. Victor Boyer. (Don de l'auteur).

Dar thermal. quide du touriste el du malade, par Île D' Barthe de Sandfort. (Don de M Savin).

Fontaines el égoûts. Alimentalion de la ville en eau filtrée, par M. Bouftct, ingénieur en chef. (Don de l'auteur).

M. Paul Calmet, instituteur-adjoint à Armissan, envoie quelques empreintes de fossiles de cette localité.

XLIX

M. le capitaine Savin fait don de nombreux fossiles et empreintes végétales.

La Société vote des remerciements aux donateurs.

M. Stüblein envoie le résumé de la météorologie des mois d'avril et mai 1891.

M. Doumenjou , Receveur de lentement à Lyons-la- Forêt (Eure), fait hommage à la Société de l'ouvrage de J.-B. Doumenjou, son grand-père. intitulé Z{erborisations sur la Montagne-Noire (Castres, 1817).

La Société remercie M. Doumenjou du don précieux que celui-ci a bien voulu lui faire d’un ouvrage aussi estimé et , sur la proposition du Bureau, décide, à l’unanimité, que son nom figurera sur la liste des membres donateurs,

Sont élus membres titulaires :

MM. Bowis. Instituleur, à Coustaussa. présenté par MM. Alieu et Rebelle. | Buaxarp (Louis). Peintre. à Carcassonne. présenté par MM. Petit et Fleureau. Gavraup-DeLocry (Jules). Apiculteur. à Car one présenté par MM. Chartier et Jourdanne. Lacroix (Philippe), Clerc d'avoué, à Carcassonne. présenté par MM. Chartier et Jourdanne. Manrix (Jules), Instituteur, à Armissan . présenté par MM. Benausse et Glories, | * Recouzx (Pierre }. à Carcassonne. présenté par MM. Gerviès el Gavay.

M. le Pré ésident annonce plusieurs nouvelles présenlta- tions.

M. Louis Chartier lit une lettre de M. Hyvert, propriétaire des mines de Lacaunette, annonçant l'envoi d'une collection complète des divers minerais que renferment les mines de La Caunetle, Mas-Cabardès, Villencuve-les-Chanoines et la Bouzole.

M. Hyvert ajoute que son personnel est à la disposition

4

“e |,

des membres de la Société qui voudront visiter les travaux des mines de La Caunette et Mas-Cabardès.

Le même membre communique une lettre de notre collègue M. Respaud. par laquelle celui-ci, par sympathie et reconnaissance envers M. G. Gautier, qui a été son premier guide dans l'étude de la botanique, et en considération des observations que ce dernier a présentées au sujet de son : travail ayant pour titre : Matériaux pour servir à la rédaction d'une flore de l'Aude, déclare retirer ledit travail. |

Par suite, M. Chartier retire celui qu'il avait présenté, en collaboration avec M. Respaud, sous le titre de Florule de Caux.

Le Secrétaire donne lecture du rapport de M. Jules Noyer, sur l’excursion de Fontfroide.

Il lit également une étude historique sur la Tour d'Escales, dûe à la plume de M. l'abbé Roger, curé à Malviès.

Ce travail est renvoyé à la Commission du Bulletin.

M. Gavoyÿ lil une note intitulée : De la prétendue utilité des oiseaux et de l'influence du froid sur la destruction des insectes.

Après un échange d'observations entre l’auteur ct MM. Castel, Mullot et Yèche, M. Chartier demande que la plus grande publicité soit donnée, dans les journaux locaux, à la note de M. Gavoy. avant son insertion dansle Bulletin.

M. Gavoy fait passer sous les yeux des membres présents plusieurs exemplaires de criquets d'Algérie, au sujet des- quels il donne les détails suivants :

« Les insectes que j'ai l'honneur de faire passer sous vos veux proviennent de Saïda, province d'Oran. |

« Un de nos compatriotes, M. le docteur Escudié, les a recueillis sur sa propriété et me les a fait parvenir par l'intermédiaire d‘un ami commun.

és plus gros de ces insectes sont des criquels voy ageurs

(Schistocerca peregrina O1. « Ils sont assez voisins de notre gros criquet gris (Acri-

II

diun .Egyplium Linné,, que l'on rencontre dans nos régions il passe lhiver.

« Les petits sont des Slauronotus maroccanus à l'état de nymphe, c'est-à-dire n'ayant pas atteint leur entier déve- loppement. |

« C'est celle espèce qui. l’année dernière, a causé tant de ravages èn Algérie et contre laquelle luttent encore aujourd'hui colons et indigènes.

Il n’est pas nécessaire d'insister sur les mœurs de ces Acridiens. qui sont connus depuis la plus haute antiquité et dont les ravages se sont étendus depuis les limites de l'Orient jusqu'aux provinces méridionales de l’Europe et mème en Suède.

« Rien n'échappe à leur voracité: partout ils passent. ils ne laissent que ruines el misères.

« Chaque jour leur apparition est signalée sur tel ou tel point de notre colonie algérienne et l’on cherche, par lous les moyens possibles, à les détruire ou du moins à en diminuer le nombre.

Le gouvernement s'est de tout lemps ému de cette situation ; à l’heure actuclle, des savants français sont sur les lieux. avec mission de rechercher les moyens les plus pratiques d'arriver à la destruction des criquets.

« Ïl pouvait être intéressant de faire connaitre, en nature, des insectes qui se sont acquis une si triste célébrité. »

Sur la demande de M. Chartier. la Société vote la somme de 20 francs destinée à subvenir aux frais d'impression de bandes Dour l'envoi des communications.

L'ordre du jour étant épuisé. la séance est levée à 4 heu- res el demie.

|

Séance du 19 juillet 1891.

PrésibreNce pe M er Docretr Petir,

La séance est ouverte à 2 heures.

Le procès-verbal de la séance du 21 juin est lu et adopté.

Il est donné lecture. par le Secrétaire, des lettres MM. Bonis, instituteur à Coustaussa, J. Martin, institu_ teur à Armissan , et P. Recouly, de Carcassonne, remer- ciant la Société de leur admission comme membres iitu- aires,

OUVRAGES REÇUS. Feuille des jeunes naluralistes, de juillet 1891.

Revue scientifique du Bourbonnais el du centre de lu France, 7. | Comptes-rendus des séances de la Société géologique d France , 15.

Bullelin des séances de la Société Enlomologique de France , 10. 24 juin 1891.

Bullelin de la Société de Borda, à Dar. avril-juin 1891,

M. Roussel, membre correspondant, envoie, pour la bibliothèque. les ouvrages ci-après, dont il est l’auteur :

Note sur le Crétacé supérieur et le lertiaire des départe- ments de l'Ariège et de l'Aude. (Bulletin de la Société Arié- geoise des lettres, sciences et arts, juillet 1885).

Le Dévonien el le Carbonifère de Larboust et de Saint-An- loine (Foix 1885).

Sur les relations straligraphiques qui existent entre les Cal- caires à Milioliles et les couches à MIcRASTER TERCENSIS dans le déparlement de la Haute-Garonne et le ranton de Sainte- Croix (Ariège). (Académie des sciences, 1“ mars 1886).

Sur la découverte d'un gisement cénomanien au Pech de Foir. (Académie des sciences, 12 avril 1886),

LI

Nole sur âge de in Baurile et des grès de Celles { Foix. { août 1886).

Etude sur le Crélacé des Petiles Pyrénées et des Corbières (Bulletin Soc. géolog. de France, mai 188).

Sur ba Composition du Danien Supérieur el de l'éocène 4 Petites Pyrénées, des Corbières et de la Montagne-Noire: (Association française pour l'avancement des Sciences. Congrès de Toulouse 1885).

Sur l'âge des Calcaires Crislallins des D. (Bulletin de la Société géologique de France. 18 juin 1888).

-; Qbservalions sur les terrains secondaires el les terrains pri. maires des Corbières (ibid. 15 décembre 1890).

Sur la permanence de l'effort orogénique dans les Pyrénées pendant les périodes géologiques. (Académie des Sciences , 11 mai 1891).

M. Fleureau fait hommage à la Société de plusieurs vues photographiques de la Cité et des environs de Carcassonne.

M. le docteur Peyronnet offre également une vue de la prise d’Alzau (Montagne-\oire:.

M. le Président, au nom de la Société. adresse des remerciements à MM. Roussel, Fleureau et Peyronnet,

IL est procédé à l'élection des membres présentés à la séance précédente, |

Réunissent Ja majorité des suffrages et sont proclamés membres titulaires :

MM. Bécué (Charles). Ingénieur. à Carcassonne, présenté

par MM. Chartier et Rebelle, |

Bessax , Lieutenant au 15° de ligne . à Carcassonne. présenté par MM. Charlier et Savin.

BroquIER (Symphorien\. Adjoint au génie. à Car- cassonne , présenté par MM. Yèche ct Savin.

Coste (Faustin), Négociant, à Carcassonne. pré- senté par MM, Charticr et Gayraud.

Evaor (Charles), Conducteur des Ponts-et-Chanssées. à Careassonne., présenté par MM Donnat et Sol.

LIN

MAL. FAFEUR (Aavier) , Ingénieur-constructeur, à Carcas-

sonne, présenté par MM Donnat et Sol.

GABELLE, Instituteur à Souilhe, présenté par MM. Chartier et Rebelle.

GORDIEN. Agent-voyér municipal à Carcassonne : présenté par MM. Chartier et Barre.

Guinaup (Marius), Ingénieur-constructeur à Car- cassonne. présenté par MM. Donnat et Pey ronnet.

HYvErT (J.), Propriétaire des Mincs de Lacaunette. près Lastours. présenté par MM. Sicard et Char- lier.

MazuniEr (Gaston), Pharmacien de classe à Car- cassonne , présenté par MM. Benausse.et Chartier.

Sasarier (Alphonse). Propriétaire à Carcassonne, présenté par MM. Gayraud et Chartier.

M. le Président annonce de nouvelles présentations.

Le Secrétaire donne lecture du récit de l’excursion du > juin à Armissan. Ce récit est à la plume de M. le docteur Carbou. | |

M. Germain Sicard communique les résultats d'une explo- ration faite par lui el par M. le capitaine Savin. sur le plateau de La Matie, aux environs de Caunes.

Sur ce plateau calcaire. nos collèvues ont relevé 10 dolmens , 2 lumuli. et les ruines d'un oppidum gaulois dont ils ont dressé soigneusement le plan.

Ïls ont, en outre, visité plusieurs grottes siluécs sur les flancs de la montagne , dont deux fort intéressantes : l’une renfermait des ossements d'animaux d'espèces éleintes, l'autre avait servi de sépulture, à l'époque néolithique.

M. Sicard désigne les divers terrains qu'ils ont remarqués en redescendant vers Caunes et mentionne les trouvailles de fussiles qu'ils ont failes en certains endroits.

Il termine en recommandant celte course un peu fatigante. ilcsi vrai. mais pleine d'intérêt. aux géologues et aux ama-

teurs d'études préhisloriques.

Te

M. le Président donne lecture d'un travail très important de M. Malavialle, maître de conférences à la Faculté des Lettres de Montpellier , sur les bassins de Lampy et de Saint- Ferréol (Montagne-Noire). | : Ce travail est destiné. par son auteur, à être publié dans une Revue de géographie : mais, comme il offre un intérêt tout particulier pour le département de l’Aude, la Société prie M. le docteur Pelit d'en demander à M. Malavialle un résumé qui sera publié dans notre Bulletin.

M. Jules Chalande , de Toulouse , membre correspondant, qui a pris part à l’excursion à la Forêt des Fanges . adresse. par l'intermédiaire de M. Gavoy, une note sur les Myrio- podes qu'il y a recueillis.

Cette note sera insérée à la suite du Rapport sur ladite excursion.

M1. le Président communique ensuite une lettre de M. l'abbé Baichère, par laquelle notre collègue donne sa démission de vice-président et de membre du comité de publication.

Cette démission est acceplée.

La lettre de M. l'abbé Baichère renfermait, de plus, une proposition, signée de lui et de M. Gautier, ayant pour but de modifier le règlement en ce qui concerne les excursions officiciles de la Société.

La proposition ci-dessus est immédiatement soumise à la signature des membres présents, selon le désir des deux signataires et conformément aux statuts. |

Aucune adhésion ne s’élant produite. l'assemblée, après discussion, vote l'ordre du. jour suivant, présenté par M. Cavayé :

« La demande de modification au règlement. déposée par MM. Baichère et Gautier. ne portant pas le nombre de signa- tures règlementuires. l'assemblée ne peul délibérer à son sujet et passe à l’ordre du jour. »

Le Comité des excursions présente ensuite le programme

= INI = de la dernière course de l’année 1891, qui aura lieu à Li- mousis et à Lastours.

Ce programme est adopté.

A ce propos, M. le Président dit qu'il y a lieu de se préoc- cuper des critiques, publiquement formulées au sujet de l'organisation des excursions de la Société. Il-est heureux de la manifestation qui vient de se produire : cette manifes- tation témoigne que l'assemblée n'a que des éloges à adres- ser au Comité des excursions.

M. le D' Petit est convaincu que le zèle du Comité ne faiblira pas. et qu’en vue de donner à lous la satisfaction la plus large, il organisera avec le plus grand soin les cxcur- sions de l'année prochaine.

M. Fleureau propose alors l'ordre du jour suivant. qui est volé à l’unanimité : | __« L'assemblée, estimant que le Comité des excursions n'a toujours eu en vue que l'intérêt supérieur de la science, et convaincue qu'il saura toujours concilicr les goûts et les exigences de tous les sociétaires sans erceplion, passe à l'ordre du jour. »

La séance est levée à 4 heures.

La Société s'ajourne au 18 octobre prochain.

Séance du 18 Oclobre 1891.

PRÉSIDENCE DE M. LE DOCTEUR PETIT

M. Paul Fagot, de Villefranche. membre correspon- dant , assiste à la séance.

Le procès-verbal de la séance du 21 juillet est lu et adopté.

Il est donné communication, par M. le Président. de la lettre suivante que l'assemblée décide d'insérer . in ertenso. dans le procès-verbal,

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LV « Monsieur le Président,

« Ma santé encore languissante ne me permettant pas de sortir , j'ai le regret de ne pouvoir assister, dimanche. comme je vous l'avais promis , à la séance de rentrée de la Société. |

« Ce regret est d'autant plus vif que j'avais l'intention de profiter de cette réunion pour demander la parole.

« J'aurais été heureux de souhaiter la bienvenue aux nouveaux membres et de remercier, en même temps, le Bureau de l’habile direction qu'il a su imprimer aux {ra- vaux de la Sociélé. Je l'aurais également félicité des résultats qu’il a obtenus jusqu'ici. grâce à son dévoue- ment pour les progrès et le développement de notre asso- ciation.

« J'aurais tenu aussi à dire à tous mes collègues de ne pas se préoccuper trop vivement d’un incident regretta- ble qui s'est produit récemment. Qu'ils continuent. comme par le passé. à apporter aux travaux dela Société l'ardeur et l'intérêt qu'ils y ont apportés jusqu'à ce jour , qu'ils continuent à nous accorder un concours aussi in- telligent que dévoué . et je puis leur donner l'assurance que le prochain Bulletin ne sera pas moins intéressant que les deux premiers. J'ai. en outre. l’intime conviction que notre Société continuera à prospérer et à se dévelop- per . et que nous. les fondateurs, serons ainsi récom- pensés de notre initiative, aussi bien que du concours que nous lui avons prêté au début et que nous ne cesserons de lui accorder avec plus de dévouement encore.

« Daignez agréer, M. le Président, et faire agréer par tous mes confrères. mes vifs regrets de ne pouvoir assis- ter à la séance de dimanche.

« P. Moxtis, « Président d'honneur. »

Carcassonne. le 16 Octobre 189.

—"L\VII Le Secrétaire donne lecture :

D'une lettre de M. le Ministre de l’Instruction publi- que , en date du 28 juillet. annonçant qu'il est attribué à la Société un exemplaire de la Revue des Travaux scienti- Jiques. | D'une autre lettre de M. le Ministre de l’Instruction publique , en date du 10 septembre , accompagnant le pro- gramme du Congrès des Sociétés savantes à la Sorbonne, en 1892.

. Ce programme est mis à la dispositiôn des membres de la Société qui désireront le consulter.

D'une lettre de M. le Préfet de l'Aude, en date du 18 septembre, annonçant que le Conseil général, dans sa séance du 19 août, a alloué à la Société, pour l’année 1897, une subvention de 500 francs.

D'une lettre de M. Gabelle, instituteur à Souilhe. remerciant la Société de son admission comme membre titulaire.

D'une lettre explicative de M' Auguste Respaud au sujet de certains errala qui ont été relevés à la fin du Bulletin. T. IT, dans sa Monographie de Fitou et de Leucate. Renvoyée à la Commission de publication.

Enfin. d’une lettre de MM. Dulau et C'°, libraires, à Lon- dres , demandant le Bulletin de la Société pour ci « Natural Hislors Museum de S. Kensigton. »

MEMBRE DÉMISSIONNAIRE : M. l'abbé Baichère.

Ouvracrs REGUS : Noles sur plusieurs plantes nouvelles ou peu connues de la région médilerranéenne el principalement des Pyrénées-Orientules, par M O Debeaux. (Don de l'auteur. membre correspondant).

Feuille des Jeunes naturalistes. numéros d'août, sep- tembre et octobre 1891.

Revue des Travaur scientifiques, lomes VE. VIT. VIT. IX. N\,

L\VIX

Mémoires de lu Suciété des Arts et Sciences de Carcassonne , tome Vi.

. Revue scientifi ique du Bourbonnais el du centre de la France. année. n* 7, 8,9, 10.

Bullelin de la Commission archéologique de Narbonne.

. Bullelin de la Sociélé agricole, scientifique et lilléraire des Pyrénées- Orientales.

Mémoires de la Sociélé de Borda. à Dar , juillet à ton bre 1891.

Bulletin de la Société d'élude des Sciences nalurelles de Nimes , 19° année, 2.

Les courses de laureaur en France et la loi Grammont, bro- chure sans nom d’auteur. donnée par M. Savin.

Discours prononcés à la séance générale du Congrès des Sociélés savantes . le mercredi 27 mai 1891. par M, Gaston Boissier et par M. Léon Bourgeois.

La Rose. ‘Hisloire el cullure, par Jules Bel. (Don de l'auteur. membre correspondant).

* M. Paul Fagot fait don à la Bibliothèque d'un lot impor- lant de brochures de Malacologie. Ces brochures, dont il est pour la plus grande partie l’auteur . traitent de la Malaco- logie des Pyrénées françaises el espagnoles et seront d'un secours inestimable pour ceux qu ‘intéresse cetle branche de l'histoire naturelle.

M. Ch. Dat offre deux brochures ren : Une ercurstôn à Greffeil. dans les Corbières. Alloculions prononcées aurréunions de la Société d'Etudes scientifiques. (Extrait du Bulletin de la Soc. d’ét. sc. de l'Aude.)

M. Respaud envoie son rapport sur l'excursion faite par Sociélé d'Etudes, le 26 mai 1890. aux Sidrières de Fitou et de Leucale. (Extrait du Bulletin de la Société).

M. Chartier remet une brochure intitulée : Florule de de Caux, par MM. Respaud et Chartier. (Extrait de la Revue de Botanique).

M. Malavialle adresse. pour le Bulletin, un extrait de son

rapport sur l'excursion des 17 et 18 mai 18gr. à Lampy el Saint-Ferréol. |

M. Stüblein envoie le Résumé de la météorologie des mois de juillet, août et seplembre 1891. |

M. le D' Peyronnet offre, pour l’album de la Société, des vues photographiques de la Pierre Lys, de la forêt des Fanges . du pont d’Axat et des châteaux de Lastours.

M. Evrot fait don d'une belle carte au 40,000" des environs d'Armissan et du massif de la Clape, avec courbes de niveau , dressée par lui.

Des remerciements sont votés aux donateurs.

11 est ensuite procédé à l'élection des membres présentés depuis la séance du 19 juillet dernier.

Réunissent la majorité des sufirages et sont procla més membres titulaires : |

MM. Buscaic (Louis), Propriétaire à Laure. présenté par

MM. Sicard et Julien.

CrouzeTr. Docteur-médecin, à Cuxac-Cabardès, présenté par MM. Chartier et Gayraud.

EsTÈve (Pierre) , [nstituteur à Bugarach, présenté par MM. Fleureau et Petit.

Gouze (René). Propriétaire. licencié en droit. à

_ Caunes. présenté par MM. Sicard ct Gavoy.

Manry (Jean), Député de l'Aude. à Carcassonne, présenté par MM. Gavoy et Rebelle. Moxon. Pasteur de l'Eglise réformée. à Carcas- sonne, présenté par MM. Chartier et Vialis. Rives (Emile), Vice-président du Conseil de Pré- fecture , à Carcassonne, présenté par MM. Dat et Gavoy.

Samany. Chef de bataillon en retraite. à Carcus- sonne, présenté par MM Savin ct Pe\ronnct.

M. le Président annonce de nouvelles présentations.

est rendu compte :

Par M. S.., du Bulletin de la Sooïiété de Borda. 1 et trimestres 18gr. |

Par M. Pech. des travaux de géologie envoyés par M. Roussel, membre correspondant.

Par M. Louis Chartier, de l'ouvrage de M. Alexis Bouvier. intitulé : Les Mammifères de la France.

Ces analyses seront insérées in exlenso dans le bulletin de 1892.

Sur la proposition de M. Paul Fagot. la Société vote l'échange du Bulletin avec celui de la Société Ramond de Bagnères-de-Bigorre.

M. Rebelle présente le Rapport sur l’excursion du 28 juin 1891 au Mont-Alaric.

Après avoir décrit la région parcourue, notre collègue nous donne un aperçu historique sur le château de Mira- mont dont les ruines couronnent un des escarpements de la montagne. Son rapport se termine par l’énumération des principales plantes recueillies, environ 80 espèces.

NM. Louis Chartier fait passer sous les yeux des membres présents un grattoir en silex et des débris de poterie trouvés, au cours de cette même excursion. près d'un champ dit le Champ du Potier.

M. Paul Fagot lit un travail ayant pour titre : Histoire Malacologique de File Sainte-Lucie (Aude).

L'auteur commence par décrire au point de vue physique et géologique la presqu'ile de Sainte-Lucie « qu'on conti- nue à appeler improprement île. par respect pour la tradi- lion ». Il passe en revue les divers travaux conchyliologi- ques dont elle a été l’objet et donne la liste des espèces de coquilles qui y ont été recueillies jusqu'à ce jour.

Il termine son travail par les remarques suivantes :

« Si la flore de la presqu'île Sainte-Lucie est remarquable, « sa faune conchyliologique, malgré le nombre relative-

« ment considérable d'espèces (80 environ), n'offre aucun « intérêt,

LI

« Ses espèces terrestres appartiennent loutes à la popula- : tion circumméditerranéenne.Quant aux espèces fluviatiles, il est à peu près certain qu'elles s’y sont introduites par le canal de la Robine, foules les formes observées étant identiques à celles qui pullulent dans le canal du Midi. « Les terrestres. recueillies par M. Baichère dans les détritus de l'étang. près de la jetée romaine, y vivent « presque loules et rien ne s'oppose à ce que celles que nous n'avons pas observées ÿ vivent également. » M. G. Jourdanne lit un Mémoire sur les variations du | lilloral Narbonnais eraminées au point de vue de la concor- dance des données géologiqies avec les descriplions des géographes de l'antiquité. | |

D'après ces données, la côte Narbonnaise : au commen- cement de la période romaine, présentait un grand golfe intérieur , le Lacus Rubresus, au fond duquel était Nar- bonne. Au-devant de ce golfe était un archipel. D'abord , quatre îles au nord de Leucate : la Clape (insula Lecci). le mamelon de Gruissan, le massif de Saint-Martin, l'ile Sle-Lucie (Cauquenna). Plus bas, trois autres îles : Leucate, le relief de l'étang de Lapalme et la colline St-Cyprien. L’Aude se jetait dans le golfe. d’abord à Sallèles-d’Aude, plus tard près de Mandirac. |

Les circonstances climatériques, le volume considé- rable de la masse alluviale charriée par l’Aude, peut- être les derniers soulèvements de l’isthme aquitanique, tous ces faits réunis sont parfaitement suffisants pour expliquer la rapidité avec laquelle s’est formée la. plaine de Narbonne, transformation saisissante pour le géologue. par la seule inspection du sol. et corroborée. pour le géographe, par les descriptions sur l'état des côtes que nous ont transmises les écrivains de l'antiquité grecque el romaine.

M. Louis Chartier dépose sur le bureau un travail intitulé _ Contributions à la flore de Carcassonne. Ce travail contient une liste d'environ 18o plantes récol-

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lées, dans un rayon de dix kilomètres autour de notre ville, par l’auteur et par MM. Fleureau , Laffage. D" Petit, Rebelle et Respaud. Ces plantes sont nouvelles pour la région ou du moins n’ont pas encore été citées dans les travaux les plus récents publiés sur la Flore de Carcassonne.

Avant de clore la séance, M. le Président fait passer une liste de souscription pour lérection d'un monument à André Chénier. Il engage vivement les membres de la Société d'Etudes à s’associer, dans une large mesure, à celle œuvre éminemment patriotique.

L'ordre du jour étant épuisé, la séance est levée à 4 heures.

Séance du 25: Novembre 1891.

PRÉSIDENCE DE M. ze Docteur PeErir,

La séance est ouverte à » heures.

Le procès-verbal de la séance du 18 octobre est lu et adopté.

Il est donné lecture par le Secrétaire :

D'une lettre de M. Henri Gadeau de Kerville. vice- président de la Société des Amis des Sciences naturelles de Rouen, annonçant que cette Société accepte l'échange de nos publications. | |

Des lettres de M. Rives, vice-président du Conseil de Préfecture de l’Aude, et de M. Estève . instituteur à Buga- rach. remerciant la EIUle de leur admission comme membres titulaires.

3 D'une lettre de M. Auriol. s’excusant de ne pouvoir assistér à la séance. |

Ouvraces REÇUS. Revue mycologique . par M. C. Rou-

LXIV meguère, 13° année, numéros 51 et 32. de juillet à octobre 1891. : :

Feuille des jeunes naluralisles. de novembre 1891.

Revue des travaux scientifiques. tome XI , 3 et 4.

Bullelin des séances de la Sociélé Entomalogique de France. (22 juillet, r4 et 28 octobre 1891).

Bulletin de la Société des Amis des Sciences Naturelles de Rouen, et semestre 1890, semestre 1891.

Les végétaux considérés comme des thermomètres enreyis- treurs, suivi de Roscof], son figuier géant et la végétation de celte partie de la Basse-Bretagne, par M. Félix Sahut. (Don de l’auteur, membre correspondant). |

M. Louis Chartier fait don à la Société de l'ouvrage inti tulé : Descriplion des coquilles fossiles de la famille des Ru- disles qui se trouvent dans le lerrain crétacé des Corbières

{Aude), par M. Oscar de Rolland du Roquan. = La Société adresse. des remerciements aux donateurs.

MEMBRES ÉLUS : |

MM. Jouer (Louis). Propriétaire, à Narbonne. présenté

par MM: Glories et Gavoy. RarasouL (Jean). Instituleur, à Carcassonne . présenté par MM. Alieu et Rebelle.

M. le Président annonce plusieurs nouvelles présenta- tions. M. S, fait l'analyse du Bulletin de la Sociélé ile Borda.

trimestre.

M. le docteur Petit donne lecture du Âécit de l'escursion des 11 el 12 juillel 1891 à la Forél des Fanges.

L'autéur de ce récit, M. Peyronnet, retrace dans un style plein de verve les divers épisodes de cette délicieuse excursion à laquelle prirent part plus de 50 personnes appartenant aux Sociétés d'Histoire Naturelle de Toulouse, Béziers et Carcassonne.

M. Gavoy lit, à son tour. le Récit de l'ercursion du 96 juillet. à Limousis et dans la Haute vallée de POrbiel,

LXVY

M. le docteur Petit fail passer sous les veux des membres présents un objet en bronze trouvé récemment à Saint- Couat-d'Aude, dans des défoncements. Cet objet semble avoir appartenu à un ceinturon de l'époque romaine.

MM. Laftage et Fleureau présentent un échantillon d’une plante qui n'avait pas encore été signalée, à leur connais- sance. comme trouvée à Carcassonne ou aux environs. C’est le Polycarpon Tetraphyllum , qui croit eutre les pierres, à la Cité, derrière l’église Saint-Nazaire. Celle plante se trouve aussi dans la ville basse, place du Palais.

M. Chartier lit une note Sur un cruslacé voisin du Glyphæa Heeri. ds murnes du Turonien inférieur de Fonlfroide.

. Les échantillons décrits par M. Chartier ont été recucillis par le R. P. Marie-Léonce, religieux de Fontfroide, et communiqués par ce dernier à notre collègue, lors de l'excursion du.3 mai 1891.

A la suite de cette communication, la Société, sur la proposition du Bureau, nomme le R. P. Marie-Léonce membre correspondant. |

M. Chartier présente ensuite une note sur Marcellin Bonnet , botaniste peu connu de la région, et sur son FAcIEs PLANTARUM.

M. Jourdanne ajoute quelques détails biographiques à ceux donnés par M. Chartier dans son travail.

La Sociélé décide que le banquet annuel aura lieu le 20 décembre. jour de l'Assemblée générale, et nomme une Commission de trois membres qui sera chargée de l’orga- nisation. MM. Yèche, Chartier et Lacroix sont désignés à cet effet.

L'ordre du jour étant épuisé, la séance est levée à ñ heures.

_— LXVI

Séance du 20 Décembre 1891.

PRÉSIDENCE DE M. LE Docrecr A. Perir.

La séance est ouverte à deux heures précises. Vingt-neuf membres élaicnt présents. Le procès-verbal de la séance du 15 novembre est lu et adopté. Le Secrétaire donne lecture : ° Des lettres de MM. Marty, député de l'Aude, et Rataboul, remerciant la Société de leur admission comme membres

titulaires.

D'une lettre du Président de la Société d'Histoire naturelle de Loir-et-Cher ct du Président de la Société des Sciences naturelles de l'Ouest de la France, annonçant que ces Sociétés acceptent l'échange de nos publications.

D'une lettre de M. J. Bergeron. relative à une commu- nication qui lui a été faite d'échantillons de fossiles du terrain silurien des environs de Caunes.

MEMBRES DÉMISSIONNAIRES : M. l'abbé Gastine, professeur au Pelit-Séminaire de Carcassonne : M. Ch. Bertet, phar- macien, à Narbonne.

OuvRAGES RE«GUSs. Bulletin des séances de la Société entomologique de France, (séance du 25 novembre 1891).

Comple-rendu sommuire des séances de la Sociélé géologique de France, n°316, 15, 18.

Annales de lt Société d'Horticullure et d'Histoire naturelle de l'Héraull. °° série : Tome 23°, iSgr. 2, mars et avril: n°3, mai el juin.

Revue scientifique du Bourbonnais eldu Centre de la France,

11 et 12.

LXVII

Annales de la Sociélé Linnéenne de Lyon, Tomes xxxvr et xxxvH. années 1890 et 1891.

Revue historique, scientifique et littéraire du département du Tarn. 16° année : 10 et 11, octobre-novembre 1891.

Bullelin de lu Société d’Hisloire nalurelle de Loir-et-Cher , N°1, 2, 3, 4, 5, années 1883, 1884, 1885, 1887, 1890.

Bullelin de la Sociélé Botanique de Lyou, r, janvicr-mars 18y1.

Bullelin de lu Suciélé Ramond, 26° année ; et trimestre 1891.

Revue des Travaux scientifiques, Tome xt, 5, 6.

Annuaire de l'Association nationale de topographie pour la vulgarisalion des sciences topographiques en France et Union militaire de la Jeunesse française, 1889-1890. |

Contribution à la géologie du département de l'Oise : Volice de la Carte géologique de Beauvais, par M. Thomas.

Vole sur le Trias de l'Ariège et de l'Aude, par M. de Lacvivier. (Don de M. de Lacvivicr, membre correspondant.)

M, Slüblein communique le Résumé de la météorologie des mois d'octobre et de novembre 1kog1.

Doxs. Il cst fait don à la Société :

Par M. Marius Esparseil , architecte : |

De divers échantillons de minerai de fer irisé, pro- venant des Mines de Salsigne (Aude).

De stalactites de carbonate de fer, même provenance :

De minerai pyrite de fer, provenant de Missègre (Aude) ;

$" De Spath fluor avec inclusion de pyrites.

Par M. Plantier :

D'un échantillon de Phosphorites de Saint-Maximin (Gard) ; |

D'ossements fossiles trouvés dans les Phosphorites du Quercy.

Par M. Louis Chartier :

LXNIII

D'un fragment de Naulilus (section des Striati de d'Orbignv) trouvé au Plan de Roques. au-dessus de la métairie de Ramade, lors de l’excursion à la Clape.

Par M. Léon \Nelli :

° D'une collection de coquilles marines. 2* De quatre pièces de monnaie anciennes.

M. le Président, au nom de la Société. adresse des remer- ciemcnts aux donateurs.

Il est procédé à l'élection des membres présentés à la séance précédente. |

Réunissent la majorité des suffrages et sont proclamés membres titulaires :

MM. d'Axprieu (Gabriel), Propriétaire au château de

Cépie. présenté par MM. Auriol et Petit.

Devizr (Jean). Instituteur, Ecole de Cité, à Narbonne, présenté par MM. Donnarel et Lignon.

l'ERRIÉ (Léo), Propriétaire, à Cazilhac, présenté par MM. Gavoy ct Rebelle.

GiarmauD (Eugène). Agent d'assurances à Carcas- sonne, présenté par MM. Chartier et Rebelle.

JEAN (Paul), Instituteur à Carcassonne, présenté par MM. Lignon et Chartier.

PraxTier (Alphonse), Négociant à Carcassonne, présenté par MM. Donnat et Evrot.

Pucrt (Paul), Instituteur à Narbonne. présenté par MNL Lignon et Respaud.

VERGNES (Raymond), Inslituteur à Paziols, présenté par MM. Lignon cet Respaud.

M. le Président annonce de nouvelles présentations.

M. Louis Chartier fait part à la Société de la mort de M. Oscar Maurel, instituteur en retraite ct membre fon- dateur.

LXIX

M. Laffagc fait passer sous les Yeux des membres présents deux cränes d'Hyena spelra provenant d'une grotte située au Nord-Est du village de Marmorières (Mon- tagne Noire), dite grotte des Cazals.

MM. Benazeth, chimiste chez M. Hyvert, et Bonnet. concessionnaires de la groite. ont mis au jour une grande quantité d'ossements d’ours et d'hyènes des cavernes, en faisant des fouilles pour rechercher des phosphates.

M. le D' Petit lit un Rapport très imporlant sur la marche et les effets de l’inondalion du 25 Octobre dernier, dans la partie basse de la ville de Carcassonne et ses environs.

M. Chartier dépose sur le burcau son rapport sur l'excursion faile par la Sociélé à Armissan ct à la Clape. le + juin dernicr.

M. Gavoy lit un travail intitulé : Contribulions à la faune du département de l'Aude : Diplères, Hemiplères, Hyménop- lères.

M. le Trésorier présente l'état des recettes et des dépenses de la Société pendant l'exercice 1891, et le projet de budget pour 1892. |

Une commission de 5 membres. composée de MM. Ami- gucs. Castel, Laffage, Pech et Yèche. cst chargée de l'examen des comptes du trésorier.

L'ordre du jour appelle ensuite les élections pour le renouvellement du bureau.

Election du Président. KSuffrages exprimés : 32, 1 bulletin blanc.

Est élu : M. Freureac. Alphonse. professeur au Lycée.

Ont pris part au vole par correspondance. MM. Estève, Noyer, Pons. Roustan.

M. Fleureau se lève alors et prend la parole en ccs termes :

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« MESSIEURS,

« Je ne veux pas diflérer davantage l'expression des sentiments de gratitude dont je me sens pénétré cn présence du vote que vous venez d'émettre.

« Pour la première fois de ma vie. grâce à votre estime bienveillante, j'éprouve aujourd’hui les émotions de la candidature et les joies du triomphe.

« Une élection est plus qu'un choix, c'est un jugement : et si je suis fier, à juste titre, de vos suffrages, je tremble de me montrer indigne de la confiance dont vous avez bien voulu m'honorer.

« Mais je n'ai pas demandé la parole pour faire un discours : je veux seulement déclarer que si j'ai accepté la candidature que m'offrait le bureau. c'est parce qu’un autre de nos collègues n'a pas cru pouvoir accepter lui- même le poste d'honneur auquel nous l’appelions tous.

« M. Gautier, devant lequel je me serais effacé modes- tement el respectueusement, a répondu aux ouvertures officieuses, puis officielles, du Bureau, par des raisons majeures. mais temporaires, je l'espère, quile mettaient dans l'impossibilité de présider. cette année, nos travaux. « J'ai regretté vivement. pour ma part. celte décision. car j'estime que nul. mieux que M. Gautier, n'était capa- ble d'orienter votre Société dans la direction scicutifique elle doit continuer à marcher.

« Je suis sûr cependant que notre savant collègue Narbonnais voudra bien nous conserver son appui et ses conseils , et j'espère qu'un jour. qui n'est pas éloigné. lorsqu'il sera débarrassé des préoccupations multiples qui l’étreignent actuellement, il consentira à prendre ici la place du pilote. pour le plus grand bien el la plus grande sécurité du vaisseau cet de l'équipage. »

Les paroles de M. Fleurcau sont couvertes par les applau

dissements de l'asscmblec.

LXXI I] est procédé ensuite à l'élection des autres membres du bureau. |

Après le dépouillement complet du scrutin, l’adminis-

tralion de la Société, pour l’année 1892, se trouve ainsi constituée :

Président d'honneur : M. P. Moxrés.

Président litulaire : M. À. FLEUREAU.

-Vice-présidents : MM, le D' Bocnrez. Victor Boyer.

Secrélaire : M, Louis Gavoy.

Secrélaire-adioint : M. L. Cnannen.

Trésorier : M. Emile GLonirs.

Conservaleur archiviste : M. Cn, Dar DE Nanxr-FouLc.

Comilé du Pullelin : MM. Casrez, GHARTIER, G. COMRES, GARY, GAUTIER, GAZEL, JOURDANNE, LAFFAGE, NELLr. SICARD. |

Comilé des excursions : MM. Awiquss. Dar DE Saixr Fourc, Doxxar. D’ Perir. REBELLE, YÈCnE.

Déléqués régionaux : MX. BuxxavEs. CHAVANETTE. COMBES | DEzpoxtT. Gay. GAUTIER, JEAN. LarariE., Nicarp. VayssE. | Délégués cantonaux : MM. BocuRez. BOYER, GABELLE, NOYER. RespauDb. RIVIÈRE.

La séance est levce à 4 heures el demie.

LNANI

NOTE SUR LA SITUATION FINANCIÈRE

DE LA

SOCIÉTÉ D ÉTUDES SCIENTIFIQUES DE L'AUDE à la fin de l'exercice 1891 EU Propositions pour le Budget de 1892 Par M. Emile GLORI ES, Trésorier

La Société avait en caisse à la fin de l'exercice 1800. 253 fr. 65 Elle à reçu pendant l'exercice 1891.............. 1.612 73 TOR Er ae 4.866 40)

Les dépenses s'élévent à... 1.714 5

L'excédent des recettes est de... 451 79

Les Recettes et les Dépenses sc décomposent comme suit :

RECETTES. Solde en caisse à la fin de 4800....... RTE UN 293 fr. O5 150 cotisations à 6 fr...... déesse done. 900 » 50 diplômes à 2fr................ RS TT 100 ñ Subvention du Conseil ménéral. iii... UN) n Recettes diverses (vente du Bulletin, insignes, etes, 112 49

POUSSE dis nee 1.06 10 DÉPENSES

Impression et brochage du Bulletin compte pavé

à limprimeuri ...,..... A 600 Fr,

Port du Bulletin................ san 36 fr. 30 Frais de Bureau et de Correspondance, 444 0) 205 85

Frais de recouvrement des cotisations. 2 (5 LOS te. 126 " RON Re den ee 200 Réparations à la salle des séances... . 217 Ameublement de la salle (chaises, tables, etc)... 37 10 Éclairare et chauffage. sde. 10 10 Conciere issues. HN Tale it een uo 20) » COS E sa sns ieiies do Leaues 151 19 DIE) PRET 1, RO 40)

LXNII

Budget de 1892.

RECETTES

Solde en Csisse au {er janvier 1892................ 451 fr. 75 150 cotisations À 6 Miss ssessn se slssanemstase se 900 25 membres nouveaux à 6fr..................,. 450 » CLONES D ÉPE ses seniseneenneaoua nes 50 » Subvention du Conseil général... 00 p

#

FOIE Ses asser 1.701 19

DÉPENSES

Solde du compte de limprimeur................. 084 fr. 79 Fnipression de 100 diplômes.............,....... 110 Inpression et brochage du Bulletin de 1R92....... 600) » Port'du BaHètinis ses siemens isouese 39 » Frais de bureau, circulaires et impressions diverses. 45 » NCA US VESSIE 50 » Crédit pour la conservation des collections... 100 »

ÿ

Lover, 908. 880 0 200 9 0e 0 8 2 0 ee q 0 9 AN) » Concierge 900% 03e 5650 8069 06859960. Reese. 20 » Divers. 20 0% 0 0 9000 0. te es © 7 »

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LXXIV

ANALYSE D'OUVRAGES

M. Roussel. professeur au collège de Foix, a fait de nombreuses recherches sur la géologie des Pyrénées et des Corbicres el a publié le résultat de ses études dans quelques brochures dont je vais donner une courte analyse.

io Note sur le Crétacé supérieur et le Tertiaire des départements de l'Ariège et de l'Aude. (Brochure in-8, 41 pages. Bull. Soc. ariégeoise des lettres, sciences etarts, juillet LR.

M. Roussel donne un aperçu des principales observations qu'il à failes en éludiant Îles terrains compris entre la rive droite de l'Ariège et Ile massif de transition de Mouthoumet.

Les terrains éludiés sont le Sénonien. le Danien ct ‘l'Eocène ou Nummulitique.

Après avoir énuméré les divers étages el leurs subdivi- sions, les transformations et les allures des assises. les fossiles que l'on trouve dans chaque couche, l'auteur signale les accidents géologiques. d'ailleurs peu nombreux, qu'offrent ces terrains crélacés el tertiaires. signale un renversement à Coulzonne. près de Roquefixade . un autre a Bélesta: mais le plus remarquable est celui de Couiza.

L'auteur termine en faisant remarquer que. pour ces régions. la couche à échinides parait appartenir à l'étage a Ostrea uncifera et tenir lieu. dans les Prrénées, de l'éocène moyen,

2 Le Dévonien et le Carbonifère de Larbont et de Saint-Antoine. (Brochure in-&°, 20 pages Foix, typographie Gadrat ainé, 1885.

Quelques géologues n'ont pas admis l'existence du car- honifére dans le département de F\riège et ont attribue

au dévonien une puissance qu'il n'a pas.

LXXV

M. Roussel a découvert à Larbont, à environ 26 kilo- mètres à l'Ouest de Foix. des gisements contenant des fossiles caractéristiques du carbonifère , el. par places. de la houille. T1 a été ainsi amené à étudier la géologie des environs de Larbont. Les terrains étudiés comprennent unc bande allongée de l'Est à l'Oucst. finissant à Saint- Girons , d'une longueur de 30 kil. et d'une largeur moyenne de 4 kil.

I résulle de cette étude qu'une partie du déronien doit être attribuée au carbonifère.

A Saint-Antoine, hameau situé à 5 kil. au Sud-Est de Foix, commence un terrain dévonien et carbonifére qui s'étend au loin vers l'Est el continue les couches de Larbont dont il est séparé par le massif de la Barguillère et par une moraine puissante. Par ses grioltes cet ses schistes la formation de Saint-Antoine ressemble à celle de Larbont : elle en diffère en ce qu'elle est moins fossilifère et qu'elle présente des marnes et des conglomérats.

À Ja brochure sont joints quelques coupes et deux croquis à l'échelle de __!_____

240,0 0

3" Sur les relations stratigraphiques qui existent entre les calcaires à miliolites et les couches à MICRASTER TERCENSIS , dans le département de la Haute-Garonne et le canton de Sainte-Croix (Ariège). (Broch. in-49, 4 pages. Acad. des Sciences 4 mars 1886.) tes)

L'auteur signale à l'attention des géologues l'interpoesition fréquente, dans le [département de‘kHaute-Garonne et Ia partie occidentale de celui de l'Ariège. des lits calcairesjà Micraster lercensis, enlre les étages de la partie supéricure du danien et la partie inférieure de l'éocène.

4 Sur Ia découverte d'un gisement cénomanien au Pech de Foix. 2 pages in-49. Acad. des sciences. 12 avril 1886.

LXXVI

Note sur l'ige de la bauxite et des grés de Celles. (3 pages in-8°. Foix, 4 août 1886, imprimerie V'e Franceal et fils.)

M. Roussel a découvert, sur un point de l’assise qui contient la bauxile ou fer pisolilique, des fossiles qui lui font admettre que cette assise et celle qui est au-dessus repré- sentent l'urgonien supérieur.

On appelle Grès de Celles une importante formation qui s'étend dans l'Ariège depuis Montgaillard jusqu'à Bélesta. Les fossiles qu'on y trouve font conclure que ces grès sont sénoniens. |

Œ————

6. Etude sur le CRÉTACÉ des PETITES PYRÉNÉES et des CORBIÈRES. Brochure de 38 pages, in-8. Bull. Soc. gfol. de France, mai 1887.)

Dans la première partie de ce travail, l'auteur étudie le Crélacé des Pyrénées Centrales, de cette formation qui se trouve dans les environs de Foix et qu’on peut attacher au bombement connu sous le nom de Pech de Foir,

La deuxième partie. celle qui a pour nousle plus d'intérêt. est l'exposé du terrain crétacé des Corbières.

La troisième partie est consacrée à l'étude du méme terrain dans la partie orientale des Pelites Pyrénées.

M. Roussel décrit la suite des couches telles qu'on Îles trouve dans les nombreux endroits qu'il a explorés. Il en fait connaître l'aspect, la composition, l'épaisseur et la marche : il indique les fossiles, parfois abondants. que l'on trouve dans les diverses assises et qui les caractérisent. Il donne moins de détails sur la Clape qu'il n'a pu éludicr d'une façon complète : mais c'est une des régions les plus connues des Corbières.

Après avoir passé en revue chacune des parties dont sc compose Je Crétacé des Peliles Pyrénées et des Corbières. l'auteur jette un coup d'œil sur l'ensemble el résume dans un tableau le classement des étages,

Deux planches accompagnent la brochure : elles contien-

LXXVII

nent de nombreuses coupes dont la disposition permet de suivre sans difficulté les parties qui se correspondent en passant de l’une à l'autre.

Sur la composition du Danien supérieur et de l'Eocène des Petites Pyrénées, des Corbières et de Ia Montagne Noire. (Brochure de 11 pages, in-8v, Assoc. franc. pour l'avancement des sciences, Congrès de Toulouse, 1887.)

L'auteur donne l’ordre de superposition des assises qui constituent ces terrains el indique les divers fossiles qu'elles contiennent. Il étudie ensuite successivement chacune des assises et rend compte de leurs transformations.

Le mémoire se termine par un tableau qui sert à comparer les nombreuses subdivisions qui viennent d'être énumérées à celles de l’Eocène du bassin de Paris ou de Belgique.

Sur l'âge des CALCAIRES CRISTALLINS DES PYRÉNÉES. Extrait du Bulletin de la Société géolosique de France, 18 juin 1888, 9 pages in-8°.)

Les géologues n’ont pas attribué à la même période géo- logique la formation des calcaires cristallins qui existent dans les Pyrénées Le peu de connaissances que l'on a sur la straligraphie des parties élevées des Pvrénées explique facilement cette divergence d'opinions. M. Roussel a étudié aussi complètement que possible la partie de la chaîne se développent ces calcaires, entre St-Béat (Haute-Garonne) el la Méditerranée. et a reconnu que ces calcaires sont de différents âges. Il le montre en produisant un certain nom- bre de coupes et résume ses observations dans la conclusion suivante :

« Donc, parmi les calcaires cristallins que nous venons d'étudier, quelques-uns appartiennent aux terrains primaires el quelques autres au Lias inférieur : les plus importants représentent le crétacé inférieur, el souvent aussi le Juras- sique supérieur ; il en est enfin qui sont cénomaniens,

Presque lous se présentent sous forme de brèche : ils se sont déposés dans des mers agilées. se formaient, en outre. des dolomies et de l'oxyde de fer. »

me

Nouvelles observations sur les TERRAINS PRIMAIRES et les TERRAINS SECONDAIRES DES PYRÉNÉES. (Suite de la brochure précédente, 18 passes),

Dans ses travaux, M. Roussel a émis sur certains terrains des opinions différentes de celles de M. de Lacvivier.

Celui-ci a trouvé que les résultats de ses publications étaient contestés avec trop de sévérité et a protesté vivement. Le présent mémoire est une discussion des opinions com- battues par M. de Lacvivier.

M. Roussel répond en délail aux criliques de son confrère. défend ses théories avec chaleur et conviction, et les appuie de documents nouveaux. Il en conclut que ces criliques ne sont pas justifiées et que tous les faits qu'il avait essayé d'établir restent acquis à la science.

9o Observations sur les Terrains secondaires et les Terrains primaires des Corbières. (Extrait du Bulletin de la Société géologique de France, 15 déc. 18995 Brochure de 20 pages iri-8"). |

L'auteur expose rapidement quelques observations qu'il a faites en étudiant les Corbicres.

11 nous donne la disposition et la composition de la série sédimentaire du Crétacé du Bézu et arrive à cette consé-_ quence, contraire à l'opinion de quelques géologues, qu'il n'existe aucune faille entre le Bézu et le Pic de Bugarach.

Il passe ensuile en revue les calcaires du Sénonien supé- ricur et du Macestrichtien, les formations primaires du pic de Bugarach et le Trias. le Jurassique et le Cénomanien de Soucraigne et de Padern. |

Quelques coupes inlercalées dans le lexte en rendent la

lecture plus facile. | Comme on le voil par cetle analyse rapide, les travaux

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de M. Roussel ont pour nous une réelle importance, et sont d'un grand secours dans l'étude de la stratigraphie des Pyrénées et des Corbières. D’éminents géologues ont par- couru et étudié les mêmes terrains ; M. Roussel n'a pas sur tous les points la même opinion que ses savants confrères ; il n'y a rien d'étonnant. si l'on songe au grand nombre de documents qu'il faut réunir pour établir la théorie d'un ensemble de formations géologiques. Mais les divergences d'opinion appellent de nouvelles recherches. el c'est de leur discussion que se dégage la vérité.

Contribution à l'étude des Terrains crétacés de l’A- riège et de l'Aude par M. de Lacvivier. (Extrait du Bulletin de la Société géologique de France: séance du 16 Janvier 1888, 9 pages),

Réponse à M. Roussel, par M. de Lacvivier. (Extrait du Bulletin de la Société géologique de France; séance du 45 avril 1889,

7 pagest,

Dans ces deux brochures, l'auteur discule Îles opinions que M. Roussel a formulées, dans divers mémoires, sur les Pirénées et les Corbières et qui paraissent résumées dans les deux notes communiquées à la Société géologique de France sous les titres : Sur l'âge des calcaires cristallins des Pyrénées el Nourelles observalions sur les lerrains pri- maires el les lerrains secondaires des Pyrénées.

M. de Lacvivier n’admet pas que les conclusions de son confrère soient acquises à Ja science et appelle sur Îles points conteslés de nouvelles études, faites par des observa- teurs non prévenus, qui pourront élablir de quel côté est la vérité.

J. PECH,

LIXX

Les Mammifères de Ia France, par Alexis Bouvier. Paris, Georges Carré, éditeur, 1891. 570 pages. Prix : 3,20 l

Enseigner et vulgariser l'étude de l’histoire naturelle. tel est le but que se propose M. Bouvier, dans le très intéressant volume qu'il a offert à notre Société.

Dans cette premiére partie d'une série d'ouvrages destinés à l'Enseignement populaire el pralique, el dédiés aux institu- teurs et à la jeunesse des écoles. l'auteur commence par les MaumirÈères son étude de la l'aune française.

Ce livre, conçu avec beaucoup de méthode, est plein de détails techniques et. bien que la classification et la descrip- lion des espèces y soient rigoureusement scientifiques. la lecture n'en cest pas aride

Bon nombre de traits relatifs aux mœurs des Mammifères intéressent à chaque page le lecteur : des recherches histo- riques et des anecdotes, se succédant dans chaque chapitre, le rendent fort attrayant.

Le chapitre sur les Cheiroplères, sont admirablement bien décrites les vingt-cinq espèces de chauves-souris qui vivent en France. ainsi que celuisur les Céfacés de nos côtes, seront lus avec plaisir par les naturalistes.

Ceux sont étudiés les Equidés, les Bovidés et les Suidés. pourront être consultés avec fruit par les éleveurs et Îles agriculteurs. Toutes les races domestiques, élevées dans nos cainpagnes. y sont soigneusement énumérées et décrites.

Nous recommandons la lecture des Mammifères de la France, de M. Bouvier, aux membres de la Société d'Etudes.

L. CHARTIER.

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DEUXIÈME PARTIE

Rapports sur les Exoursions de la moclété

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RAPPORT

SUR L'EXCURSION FAITE PAR LA SOCIÉTÉ D’ÉTUDES Le 12 Avril 1891 A COUIZA ET SES ENVIRONS

Par M. ISibORE GABELLE

L'excursion du dimanche r2 avril 1891 avait pour objet une visite aux châteaux de Couiza et de Coustaussa, aux carrières à plätre de Couiza et la recherche de fossiles.

L'emploi du temps ayant été préalablement bien étudié, le programme, quoique fécond, fut parfaitement rempli.

Sans avoir les connaissances voulues sur ces matières el sans disposer d’un loisir que mes occupations ne me lais- sent jamais, j'ai néanmoins accepter la tâche de rédiger le compte-rendu de cette agréable journée, qui m'a été imposée d'office par mes collègues, tous d'humeur franche et de décision sans appel.

M. Gavoy, dans le cours de la séance du 19 avril 1891, vous a fait espérer que le sujet serait traité avec compé- tence : nous savons tous qu'il ne peut en être ainsi et qu'il en serait autrement si le travail avait été mis dans ses mains. Mais M. Gavoy paye déjà beaucoup de sa personne ; il a voulu m'encourager, je l'en remercie. Je prierai donc mes collègues de vouloir bien se souvenir jusqu’à la fin que nous appartenons à une Société naissante, dont les membres n'ont d’autre prétention que de s'initier

mutuellement à l’étude des sciences et non point de les professer,

ET

1. CHATEAU DE COUIZA

Et d'abord, le Château de Couiza.

Couiza est un charmant chef-lieu de canton de goo habi- tants, situé le long du fleuve de l'Aude, au confluent de la rivière de Salz et sur la ligne du chemin de fer de Carcas- sonne à Quillan.

En sortant de ce bourg. faisant digression à notre iliné- raire, nous sommes entrés dans le jardin de M. Fédié, de Carcassonne, notre éminent archéologue, miembre de la Societé des Arts et Sciences. Son régisseur nous y a montré divers ouvrages en lerre cuile recucillis dans les ruines de l'Evéché d'Alet ; ce sont des corbeilles de fruits, des urnes funéraires. des sirènes armorices. ele. Tous ces objets, exposés aux intempéries. se couvrent de mousse, tuais sont encore en assez bon état: ils mérileraient d'être placés dans un lieu couvert pour ètre conservés en souvenir d'un passé glorieux et quasi-local.

Nous avons visité ensuite le chateau de Couiza. Il est situé à 100 mètres du village, Le long de l'Aude, à l'entrée d’une gorge étroite formée par une colline transversale qui porle, sur ce point, le nom de Roc de france : ce nom a été donné, au xu° siècle, à f’éminence calcaire qui enserre le fleuve, par les populations silucées cn amont, pendant qu'elles dépendaient du royaume d'Aragon auquel elle servait de limite. De l'autre coté du fleuve, sur la rive gauche, Île Roc de France livre passage à la ligne du chemin de fer par une tranchée de 20 mètres de profondeur.

Le château de Couiza est le premier des nombreux chà- teaux-forts répandus dans les Hautes Corbières: il comprend le vieux chateau et le nouveau chäteau. que nous appelle- rons le Donjon à cause de sa forme, séparés par une distance de 50 mètres environ.

Le vicux chälcau cestun vaste rectangle contigu au moulin. de 8o mètres de longueur sur 17 mètres de largeur à un bout el rr mèlres au bout apposé. Sa construction remonte

Ld —- D

à plusieurs époques. qui répondent à chacune des trois par- ties dont il se compose. Nous entrerons ici dans quelques détails utiles pour l'intelligence des licux.

La première partie. du côté du levant, de 30 mètres de longueur sur 11 mètres de largeur, est la plus ancienne: elle remonte à l’époque les Wisigoths, chassés du resle de la Gaule, s’attachaient obstinément à notre sol ct s'y fortifiaient: elle est adossée à la montagne. qui forme terre-plein au nord et au levant, el se compose de deux séries de voûtes en plein cintre. sans piédroits, superposées et éclairées seulement d'un coté par des lucarnes munies de grilles; on y pénétrait par une porte unique du côté sud. Les murs. aux naissances . ont r" Ro d'épaisseur et sont bâlies en gros moëllon d'appareil: les voûtes inté- rieures sont en maçonnerie ordinaire. Cette sorte de case- mate . c’est ainsi que nous la désignerons , étail entourée , en contre-bas. d'un fossé rempli d’eau.

Au levant de cette construction, existe un souterrain circulaire et voûté dont l’origine parail remonter à la même époque : il a 4" de diamètre. 5" de hauteur sous clef el porte le nom de glacière. Nous avons pénétré. l'un après l’autre : jusqu'à cet ouvrage, en suivant une élroile galerie maconnée et voütée, de 10" de long. qui avance horizontalement dans la montagne. tourne à gauche à angle droit vers Ie milieu du’ parcours et débouche dans la glacière au niveau des naissances.

Le lendemain, je suis descendu moi-même, à l’aide d'une échelle, au fond de la glacière. et j'ai pu constater que cette fosse a servi de silo ou de cachette pendant les pre- miers siècles de sa construclion; on ne saurail, différem- ment, juslifier les besoins d'une galerie d'accès de ro mètres et de trois portes en bois qui en défendaient Île passage. |

Plus tard. peut-être vers le XVE siècle, le genre de vice des Seigneurs devenait plus varié et le chjteau de

Rp

Couiza était plus régulièrement habité, cette fosse füt converlie en glacière. A cet effet, pour raison de propreté, on a abaissé le sol, en nature de marne, de 30 centimètres, étabfi un radier maçonné sur un plancher en bois soutenu par des socles en brique, etrevêtu tous les parements d'un enduit de mortier à la chaux. On a maçonné également la porte d'en- trée, en sorte qu'il ne restait plus pour issue que l'orifice” qui est à la clef de voûte. Le radierest actuellement démoli et l'on voit encore au-dessous de son niveau, à travers la culée de marne mise à nu, un gros luyÿyau de plomb qui servait pour la décharge de la glace fondue. Le ciment n'entre pour rien dans cette approprialion ; nous ne sommes donc pas en présence d'une citerne. dont l'étanchéité est la première des conditions.

La deuxième partie du vieux château est au couchant, près du moulin ; elle mesure aussi 30 mètres de longueur sur 17 mètres de largeur el fut construite après la bataille de la Salz, en 1211, par Pierre de Voisins, général de l'armée victorieuse de Simon de Montfort. Pour obtenir cet emplacement, Pierre de Voisins déplaça la route d'Espa- gne, qui franchissait, sur un arceau. le fossé destiné à conduire l’eau du fleuve devant la casemate.

Celarceau maçonné en plein cintre, de 3" de débouché, est resté jusqu’à ce jour comme objet de curiosité et comme non valeur dans les caves. Le tracé de la route fut porté un peu plus loin, dans l'intervalle de 20 mètres laissé libre entre la nouvelle construction et la casemate. et fut maintenu tou- jours dans la direction de la place publique du bourg. Le prolongement de cette voie. appelée de nos jours ruc des Qua- tre Coins, conduisait directement à la Cité de Rhecdæ, chef- lieu de la contrée. Si la rue des Quatre Coins est aujourd’hui la rue la plus étroite de Couiza. elle n’en a pas moins été la principale pendant plusieurs siècles, jusqu'à la construc- tion du pont de Salz. vers le milieu du XV siècle.

Pierre de Voisins construisil sa demeure avec luxe et soli-

no

dité.Les murs ont un mètre d'épaisseur, ils sont maçonnés avec des moëllons de gros appareil, qui portent encore cha- cun. à s'extérieur. les lettres en refouillement A. G. IR ; c'étaient. sans doute. des lettres conventionnelles de chantier. La porte rectangulaire et les fenêtres étaient en picrre de {aille richement moulurées. Les fenêtres offrent une particu- larité à noter par les architectes : à l'intéricur . les eucadre- ments sont rectangulaires. tandis qu'au dehors, par suite d’un large évasement donné au chanfrein extérieur du lin- teau , elles sont gracicusement surbaissées.

Ce château fut la propriété de la famille de Voisins, qui avait néanmoins établi sa résidence préférée à Arques, jus- qu'au mariage de Françoise de Voisins, dernière descen- dante de la famille de ce nom, avec Jean de Joyeuse. en 1518. Il fut détruit par l’arméc des Calvinistes. en 1536, quand la famille de Joyeuse ful faile prisonnière, le même hiver les fanatiques rasèrent les merveilles architccloniques de la cité d’Alct. Les murs furent abattus jusqu'au dessous du premier élage ; on ne voit plus aujourd'hui que la riche porte d'entrée et, à ses côlés. quatre fenêtres du rez-de-chaus- sée. En fouillant au devant du bâtiment, ou met à jour de grands pans de bâtisse : ce sont Îles murs de face tombés pêle- mêle, en 1576, dans les fossés de défense. aujourd'hui comblés.

Le Vicomte Guillaume de Joycuse, qui habilait déjà Île Donjon dont il va être parlé ci-après, fit relever le château de sa mère : mais il n'en reste pas de trace. à moins qu'on ne doive lui attribuer l’exhaussement de l'édifice en deux étages el son aménagement en deux vastes pièces uniques. éclairées par une mullilude de fenêtres avec cadres en pierre de style moderne, dont l'affectation semble se raltacher au canton- nement d'une garnison militaire.

La troisième partie du château, toule moderne, occupe l'intervalle de 20 mètres laissé libre par Pierre :de Voisins. C'eslau moment de celte construclion que fut exhaussée

ee - la casemate : la double rangée de fenêtres avec cadres en bois annonce, par son uniformité, l’aménagement d'une usine. Cette dernière transformation ne saurait donc remon- ter qu'à l'époque l'Etat. après la Révolution, revendit cet immeuble. |

Ces trois constructions, qui aujourd'hui semblent n'en faire qu'une , ont élé converties, depuis plus de 20 ans, en usine à chapeaux (c’est l’industrie du pays), par M. Guinot qui, mécanicien et fabricant tout à la fois. occupe un nombreux personnel et expédie dans le monde entier des milliers de chapeaux en feutre, faits à la mode de Paris.

Nous avons visité ensuite le Donjon. bâti aussi le long du fleuve et relié au moulin par un solide bälardeau : je ne m'étendrai pas sur sa description. le cadre de mon sujet ne me le permettant pas.

La construction du Donjon fut commencée en 1510 par le vicomte Jean de Joyeuse qui. outre ses biens personnels, possédait encore par sa femme, Françoise de Voisins, Îles seigneuries de Couiza, d'Arques, de Couffoulens, de Puivert et de la Tour de France. C'est en présence des troubles toujours croissants suscilés par les sectes religieuses. que le besoin d’une forte demeure s'était fait sentir. L'emplace- ment choisi, trop rapproché de la route qui conduisait en Espagne. nécessita un nouveau déplacement de celle-ci. qui fut tracée en dehors du parc et dirigée sur un autre point de la rivière de la Salz, fut construit un pont en dos d'âne composé de deux arches, donnant accès au che- min de Rhedæ par la rue du cimetière.

Le Donjon, terminé en 1562, est un vaste quadrilatère irrégulier ayant en moyenne fo mètres de long sur 3o mètres de large , dont les angles forment quatre tours des- tinées à sa défense.

Ci-joint.le plan du rez-de-chaussée ct celui de l'étage. que j'ai relevés pour la clarté de mon exposé.

- 9

: On pénètre dans l'intérieur de l'édifice. au levant. par une porte d'honneur monumentale: puis, au sud, par une porte charretière ; au couchant et au nord. il existe deux pelites poternes fermées en dehors el en dedans. Au centre du Donjon, se trouve la cour: an levant et au nord. deux portiques ou préaux formés par des arceaux en plein cintre qui supportent l’élage: au couchant. les cuisines et les fours (1): au sud, la chapelle. Toutes ces dépendances sont en voûte et éclairées par des lucarnes munies de grilles.

Dans les souterrains, également voûtés, sont les buandec- ries, caves et magasins, à moitié comblés par le limon provenant des crues de la rivicre.

Deux escaliers circulaires conduisent aux étages: la hauteur des planchers, construits à la française. est de 4"3o°. Au premier étage et du côté du levant, la salle de récep- tion , de 18 mètres de long sur 4 mètres de large. avec son plafond plàtré. aboutit, aux extrémités. à deux vérandas donnant sur la cour; sur les autres côtés , les chambres et autres pièces. avec leurs cheminées monumentales de l’épo- que. Toutes ces pièces sont éclairées par des fenêtres Louis NIIT aux encadrements richement moulurés, garanties par des grilles.

Depuis environ cent ans, Faménagement primitif du chäteau a été transformé cl dénaturé suivant les usages auxquels on l’a affecté ; mais, avec un peu de soin. j'ai pu faire abstraction des ouvrages modernes ct rétablir les lieux tels qu'ils avaient été conçus par l'architecte et tels qu'ils pourraient ètre obtenus encore par la simple démolition de ces ouvrages.

\u second étage, même aménagement.

Les quatre tours, quoique servant à l'habitation, étaient destinées à la défense du bâtiment. Les murs ont 2 nièlres d'épaisseur ; au rez-de-chaussée et à lous les étages , ils sont percés de meurtrières dirigées sur les quatre portes et sur

mo qq 2 EE

D Lun deces fours ne mesure pas moins de 2e 50 de diametre,

,— 10

les fenêtres en rasant les courtines ; la porte sud et la porte nord sont, en outre, défendues par des machicoulis établis au deuxième étage.

Les oubliettes sont voûtées dans le sous-sol de la tour nord-ouest, avec l’orifice à la clef de voùte.

Une pareille voûte existe dans le sous-sol de la tour nord- est, caveau du gardien, qui s’y rendait par une trappe établie dans sa loge; c’est de que part le souterrain, aujourd'hui comblé de limon, qui conduit dans la casemate du vieux château.

Du côté de la cour, les décors d'architecture sont plus nombreux qu’à l'extérieur ; les encadrements moulurés des fenêtres sont surmontés de fines arabesques et la façade qui regarde le couchant offre un lableau saisissant. Au rez-de- chaussée, au premier et au deuxième étage. sur toute l'éten- due, l’auteur du projet a représenté les trois ordres d'architecture toscan, ionique et corinthien superposés : soubassements , Colonnes, cntablements, rinceaux, grec- ques, cartouches, médaillons, etc.. rien n'y manque; c'est tout un cours d'architecture surlesordres d'Italie et de Grèce.

M. Chartier, notre vice-président, toujours à l’aflüt d'une bonne aubaine, a braqué sur ces ouvrages son appareil’ photographique qui, en excursion, ne quitte jamais ses robustes épaules, et la Société possèdera dans ses archives une relique de plus.

Tous les murs sont construits, au dedans comme au dehors , en gros moëllon d'appareil et mesurent un mètre d'épaisseur ; ils étaient cnlourés par un vaste fosse rempli d'eau.

Les dispositions adoptées pour défendre cette riche demeure féodale feraient croire que celle-ci éluit imprena- ble : il n’en fut rien. Dès 156, quatorze ans après la cons- truction , les Calvinistes, venus en grand nombre. rasaient l'ancien château de Pierre de Voisins el s'emparaient du Donjon. faisant prisonniers la vicomtlesse cl ses jeunes

11 enfants ; le vicomte, son fils aîné, âgé de seize ans et douze deses officiers s'étaient enfuis par le souterrain. Après avoir couru un grand danger d'être pris, dit dom Vaissetle, ils arrivèrent à Carcassonne, le vicomte dut se procurer une forte rançon pour oblenir la liberté de sa famille.

Le château de Couiza est surtout célèbre pour avoir vu naître la vaillante et malheureuse famille du vicomte Guilhaume de Joyeuse, composée de sept garçons. L'un mourut dès son jeune âge ; François devint évêque d’Alet, archevèque de Narbonne et cardinal de Toulouse; Anne, à l’âge de 27 ans , commandait l’armée royale à la bataille de Coutras et périt dans les rangs avec son frère Claude, âgé de 17 ans, vaincu par le roi de Navarre, qui devint Henri IV ; Scipion fut proclamé chef de la ligue contre les armées de Henri IV. Celui-ci périt à son tour après la défaite de Ville- mur, noyé au passage du Tarn grossi par un orage, dans les bras impuissants de son frère Georges, venu à son secours et noyé comme lui, viclime de son courageux et affectucux dévouement. Il ne rceslait plus que Henri, lequel devenu veuf, était entré au couvent. Sur les instances de la noblesse du Languedoc , Henri reprit les armes el se mit à la tête des Ligueurs,

Mais tant de guerres avaient épuisé le pays; la diselte el les maladies rendirent la lutte impossible. Après deux années de revers. on trailta avec Île roi.

Henri, comte de Bouchage, Pair. Maréchal de France, Chevalier du Saint-Esprit, duc de Joyeuse, Baion d'Arques et Couiza . Gouverneur général du Languedoc, renonça une deuxièine fois au monde et revint au couvent. Sa fille Mar- . gucrite, unique héritière d’un grand nom et d'une immense fortune , fut exilée par Richelieu en Italie avec le duc de Guise, son second époux. Elle revint en France après la mort de son mari et de ses enfants. « Cette roble et vail- « Jante famille ne s'est pas éteinte. comme l'a si bien dit « M. F'édié. dont nous aimons à relire souvent les écrits ;

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« elle est tombée sous les coups d'une destinée impla- <e cable, » |

. En 1646, la baronnie d’Arques et Couiza fut vendue au marquis Claude deRébé, neveu de l'archevêque de Narbonne, marié à Jeanne d'Albret, parente de Ilenri IV. Elle resta entre ses mains ou celles de ses descendants durant un siècle. Les marquis de Rébé ont fait de grands travaux : ils ontreconstruit l’église de Couiza . le pont de Salz el le pont d'Aude, élargi la roule et construit le bälardeau. grand éperon en picrre de taille qui protège le bourg contre les empièlements du fleuve.

En 1546, la marquise Marie Joscphe de Réhé. veuve du marquis du Bourg, restée sans enfants, vendit son marquisat à Castanier d'Auriac. dont la fille unique, mariée au marquis de Poulpry, lieutenant général du roi, le conserva jusqu'à la Révolution.

Ce n'est point sans un sentiment de respect et d'adimiration pour un passé rempli de grandes vicissitu- des et de magnanimes actes de patriotisme que nous saluons, en repassant le seuil. ce grand monument qui a servi. à la fois, de demeure et de refuge à nos aïeux.

[T. CHATEAU DE COUNSTAUSSA

Nous partons pour Coustaussa en suivant Fancien che- min dit du Pech.

Coustaussa est un petit village de 00 habilants. situé à 3 kilomètres de Couiza, sur Je bord d'un plateau élevé qui domine la vallée de la Salz. L'origine de ce village remonte au vin‘ siècle. J'ai out dire que le nom de Coustaussa pourrait bien avoir des rapports avec le mot Cuslode et signifier gardien de à vallée. Le château ne fut construit que dans le xu° sitele, avant les guerres du Moyen Are.

Raymond Trencavel, fils de Roger. vicomte de Beziers et

19 2

comte du pays de Rhedæ . fit abandon à Pierre de Vilar, son viguier de Rhedæ , du village de Coustaussa, à condi- lion qu’il y bâtirait un château devant contribuer à la défense de la contrée. Pierre de Vilar réalisa sa promesse en 11957. Il établit son château-fort sur un grand rocher à côté du village: le bâtiment avait 45 mètres de long, 17 mètres de large et 15 mètres de haul: les murs, de 1". 20 d'épaisseur, élaient revèlus extérieurement de gros moëllons d'appareil. Le château était entouré par un grand rempart rectangulaire de 100 mètres de long, sur ho mètres de large, 10 mètres de haut et r mètre d'épaisseur. Au-delà du rempart, il exislail encore d'autres murs de défense . surtout du côté de la vallée, on les voit encore échelonnés sur le flanc du côteau.

La porte d'entrée du chälcau élait au -ud, sur le milieu de la facade. à 6 mètres au-dessus du niveau du sol : elle était précédée par un porche carré qui formait avant- corps, avant 6 mètres de chaque côté. l’on accédait au moyen d'une rampe maçonnée formée par une série de fo marches en pierre de taille. Au sommet de la rampe, se trouvait un grand arceau destiné à fermer l'entrée du porche : c'était. disent les anciens , à l'aide d'un masso-cap, masse-tète, ou porte blindée suspendue par des chaines et qu'on laissait lomber sur la tête des assiégeants. Au-delà de cet arceau. élait le pont-levis, qui occupail toute la surface du porche; quand le pont était levé et dressé du côté gauche contre la véritable porte du château, il laissait à découvert un grand vide béant sous les pieds, véritable puits sec, de 15 mètres de profondeur, qui occupait aussi toute Ta surface du porche. Un machicoulis. à l’étage supé- rieur. permettait en outre de verser sur la tête des assaillants de l'huile bouillante et autres matières fondues,

En cas de siège, il était donc absolument impossible à

l'ennemi de pénétrer dans le château en passant par la porte. |

Re

Le porche servail, en outre. de point de vue par Île moyen d'un troisième arceau faisant face à la vallée. C'est de ce point de vue que le seigneur de Coustaussa, au moyen d'un porte-voix, correspondait avec celui du château de Rhedæ, que l'on voit en face, de l’autre côté de la vallée, à une distance de 4 kilomètres.

Avant d'arriver à la rampe du porche ; il y avait trois portes à franchir : celle de la rue. au levant, celle du cou- chant. à côté de la loge du gardien et celle du rempart.

Le château de Coustaussa pouvait donc passer sans con- tredit pour un des micux fortifiés d'alentour et, dès 1172. quatre gentilshommes de la contrée faisaient serment à Limoux, sur les saints Evangiles, de venir. dans le danger . préter leur aide à Pierre de Vilar pour en assurer la défense.

Pierre de Vilar avait déjà pris part à la défense de la cité de Rhedæ en 1170. attaquée par le terrible roi d'Aragon. Alphonse IT, qui s'en empara ct la fit raser. Plus tard, en 1210, il prit encore part à la bataille qui fut livrée dans la vallée, sur les bords de la Salz, contre les armées de Simon de Montfort ; les croisés restés victoricux montèrent à Coustaussa et prirent d'assaut le chäleau, défendu seu- lement par les débris de l'armée vaincue. Quelques mois s'étaient à peine écoulés. lorsqu'un second siège fut ordonné pour avoir raison de la résistance des habitants révoltés, qui sétaient enfermés dans les enceintes du château. Mais l'ennemi, encore vainqueur, -fui cette fois sans merci; la garnison fut massacrée et les habitants chas- sés du village; la tradition ajoute que leurs maisons furent livrées au pillage, leurs effets transportés dans l’une des cours du château et incendiés, et que c’est à ce foyer que l'on doit attribuer l'état de calcination des moëllons du rempart, que l'on observe à côté de la chapelle.

Le fief de Coustaussa , après Îles guerres . fut concédé par le roi de France à Montesquieu , Scigneur de Roquefort- de-Sault. Les anciens racontent que les juges de Limoux se

nn rendaient périodiquement dans la grande salle du chäteau de Couslaussa, pour y tenir audienceet Y juger les affaires du pays de Sault.

Peu à peu le château de Coustaussa. faute de répara- tions. est devenu inhabitable. En 1819, afin de se soustraire aux nonrbreuses charges d'impôt et d'entrelien de son immeuble , M. Azaïs, d'Arques. fil opérer la démolition de loutes les charpentes. Il s'en servit. en 1820. pour réparer la chaussée de son moulin. emporlée par l'inondation et il en resta encore des quantités. qui furent vendues aux paysans d'alentour.

De ce bâtiment. il ne reste donc plus aujourd’hui que quelques grands murs qui s’écroulent et des ruines, qui m'ont servi. avec l'aide des renseignements fournis par les anciens du village, à le reconstituer tel que le représen- lent les croquis ci-annexés. |

Le sieur Fraisse, de Coustaussa , qui possède une partie de ces lieux en ruine, arecueilli, dans les décombres, une pierre armoriée de 0" 50 centimètres en carré dont il m'a fait don : l'écu porte 4 chevrons renversés et concentriques. On s'est souvenu que ces armoiries étaient placées à l'extérieur du porche . au-dessus de la porte d'entrée.

Depuis un temps immémorial, on possède à la mairie sept lances à douille , en fer, de o" 6o de longueur , inven- lorices , qui sans doute faisaient partie autrefois des armures du château.

Enfin, on Y conserve encore un vieux parchemin écrit en latin qui parait être du xu° siècle; il mesure 0" 65 de largeur et 1" 50 de hauteur; je l'ai communiqué à M. l'archiviste du département par l'intermédiaire de notre collègue M. Alieu, archiviste-adjoint, lequel voudra bien,

je l'espère. nous en donner le sens quand le texte aura été déchiffré,

he 1. CARRIÈRES À PLATRE

La colline dominante de la contrée est parallèle aux Pv- rénées : celle longe. au sud. la rivière de la Salz et se conti- nue à l'oucst. Ieg long et au sud de fa rivière de Fa cet de Rouvenac. après avoir été traversée par la riviére d'Aude à angle droit. Cette colline est formée par des assises sédi- imentlaires relevées verticalement :. la couche qui a résisté le plus a l'érosion ct qui forme l'arèle supérieure. appartient au calcaire sublithographique : au nord de celle-ci vien- nent s’adosser l'énorme masse des marnes rouges du terrain yarumnien el tout l'étage nummulitique. qui forme le sol de Ia vallée.

C'est à la base des marnes rouges du garumnien que se trouvent, également redressés. les dépôts séléniteux des carrières à plâtre. Ces dépôts appartiennent au grand lac pyrénéen qui les forma. Uhaque chaine des Pyrénées les renferme dans son sein et l'industrie ne manque pas d'en exploiter les affleurements partout ils se montrent. Dans la direction de la chaîne de l'Esquerde , on les exploite à Saint-Paul, à Caudiés. à Lsson, à Tarascon : dans la chaîne de Saint-Antoine de Galamus. à Padern., à Duillac, à Cubie- res el Camps. Le soulèvement de Cardou et de ses contre- forts a fait dévier la colline qui porte les plätres de Couiza. laquelle, par suite, se dessine , à 3 kilomètres en amont de Couiza. à travers la rivière de la Salz. forme sur la rive droile ses affleurements du Roc-blanc. du hameau des Cla- piers, de Serres et d'Argues et revient sur sa direction à J'ourtou et à Massac.

De tout temps. on a exploité les carrières de Couiza. D'abord on attaquait le filon par des tranchées à ciel-ouvert : on descendait en biaisant jusqu'à 15 et 1S mètres de pro- fondeur pour atteindre le g\pse: mais l'enlèvement des déblais donnait lieu à de fausses manœuvres el à des dan-

sers, Vers l'année iS63, les parois de Fune de ces galeries

= A7 s'éboulèrent. surprenant les ouvriers mineurs en plein chanlier : tous furent ensevelis jusqu'aux dents; grâce à la promptitude des secours, ils en furent quittes pour la peur ; mais ils abandonnèrent leurs outils enfouis dans le sol et, depuis lors, on ne travaille plusqu'en galerie souter- raine.

I y a deux carrières en exploitation, celle de M. Siau Urbain et celle de M"° veuve Méric. M. Siau a eu l'obli- geance de nous faire visiter la sienne , ouverte depuis une quarantaine d'années, dans laquelle on pénètre par une grande ouverture praliquée sur le flanc de la montagne. Les assises de gypse ont suivi le mouvement des couches cré- tacées ; elles sont verticales et formées de plusieurs bancs alternés de pierre grise ct de pierre brune. La pierre grise est dure , se laissant à peine cliver par l'ongle el marbrée : elle donne du plätre blanc de première qualité : la pierre brune, dont la composition se ressent des marnes rouges du garumnien, est impropre aux travaux de construclion.

M. Siau a allaqué Ja picrre grise en descendant en co- limaçon allongé autour des masses brunes: il a fait ainsi une spire et demie et un parcours de 300 mètres. Arrivé à Ja profondeur de 20 mètres, il a renoncer à aller plus loin : d’abord le trajet ascensionnel fatiguait les chevaux ; puis on devait sortir, à mesure ct à l'aide de pompes, les eaux d'infiltration qui s’accumulaient dans Ie: bas; enfin. M. Siau prétend que la pierre grise se faisait rare.

Nous avons tous pénétré, munis de bougies et de lampes de mineur , dans les profondeurs du souterrain ; mais après un parcours de 200 mèlres. nous avons battre en retraite, la partie suivante élant complètement envahie par Îles caux.

M. Siau a ouvert sa carriere sur un autre point : mais avant d'aticindre les couches gypsifères . il lui a fallu ouvrir un tunucl de 70 mètres de longueur à travers les marnes rouges du garumnien ; celles-ci contiennent, vers le milieu,

ni

cl

18 un banc de poudingue de 2" d'épaisseur; on y irouve, en outre, çà et là, des tablettes cristallisées de gypse soyeux. Sur ce point, M. Siau attaque le gypse de front par une galerie horizontale de 5" de large sur 5" de haut.

Nous avons visité ensuite la carrière de M"*° veuve Méric. sous la direction du chef mineur.

On arrive dans les galeries par une tranchée de 15 mètres pratiquée dans les marnes rouges.

Deux bancs de pierre grise sont exploités parallèlement et horizontalement depuis une vingtaine d'années. Les deux galeries souterraines mesurent déjà chacune plus de 200 mètres de longueur ; elles sont séparées par un banc de pierre brune qui sert de pile aux deux voûtes contiguës On avance en ménageant une rampe de demi-centimètre par mètre pour assurer l’écoulement des caux d'infiltration vers l'orifice. La voûte, épaisse de un à deux mètres, supporte la couche des terres livrées à la culture qui mesure souvent quinze mètres d'épaisseur.

En ouvrant un tunnel pareil à celui de M. Siau, à travers le flanc de la montagne, on pourra ultérieurement venir. à l'aplomb de ces deux galeries et en contre-bas. continuer le même procédé el, sauf l'épaisseur à laisser pour les nou- velles voûtes, mettre les bancs de gypse entièrement à profit.

Ici se pose naturellement la question de savoir si, en présence de l’activité dévorante des exploitants, il restera assez de plâtre pour nos arrière-neveux. L'ensemble des filons mesure une épaisseur moyenne de 20 mètres. mais on n’exploite que les gris, dont l'épaisseur moyenne est moitié moindre. Porté au four, cuit et mis en poudre, un mètre cube de gypse donne vingt-cinq sacs de plâtre de 5o kilo- grammes, que l'on vend sur place o fr. +5 l'un : le cube de la pierre sortie de la carrière de M" veuve Méric, ouverte depuis vingt ans, peut être évalué à (2 X 200 X 4 X 3) X 25 = 120,000 Sacs, ou nu 17 Sacs par jour, ce qui représente une valeur totale de : 120,000 X 0.55 = 90.000 fr.

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En supposant la largeur moyenne du filon gris de 10 mè- tres et la hauteur utile de 20 mètres, on obtient 10 X 20 X 25 == 5.000 sacs de plâtre, ou une valeur de 5,000 X 0,75 = 3,750 fr. par mètre courant de montagne.

Si l’on compte un produit total pour les deux carrières, Siau et Méric, de 50 sacs de plâtre fabriqué par jour, il faudrait 1 kilomètre de montagne pour 2" = 274 ans, ce qui permet d'envisager sans crainte les besoins de nos arrière-neveux.

IV. RECHERCHE DE FOSSILES

(Collection de M. Gabelle

Ma collection avait aussi, incidemment ce jour-là, une place dans le programme.

Elle était déjà connue de plusieurs membres de la Société, lorsqu'elle fut recommandée à l'attention des amateurs. dans la séance du 15 février 1891, par notre obligeant col- lègue , M. Gavoy, qui l'avait étudiée pendant une de ses explorations privées : je ne m'attendais pas qu'il dût en résulter une visite officielle qui m'a été très-flatteuse.

Cette collection n’est qu’un mythe si on la compare à celles des vrais amis de la science. qui savent y consacrer une partie de leur vie et mème de leur avoir : mais elle a le mérite d'être locale, d'avoir été formée sans le recours aux échanges et de contenir. dit-on. en pa- léontologie, ce qui a été recueilli de plus rare et de mieux conservé dans les nombreux terrains fossilifères du pays.

Mon compte-rendu étant déjà assez volumineux, je ne m'étendrai pas longuement et je n’en ferai qu’une descrip- tion sommaire.

La collection se divise en quatre parties.

en 1°” ARCHÉOLOGIE

La partie archéologique témoigne que notre canton de Couiza est habité depuis les temps les plus reculés.

J'ai recueilli sur place : Plus de 100 haches en pierre polie (d. Une hache en bronze.

Epoque Un racloir en pierre polie. préhistorique. Des pierres polies à usage indéterminé. Des pointes de flèches en silex blanc dentelées. l Monnaies de cuivre. Monnaies d'argent. Pavé de mosaique en marbre d'Italie. Epoque Sonnette en bronze.

Gallo-Romaine. Pointe en bronze. Fibule en bronze.

Francisque en fer.

Lampe en terre cuite. Monnaies de cuivre. Monnaies d'argent. Monnaies d'or (Aragon Rex: Médailles et médaillons, Cachets en bronze.

Clefs et cadenas,

Poids en bronze.

Boucles en bronze.

Epoque du Spatule en bronze. Moyen-Age. Montres de coffre-fort en bronze.

Encensoir en bronze.

Lances, pointes en fer.

Soc’ de charrue en fer.

Divers instruments et objets en fer. Gobelet en corne, daté de 1643. Faiences.

Livres, gravures, tableaux, etc.

ee 245 2 = —— +

(4) La plus petite est un vrai bijou en agate et la plus grande, une serpentine, dont la parfaite conservation et la longueur (0,28 centi- mètres) en font, sans contredit, l'une des plus remarquables qu’il v ait dans la contrée.

OR

MINÉRALOGIE

La minéralogie comprend toutes les roches de sédiment et les métaux qui se rencontrent dans les Corbières.

PALÉONTOLOGIE

C’est la paléontologie qui occupe le plus d’espacc dans les vilrines ; elle comprend tous les fossiles qui caractérisent les terrains tertiaire et secondaire de nos montagnes. en descendant jusqu'aux couches de l'Albien et du Néoco- mien.

On compte :

Des échinodermes. dont un Ciduris sabaralensis d'une parfaite conservation, de Soulatge :

Des radioles ou baguettes. de Rennes-les-Bains ;

Des Polypiers de tous les étages. dont les plus remarqua- bles viennent du néocomien de St-Louis ;

Des Céphalopodes. dont une moitié d’Ammonile à tèt per- sillé, de 1"20 de diamètre, pesant 400 kilogrammes, venue de Soulaige ;

Des Rudisles très variés, dont des Hippuriles de toute taille, depuis 0,01 centimètre jusqu'à o,40 centimètres de longueur ;

Des Gastéropes très-nombreux. depuis la taille microsco- pique jusqu'à celle de 0.20 centimètres :

Des Acéphales très-nombreux, depuis la taille microscopi- que jusqu’à celle de l'huitre de 0.15 centimètres de diamètre el de o,10 centimètres d'épaisseur :

Des Foraminifères ;

Des Silliolites :

Des vertèbres de replile ;

Plusieurs fragments d'os de grands mammifères, dont l'un mesure 0,13 centimètres de diamètre, sortis du terrain garumnien :

Des dents, dont trois horizontales sur un fragment de palais. des lerrains crélacés de Soutalge ;

Double empreinte d’un fossile se rapprochant du fongite fer à cheval décrit par don Lamée, etc., etc.

STATION PRÉHISTORIQUE

Enfin . la quatrième partie de la collection se rapporte à unc station préhistorique découverte en 1887, au centre de la plaine du Razés. entre les villages de Lasserre-de-Prouille et de Laforce, au lieu dit La Font-Vieille.

En faisant creuser un puits de trois mètres en carré, dans le thalweg d’un petit vallon, j'ai recueilli, à la profondeur de 5 mètres, une grande quantité de débris de cuisine, qui témoignent l'existence, sur ce point, actuellement occupé par des jardins, de l'homme primilif à l'époque de l’âge de pierre.

J'ai recueilli et conservé :

Quantité d'os et de mächoires de pachydermes, de rumi- nants, etc., ainsi que des dents :

Un fragment de crâne humain ;

Un fragment de mâchoire humaine portant une dent molaire ;

Trois polissoirs en grès el en granit :

Un nucleus ;

Des fragments de diverses poteries. dont l'une cuite au soleil :

Enfin un racloir travaillé, en os, de douze centimètres. en très-bon élal.

Il est évident que de nouvelles fouilles pratiquées à côté, qui seraient , au reste, très-coùleuses à cause de l’abondance des eaux d'infiltration . amèneraient à la formalion d’une liste bien plus complète.

Telle est ma très-modesle collection; j'ai mis vingt ans à la former, pièce par pièce. et je serais trop heurcux si elle avait pu intéresser un instant mes collègues. Elle démontre, du moins, que l'on doit s'appliquer partout à la recherche des éléments qui sont de nature à être collectionnés, afin d'arriver à la formation d’un vaste chanp d études.

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Notre vallée nummulitique de Couiza s'étend, transversa- lement à celle du fleuve de l’Aude, depuis le village de Cassaignes au levant, jusqu'à celui de La Scrpent au cou- chant, sur une longueur d’environ 10 kilomètres. La cou- che fossilifére y est très-variable; elle existe, du côté nord de la vallée, au lieu dit le Pech, entre Couiza et Coustaussa , sur le penchant du Roc de France, au sud et au sud-ouest de Montazels: ensuite. du côté du midi . sur le versant des Costes en face de Couïza et jusqu’au cimetière, et sur le versant de Garrenaut depuis la maisonnette du chemin de fer jusqu’au hameau de Croux. Ce dernier ver- sant . qui n’a pas moins de 3 kilomètres de longueur, offre à l'explorateur le champ le plus propice à ses recherches : on peut, sur certains points, y recueillir les fossiles à la pelle.

Sur les autres parties de la vallée. celte couche supé- rieure se trouve remplacée par les assises inférieures du terrain tertiaire, presque toujours dépourvues de fossiles,

En nous rendant de Couiza à Coustaussa, nous avons exploré le Pech et recucilli :

Nunmulites atacica, id. globuüulus, Aperculina ammonca, Serpula quadricarinata, Polypiers Madrepora ornata, Trochocvathus, Teredo Touruali, Radioles et plaquettes de cidaris,

Turritella imbricataria, id. dicosmema, Helix Larteti, Gastéropodes Fusus Lougœvus, Cerithium lamellosum, Voluta Lamberti,

re

Pecten irquivalvis,

Plicatula radiola, Acéphales \céphale | Ostrea Leymern,

id. Bolovaccina,

Eu descendant du Pech, à droite du sentier qui conduit de Rives-Bonnes à Couiza, dans Îles couches inféricures du terrain {ertiaire, nous avons eu un banc de

Lucina Menevdi ;

Si le temps nous l'eùl permis, nous aurions recueilli plus de variétés. car la vallée est très riche en fossiles tertiaires : mais il fallait changer de licu. s'éloigner, tandis que l'itinéraire ne le comportait pas.

Sur les assises inférieures. on br'ouve parfois des fossiles qui n'existent pas dans les couches supéricures : ainsi, sur le sonunel de Montsec, au nord de Montazcls. on recucille

Cuyphosoma atucierun ;

Sur Ja montagne de Brau :

Ostren noutticostote

Sur le versant de Cassaignes :

Des Cerdhoon variés;

Sur un versant de Garrenaut :

Crassolella, ete. ele.

Plus tard, a Société pourra consacrer une excursion parliculiere à l'exploration de tous ces sites qui, quoique tenant cachés les plus rares variétés. nous donneront un ample bulin de fossiles tertiaires.

Voilà. Messieurs. l'emploi de notre premicre excursion de 18ot: tout en abrégeant, j'ai été un peu long dans mon comple-rendu : mais 1e falliuütil peutèlre. afin d'en faire revivre le souvenir parmi nous ct en faire part à nos collè-

gues absents.

Isiboneg GABELLE.

tb EL s TT

RAPPORT SUR L'EXCURSION FAITE PAR LA SOCIÉTÉ D'ÉTUDES Le 3 Mai 1891

À FONTFROIDEF

le PanTiE. RÉCIT DE L'EXCURSION

par M. A. FLEUREAU

Le dimanche 3 mai, la Société faisait sa seconde excur- sion de l’année, à Fontfroide.

Pour la première fois, les excursionnistes bénéficiaient d'une réduction de 50 oo sur le tarif du chemin de fer. etle départ de Carcassonne était plus nombreux que d'ha- bitude. |

Le nombre des amateurs toujours plus grand qui se joignent à nous est la preuve que, par le choix el la variété, nos cxcursions sont très appréciées par le public. Malgré les noms barbares des plantes et des fossiles inscrits sur nos programmes. on peut faire , en effet, dans nos prome- nades scientifiques. autre chose que récolter des plantes ou ramasser des cailloux en parlant latin.

Les amateurs de pittoresque, les amoureux de la nature qui nous accompagnent reçoivent parmi nous J'accueil le plus empressé el le plus cordial ; ils peuvent à leur aise se livrer à leurs chères rêveries. admirer les jolis ciels bleus ct les sites ensoleillés qui abondent dans notre beau dépar- tement. Ils sont quelquefois surpris même de trouver chez nous un enthousiasme que le port du piochon et de la boite verte ne semblait pas faire soupçouner. On oublie trop souvent, en effet, que les sciences naturelles sont, avant

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tout , des sciences contemplatives, et que dans un bota- niste, par exemple , s’il y a quelquefois l’étoffe d’un savant, il y a certainement toujours les idées bleues d’un poète.

Quoi qu'il en soit. nous pouvons affirmer que notre comité d'excursion ne perd pas de vue le but que s’est pro- posé la Société dès sa fondation : multiplier les excursions afin de varier l'intérêt; explorer, dans tous ses recoins . notre département afin d'en étudier toutes les beautés et les richesses naturelles.

Nos collègues Narbonnais. qui devaient nous guider à Fontfroide, nous attendaient à la gare de Narbonne nous arrivions à 7 h. 1 4. . les botanistes apprennent avec regret que notre savant collègue, M. Gautier. ne peut nous accompagner : et c’est sous la conduite de M. Noyer. qui connait fort bien la région à explorer, que nous pre- nons la route de Fontfroide.

Ceite route {de Carcassonne à Lanouvelle) , d'abord plate et banale. devient peu à peu pittoresque à mesure qu'elle s'enfonce dans la région montagneuse: elle côtoie un petit ruisseau qui va se jeter dans la Robine en aval de Narbonne. le Vevyret, dont les eaux se frayent péniblement un passage à travers les collines dolomitiques du Jurassique et les pen- tes calcaires du crétacé supérieur.

Avant de quitter la grande route, nous admirions le ma- gnifique domaine d’Aussières, appartenant à notre collègue, M. Bergasse. Grâce aux soins intelligents du propriétaire , la vieille vigne française a su triompher du phylloxera : elle pointe vers le ciel ses bourgeons d'émeraude qui sont comme un défi jeté à l’insecte dévastateur.

Un petit chemin de terre. les botanistes peuvent com- mencer lcur récolte, nous amène enfin à Fontfroide vers 9 h. 1,2.

Notre caravane comprend 32 membres . tous armés de picches et d'engins bizarres; elle semble unc colonne en marche pour s'emparer de vive force du vicux monastère,

dissimulé dans un recoin de la montagne. Mais, heureuse- ment, nous n'avons ni herse, ni pont-levis à forcer : la solli- citude du Père Etienne, prévenu de notre arrivée , a levé toutes les difficultés. Les portes s'ouvrent toutes grandes devant nous. À voir l’empressement et la cordialité qui nous accueillent, nous comparons volontiers Fontfroide à une autre célèbre abbaye, dont les traditions hospitalières ne sont certainement pas plus spontanément suivies. Il semble que c'est une joie, pour ces moines laboureurs, de recevoir sous leur toit les compatriotes ou les étrangers qui se présentent pour visiter leur vieux cloître.

Après avoir dégusté un vin d'honneur, offert par nos hotes , et déjeuné rapidement, notre petite troupe s’est misc sérieusement en campagne. conduite par le Père Lconce, un intrépide géologue, auquel je suis heureux d'a- dresser les remerciements de tous mes collègues , pour le dévouement qu'il a mis à nous guider.

Mais cette partie de l’excursion sera traitée par M. Noyer, qui a bien voulu se charger du compte-rendu scientifique.

Je me bornerai à ajouter que. après une abondante récolte d'Hippuriles, nous sommes rentrés à Fontfroide, nous avons présenté au Père Jean, le vénérable directeur du mo- nastère, nos remerciements pour la bonne et cordiale hos- pilalité que nous y avons reçue.

Enfin, avant de partir, nous avons eu l'agréable surprise d'un groupe photographique tiré par M. Martinaud, direc- teur de l’usine à gaz de Narbonne. Le cliché ayant été mis gracicusement à ma disposition, j'ai l'honneur d’en déposer une épreuve sur le bureau: les membres qui ont pris part à l'excursion pourront ainsi conserver un souvenir de cette bonne journée.

À 7h. du soir, les excursionnistes étaient de retour à Carcassonne.

A. FLEUREAU.

Paniie. RaPPORT SCIENTIFIQUE

Par M. J, NOYER

Ed

MESSIEURS,

Le 3 Mai 1891, la Société d'Etudes scientifiques de l'Aude visitait, pour la première fois, Fontfroide. Cette intéressante localité se trouve à 15 kilomètres au SO de Narbonne : c'est un groupe de collines, en partie couvertes de pinèdes : au milieu de ces collines et au fond d'une gorge étroite qui s'ouvre sur la route de Narbonne à Thézan. s'élèvent les bâtiments de l'antique et hospitalière abbaye de Font- froide.

En raison de l'intérét qu'excite ce monastère, permettez- moi, Messieurs, de consacrer quelques lignes à son histoire, avant d'entrer dans des détails sur la constitution géologique et la flore des environs de Fontfroide. J'ai emprunté tous les détails qui vont suivre à l'excellent ouvrage de M. E. Cauvet. (1).

L'abbaye de Fontfroide a été fondée en l'an 1095 : ce n'est qu'un demi-siècle après sa fondation qu'elle fut affiliée à l'ordre de Citeaux par l'abbaye de Grandselve. Dès cette époque la nouvelle abbaye alla sans cesse en prospérant ct. du xi° au x1v° siècle, sa puissance égala celle des plus grands feudataires. Elle rendait alors la justice dans plusieurs sei- gneurics importantes, comine SLNazaire, Marcorignan. Maillac, Hauterive. Tuchan. etc. En possession de nombreux domaines, non-sculement dans la contrée. mais jusque dans le Roussillon, la Catalogne cet l'Aragon, ses revenus étaient considérables : au x siècle, ils étaient estimés. pour le diocèse de Narbonne seul, à vingt-cinq mille livres tournois de rente annuelle, (environ 2,532,500 fr. de notre monnaie).

--——

(l) Etude historique sur Foutfroide, de 10993 à 1790. Paris, IR7n,

_— 00

Fontfroide, fille de Grandselve, devint à son tour la mère de deux abbayes qu'elle fonda ; la première, celle de Poblet, au milieu du xun° siècle, dans le vallon de Lardeta près de Tortose : la seconde, celle de Valbonne, en 1242, dans le diocèse d'Elne.

L'abbé de Fontfroide avait encore sous sa juridiction trois abbayes cistertiennes de femmes : le couvent des Olieux près Narbonne : celui de Rieunetle dans le canton de Saint- Hilaire : enfin, le monastère d'Eule non loin de Perpi- gnan.

Parmi les religieux célèbres qui sont sortis de Fontfroide, on cite : Pierre de Castelnau, qui combattit l’hérésie albi- gcoise en qualité de légat du Pape, et Jacques Fournier, qui, par une circonstance fortuite, fut élu pape et succéda à Jean XNXIT sous le nom de Benoït XII : il fixa. comme on le sait, sa résidence à Avignon : c'est lui qui fit bâtir dans celte ville le palais des papes.

L'abbaye de Fontfroide resta riche et puissante jusque vers le milieu du xiv° siècle. Après cette époque, sa fortune et son aulorilé diminuèrent de jour en jour.

L'établissement de la commende à Fontfroide, en 14-6, fut le commencement de sa ruine. Les abbés commendataires. chargés exclusivement de l'administration du temporel. dissipérent sans scrupule les biens de l’abbaye et ne songè- rent qu'à faire leur fortune et celle de leurs parents.

La commende dura à Fontfroide jusqu'en 1764: elle fut remplacée par un simple bénéfice qui fut donné aux évé- _ques de Perpignan. Ces derniers en jouirent fort peu, car la Révolution dispersa les religieux et. en février 179r, l'abbaye de Fontfroide élait abandonnée. Les biens qui restaient furent vendus au profit de la nation.

Depuis 1859, ce monastère est habité par de nouveaux cistertiens qui, sous la conduite du vénérable Père Jean, leur abhé, font revivre dans cette vieille demeure la règle austère de Citeaux.

APERÇU GÉOLOGIQUE

Ce n’est pas sans hésitation que j’entreprends cet exposé géologique. car je ne me sens pas assez habile pour Île bien traiter.

Néanmoins, comptant sur votre bienveillance, je vais essayer de vous donner un aperçu de la constitution géolo- gique de Fontfroide , en m’appuyant pour cela sur les études de deux éminents géologues, d’Archiac et Cairol.

Sous le rapport géologique, les collines de Fontfroide appartiennent à la période crétacée. Cette grande période y est représentée par deux terrains bien différents par leur nature minéralogique; l’un, l'étage supérieur. se compose de grès du luronien : l’autre , l'étage inférieur. est formé de calcaires néocomiens.

L'étage turonien forme. au nord et à l'ouest de l’abbaye, des collines d'une altitude de 150 à 200 mètres. Il est cons- titué par de nombreuses assises de grès gris, blancs ou verdâtres souvent micacés , de grès siliceux et ferrugineux. Au milieu de tous ces grès, se trouvent quelques couches de calcaire gris avec rudistes.

Les couches de ce terrain sont inclinées de 30° vers le sud. Elles butent en faille contre les assises néocomiennes.

Nous n'avons pas vu dans ce terrain une grande variété de fossiles ; mais les Jippuriles ÿ sont très-abondantes. Les couches calcaires surtout en renferment une grande quan- tité, mais il est bien difficile, pour ne pas dire impossible , de les extraire de la roche. Nous avons pu nous procurer, dans le sable d’un ruisseau, plusieurs exemplaires assez parfaits d’Hippuriles cornu-vaccinum et Sphrerulites Sauvagesi”? Nous avons trouvé, en outre. dans des blocs de grès ferrugi- neux, des Æhynchonelles et des débris de Trigonies |

Le crétacé inférieur de Fontfroide appartient, d’après Cairol, au néocomien supérieur de M. Hébert (aptien de d'Orbigny). Cet étage est constitué inférieurement par des

= 31 = marnes argileuses avec lits de nodules : des calschistes et des schistes noirs, ces derniers noduleux; puis, par une alternance de marnes et de calcaires jaunâtres pétris d'Or- biltolines. Cette série de couches est inclinée de plus de 70° au sud.

Viennent ensuite des calcaires compactes à Réquiénies supportant des argiles grises schistoïdes entre deux assises de calcaires jaunes en plaquettes à Orbitolines.

Les fossiles que l’on trouve le plus souvent dans ce terrain sont. avec les Orbitolina conoïdea et Orbitolina discoïdea , Ostrea aquila, Corbis corrugata, Terebratula sella, Exogyra sinuata , Rhynchonella lata.

APERÇU BOTANIQUE

. Fontfroide offre surtout un grand intérêt au point de vue botanique ; ses collines, les unes siliceuses, les autres cal- caires, donnent naissance à une flore riche et variée. Mais ce qui distingue cette localité, ce qui la rend surtout intéres- sante. ce sont les Cistes, qui croissent avec profusion dans d'étroits vallons nommés Combes-Chaudes ; on rencontre presque toutes les espèces du genre.

Malheureusement, au moment de notre passage, ces plantes n'étaient pas en fleurs: nous avons nous contenter d'admirer les beaux buissons du Cistus populifolius dont les bractées commençaient à peine à se développer. Au point de vue botanique notre excursion a eu lieu un mois trop t ; aussi avons-nous bien peu de fleurs à nommer.

Parmi les plantes en état d’être récoltées lors de notre excursion, je signalerai : le Cheiranthus cheiri abondant sur les murs du couvent ; sur les terrasses nous avons pu nous procurer Cardarmine hirsuta. Asparagus acutlifolius. Vinca media. |

Sur les collines calcaires, du côté de l’'Escalier, nous avons récolté le Rosmarinus officinalis, l’Antirrhinum mqgus et une bonne espèce méridionale, l'Erodium petrœum. Tout près du

32 monastère un de nos collègues a pu atteindre à de belles touffes d’Alyssun spinosum, qui garuissaient les anfractuo- sités d'un rocher escarpé. Dans les Combes Chaudes, nous avons fait de magnifiques bouquets d'Erica arborea qui y croît en abondance el nous avons pu ajouter à notre liste :

Geum sylvaticum. Pinus maritima. - Ulex parviflorus. Polvgala vulgaris. _ Arabis Thaliana. Cephalanthera ensifolia.

Asphodelus albus.

Enfin. dans les vignes, les champs ou sur Îes bords des chemins , nous avons remarqué :

Erodium romanum. Muscari comosum,

ciconium. Lithospæmum arvense. Podospermum laciniatum. Geranium rotundtfolium. Tragopoyon australis. Trfolium stellatum.

Voilà. à peu près, toute notre récolte le 3 mai: comme on le voit, elle n'a pas élé très abondante et nous som- mes bien loin du nombre d'espèces que ces mêmes endroits nous eussent fourni un mois plus tard.

Vous auriez, Messieurs, une bien faible idée de la flore de Fontfroide . si vous n'aviez que cette courte nomencla- turc pour guider votre appréciation. Aussi je complèterai ce compte-rendu par la liste des plantes que l'on peu trouver à Fontfroide dans les premiers jours de juin.

Le long du chemin qui mène à l'abbarye :

Ranunculus arvensis L. | Gyuoglossum pictum Tit. Trifolium scabrum [.. cheirifolium FE.

fragiferum L. Hedypnois cretieca Wild. Astragalus hamosus FL. Lathvrus latifolius L. Stachys recta L. var : angustifotius GG. Onopordon Illyrieum L. Filaso gallica L. Euphorbia serrata [. Bellis perennis L.

helioscopia L. Oruithopus compressus L.

Dianthus prolifer L. Audrvala sinuata L. Onobrychis caput-galli Lamk. Urospermum Dalechampii Desf,

Carduus spinigerus Jord. | Nigella Damascena L.

= 11 >

Sur les collines calcaires :

Dorycnium suffruticosum Vill. Euphorbia characias L. Umbilicus pendulinus DC. Pallenis spinosa Cass.

Ajuga chamæpytis Schreb. Silene italica Pers.

Silene inflata DC. Scorpiurus subvillosa L.

Linum narbonense L. Convolvulus cantabrica L. Paronychia argentea Lam. Astragalus monspessulanus L. Allium roseum L. Aphyllanthes monspeliensis L. Euphorbia nicæensis All. Argyrolobium Linnæanum Walp.

Spiræa filipendula L. Dans les Combes Chaudes :

Cistus albidus L. Orchis bifolia L.

monspeliensis [. Helianthemum guttatum DC. Silene gallica L. pilosum Pers. Jasione montana L. Cistus populifolius L.

Tolpis barbata Gœærtn. salviæfolius F. Cistus crispus L. longifolius L. Betonica officinalis L. albido-crispus Delile. Teucrium scorodonia L. crispo-albidus Reg. Hypochœæris maculata L. corbariensis Pourr. Brunella alba Pall. fiorentinus Lam. Veronica chamædrys L. Cytinus hypocistis L. Colutea arborescens L. Kermesinus Guss. Rumex acetosella L. Arbutus Unedo L. Centaurea pectinata L. Lavandula Stæchas L. Limodorum abortivum Schwartz.| Erica cinerea L.

Orchis picta Lois. scoparia L.

Dans les parties boisées :

Briza maxima L. Aira caryophyllea L. Linaria Pelisseriana DC. Tamus communis L. Potentilla hirta L. Calycotome spinosa Link.

Genista pilosa L.

Enfin, pour terminer, je mentionnerai trois plantes inté- ressantes qui croissent dans de petits ilots rocheux au milieu des vignobles de Quillanet, tout près de Fontfroide, ce sont : Trirago apula Slew., Thapsia villosa L , Ornithogalum Narbo- nense L.

J. NOYER.

8

COMPTE-RENDU DE L'EXCURSION

Des 17, 18 Ma! 1891 DANS LA MONTAGN E-NOIRE ALZAU. LAMPY. SAINT-FERRÉOL.

Par M. L. MALAVIALLE Maitre de Conférinces à la Faculté des Lettres de Montpellier.

BIBLIOGRAPHIE

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CARTE D’ETAT-MAJOR. Feuilles de Carcassonne et de Castres.

DE ROUVILLE. Carte géologique du département de l'Aude.

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DOM VAISSETTE ET DOM DEVIC. Histoire du Languedoc, édition Privat, Toulouse. 1876-1877. Tomes XIII et XIV.

Aux derniers congés de la Pentecôte , la Socicté d'Etudes Scientifiques de l'Aude, de Carcassonne, s'élait concertée avec la Sociélé d'Etudes des Sciences Naturelles de Béziers pour organiser une excursion dans la Montagne Noire. à la prise d'eau d’Alzau et aux bassins de Lampy et de Saint Ferréol. Je demandai et j'oblins fort gracieusement la permission de me joindre à cette caravane, dans laquelle je comptais quelques amis.

Me voilà donc parti de Montpellier le samedi soir, 16 mai. à 4 heures. A Béziers, montent dans le même train les membres de la Société d'Etude des Sciences Naturelles, parmi lesquels je reconnais un habitué des excursions alpines ; M. Rulland. un de mes anciens élèves du Lycée de Montpellier, M. Astruc, avec son père, qui me présen- tent au président M. Cannat. professeur au Collège, et à l'organisateur, M. Crozals, À Narbonne, nouvelles recrues, dont M. Sol, directeur du Vigneron Narbonnais, et sa fille . M": Sol. À Carcassonne. les membres de la Société d'Etudes Scicntifiques nous attendent à la gare. le pré- sident, M. le D' Petit, et l'organisateur, M. Donnat, pro- fesseur au Lycée , en tête, M. Auriol, professeur départe- mental d'agriculture, etc. On nous conduit à l'hôtel Bonnet : on nous offre un thé et un punch: réception des plus cordiales ; discours de M. Petit: réponse de M Cannat; présentations réciproques; indications som- maires du lieu et de l’heure du départ; bonsoir et

bonne nuit.

—— 37

I. DE CARCASSONNE À ALZAU.

Le lendemain matin, à 6 heures, rendez-vous au Jardin des Plantes: une cinquantaine de membres: départ en voiture, vivres dans le sac. Malheureusement, le soleil n'avait pas voulu être de la partie. Le temps était brumeux, menaçant, froid : de gros nuages couvraient Île ciel, et une bise glaciale d'hiver. le fameux cers, soufflait sur les visages. Nous nous mettons pourtant en chemin bravement , faisant contre mauvaise température bon cœur, sur la route nativ- nale de Carcassonne à Toulouse. Nous traversons le nouveau canal et la ligne du chemin de fer du Midi; nous longeons les collines verdoyantes qui dominent la rive droite du Fresquel et l'ancien tracé du canal qu'on aperçoit dans le fond de la vallée. {r) Nous franchissons Pennautier, et nous arrivons à Pezens. Ici nous quittons la route nationale, nous traversons le Fresquel, et nous prenons un chemin plus modeste, plus étroit et plus accidenté qui se dirige vers le Nord, par monts et par vaux, à travers des plateaux monotones de terrain numinulitique et de calcaire

(4) Lors de la construction du canal du Languedoc (1668: , les habi- tants de Carcassonne ayant refusé de participer aux dépenses assez considérables (excavations dans le roc, nombreux ouvrages d'art) nécessaires pour l’amener sous les murs mêmes de la ville, on le fit passer le long du Fresquel, sur la rive droite, derrière le coteau de Grasailles, à une distance de 2 ou3 kil. C'était un affront, un ennui et un inconvénient , qu'ils ressentirent vivement plus tard. Ils réclamé- rent et consentirent cette fois à supporter les frais de la rectification (4777). Les Etats du Languedoc acceptèrent leur proposition (12 mar° 4778), et l'ingénieur Garipuy fut chargé de dresser un projet (11 décembre 1779), qui fut adopté le 9 février 1786 et exécuté entre 1786 et 1810. C’est le nouveau tracé, qui abaudonne la rive droite du Fresquel après Pennautier, remonte vers Carcassonne par le bois de Serres, forme le port, suit le coteau de Grasailles et la rive gauche de l'Aude et va rejoindre l’ancien au-dessus du pont-aquedue du Fresquel Pont Rouge, près du confluent des deux riviôres.

38

marneux, des landes marécageuses couvertes d’ajoncs, de genêts et de bruyères, qui continuent vers l'E. le camp d’Alzonne. Le paysage n’est pas beau, et le temps est affreux : un froid d'hiver, des rafales de vent glacé et de pluie mêlée de grésil ; cela dure ainsi jusqu'à Brousses. Jci nous entrons dans les terrains primitifs de la Montagne Noire, dans le gneiss. L'aspect du sol change, devient plus pitto- resque : la température se fait plus clémente, et le soleil consent à éclairer de quelques rayons le site embelli. Le village est assez médiocre ; un amas de masures basses. superposées en amphithéâtre. Mais quel délicieux vallon, quel joli ruisseau nous traversons sur un pont au sortir des maisons, à l'Ouest ! Un torrent encaissé entre des murs de granit tapissés de verdure, et roulant de bloc en bloc, de cascade en cascade, ses eaux vives, claires et bruyantes, tantôt noircies par la sombre verdure, tantôt blanchies par l'écume ; au-dessus du pont, et au milieu des arbres, une manufacture on effiloche de vieux chiffons ; les gorges. que je remonte quelques centaines de mètres, se prolongent vers le N.-E., du côté du Cabardès, d'où vient la rivière. qui est un affluent de la Dure, laquelle à son tour vient rejoindre à Montolieu l’Alzau, pour aller se jeter ensuite dans le Fresquel par Moussoulens. un peu en amont de Pezens.

Nous nous élevons progressivement sur les flancs des montagnes granitiques par une route en lacets. au milieu de prairies verdoyantes et de bouquets d'arbres, de sources ruisselantes d’eau vive. apercevant en bas la plaine du Fres- quel et le plateau d'Alzonne. au loin la ligne ncigeuse des Pyrénées, car le soleil s’est décidé à se montrer. alternant, il est vrai, avec les sombres nuages. Nous traversons Saint- Denis, gros village assez animé, au moins ce jour-là, car c'était l’heure de la sortie de la messe ; les habitants étaient sur les portes des maisons, nous regardant passer avec curiosité, et nous avons croisé toute une troupe de fillettes du couvent. sortant de l’église au son de la cloche. Saint-

39 Denis est sur la rive droite de la Dure et possède quelques manufactures de papier, mises en mouvement par l’eau de la rivière.

Après Saint-Denis, nous montons droit vers le Nord, sur le plateau granitique qui sépare la Dure de l’Alzau, suivant une route bordée de haies de houx , de genêts et de bruyè- res, aux bords tapissés de violettes superbes, mais sans odeur . et de pensées sauvages, entre des prairies humides, dont le tapis verdoyant est tout bariolé de fleurs multicolo- res. Puis, brusquement, nous nous trouvons en face d’un vallon boisé, ruisselant de tous côtés d'eaux vives : c’est la forêt de Ramondens : c’estle vallon et la prise d’eau d’Alzau, la première étape de notre course. Nous y descendons rapide- ment. pressés de déjeuner; puis, la faim apaisée, nous visitons à loisir ce coin curieux de montagne, aussi remar- quable par la beauté de la nature que par le travail de l'homme.

IT. La PRISE D'EAU D'ALZAU

Il serait difficile de réver un site plus charmant. C'est un vallon circulaire, dominé à l’Est par le hameau de Lacombe. dont on aperçoit le clocher à travers les arbres. L'Alzau y entre du côté du Nord, venant, à 4 kilom. environ de là, des sources d’Alzau, en pleine Montagne Noire, dans la forêt de Montaud , à 800 mètres d'altitude environ, par le pas del Riou et les bois de Fonbrune , de la Loubatière, de la Serre Haute et de la Serre Basse . qui dominent le hameau de Laprade. A son arrivée, il est en partie détourné pour former un canal qui alimentait jadis, avant mème les tra- vaux de Riquet. une forge catalane appartenant à la famille Pujol de la Lande, devenue plus tard une usine, papeterie et fabrique de draps successivement, et qui aujourd'hui, étant inutilisé , retombe en cascade dans la rivière d’Alzau à une centaine de mètres plus bas. Entre le lit du ruisseau et la rigole de dérivation . la rive gauche a été transformée en

D parc, alternent des bouquets d'arbres et des tapis de gazon , le tout couronné en haut d’une ceinture de forêts. Au fond du parc et au-dessous de l'usine, une maison d’ha- bitation, celle des Pujol de la Lande, appartenant aujour- d'hui à M"° Marmier. Puis la rivière forme un coude. séparant le département du Tarn, à droite. de celui de l’Aude , à gauche , en face du hameau de Lacombe. C’est à ce coude qu'est la prise d'eau, peu remarquable d’ailleurs : un barrage à poutrelles. avec revêtement de pierres de taille peu élevé et construit sur le plafond même du ruisseau , à 700 mètres d'altitude environ. A côté de la jetée, à droite du cours, sur une place sablée, ombragée de beaux arbres, s'élève le monument érigé en 1837 à la mémoire de Riquet par un de ses descendants. le duc Caraman. C’est un bloc de granit presque rectangulaire, ayant environ 2"50 de hauteur , 1"50 de base et 0"60 d'épaisseur , reposant sut un socle de basalte d'Agde, qui à son tour est élevé sur une masse de granit brut et qu'entoure une grille. Les deux faces présentent chacune une inscription. Celle de l'Est. vers Lacombe , résume en ces termes l’histoire du canal :

PRINCIPAUX FAITS DE L' HISTOIRE DE LA CONSTRUCTION DU CANAL

DES DEUX MERS

34662. 15 novembre Premières propositions de Riquet à Colbert pour la construction du canal. 1663. 18 janvier. Arrêt du Conseil d’Etat qui ordonne la vérification des projets de Riquet par des coin- .nussaires du roi et des Etats du Languedoc.

1664. 7 novembre. Réunion à Toulouse de Ja coinmis- sion chargée de la vérification. 1665. 19 janvier. Rapport des commissaires qui adop-

tent le projet de Riquet et proposent d'ouvrir une rigole d’essai pour conduire les eaux de la Montagne Noire à Naurouse , indiqué pour le point de partage, et Iles distribuer aux deux versants du canal.

1677.

1680.

1681.

41

14 mars. Arrêt du Conseil qui ordonne l'ouver- {ure de la rigole d'essai. |

26 mai. Arrêt du Conseil qui commet Riquet pour diriger les ouvrages de cette rigole.

2 novembre. La rigole d'essai est terminée. Les eaux de la montagne parviennent à Naurouse.

- 9 octobre. Edit qui ordonne la construction du

canal, érige sa propriétéen fief, crée un péage pour son entretien et ordonne la vente de ce fief et de ce péage. 7 octobre. Lettres patentes portant interprétation de cet édit déclarant incommutable la propriété du fief et du péage.

14 octobre. Arrêt du Conseil qui adjuge à Riquet les ouvrages de la première partie du canal comprise entre Toulouse et Trèbes.

1°" janvier. Commencement des ouvrages.

16 et 19 avril. Pose de la première pierre du réservoir de Saint-Ferréol.

17 novembre. Pose de la première pierre de l'écluse de l’embouchure en Garonne.

Mai. Premier essai de la navigation de la Rigole de la Plaine.

14 mai. Adjudication à Riquet de la propriété de la première partie du fief et du péage du canal.

23 janvier. Adjudication faite à Riquet des ou- vrages de la seconde partie du canal comprise entre Trèbes et l'étang de Thau et des ouvrages du port de Cette. |

10 janvier. Arrèt du Conseil qui concède à Riquet la propriété de cette seconde partic du fief et du péage du canal.

1°" octobre. Mort de Riquet.

19-25 mai. Première visite générale du canal faite par d'Aguesseau. intendant du Langucdoc. et ouverture de sa navigalion. Des barques chargées passent de Toulouse à Beaucaire.

Le 49 = 1683. 31 mars-29 avril. Seconde visite générale du canal par l’intendant d’Aguesseau. 168%. 13-28 juillet. Troisième visite générale du canal | par l'intendant d’Ayzuesseau. 19 septembre. Arrêt du Conseil qui règle le tarif _ du péage du canal, 19 novembre. Arrêt du Conseil qui ordonne que les ouvrages du canal soient reçus. 4685. 16 mars. Arrêt du Conseil portant réception dé- finitive des ouvrages du canal. 4843. 4 juillet. Arrêt de la cour royale de Toulouse qui consacre la non-domanialité du canal. La face occidentale, tournée vers l'aval, porte celte ins- cription : Louis XIV régnant Colbert étant son ministre

ICI L'an 1666 P.-P. Riquet s'empare des eaux de la Montagne-Noire, Les conduit à Naurouse Et résout le grand problème De la jonction des Deux Mers,

L'an 1666 Des barques chargées passent De l'Océan à la Méditerrannée.

A la Mémoire De Pierre Paul de Riquet, baron de Bonrepos, Hommage de respect. d’admiration et de reconnaissance De L.-C.-V. de Riquet, duc de Caraman. pair de France. Lieutenant-général des armées du roi. Chevalier de ses ordres, Ancien ambassadeur. 1837

se » à

44 =

Après le monument et de l'autre côté de la place, vers l'Ouest, sur la rive droite de la rivière et de la rigole, dans le département du Tarn, est la maison du garde, puis Îa rigole et la route qui la longe, s’enfuyant le long de la mon- tagne à travers les arbres.

Un peu à l’est d’Alzau et au-delà de Lacombe, sur la hau- leur. on peut mentionner le vallon de Cals. qu’on a essayé aussi d'utiliser pour l'alimentation du canal et l’établisse- ment d’un bassin. Le ruisseau qui y coule, avec un débit abondant et continuel, était employé dès le xvir siècle pour un moulin à scie ou ressègue, dont il est question dans le procès-verbal de visite de d’Aguesseau (25 juillet 1684). La nature du terrain, granitique, recouvert d'un enduit argi- leux et imperméable ; la forme du vallon, resserré à son extrémité inférieure et presque barré par un banc de granit à fleur de terre. sur lequel il serait facile d'établir un bar- rage solide et peu coûteux ; l’étendue du bassin, aussi vaste que celui de St-Ferréol et susceptible de contenir autant d'eau sous moitié moins de charge derrière la digue, toutes ces conditions bien favorables à un projet de ce genre avaient attiré de bonne heure l'attention des ingénieurs. A la fin du xvu‘ siècle, à la suite de la visite de Vauban (1686), l'ingé- nieur Niquet dressa un plan. D'Asté le reproduisit en 1737. Le général Andréossy visita de nouveau cet emplacement en 1800 et en a donné un dessin (2° vol., planche VI). M. Clau- sade, ingénieur en chef du canal à cette époque, avait pro- posé la construction du bassin qui paraissait alors décidée. On y a renoncé depuis, et on s’est contenté de la prise d’eau d'Alzau.

III, La RIGOLE DE LA MONTAGNE ET LE BASSIN DE LAMPY

En quittant Alzau , nous laissons à gauche le torrent , qui descend par une gorge rapide ct profonde vers le Sud pour aller rejonindre la Dure à Montolieu; nous apercevons en

dd

bas une immense surface couverte d'eau, miroïtant sous le pâle soleil; c'estle bassin de Saint-Denis, alimenté par l'Alzau au moyen d’un barrage , et servant à l'irrigation des prairies : et nous suivous vers l’O. la Rigole de la Montagne qui serpente à mi-hauteur le long des croupes boisées de la forêt de Ramondens, dessinant toutes les sinuosités du ver- sant. s’enfonçant dans les vallons, doublant les promon- toires, formant de nombreux. vastes et harmonieux con- tours, pour conscrver une pente à peu près uniforme. La rigole a environ 3" 50 de large et 1 mètre de profondeur ; son cours est régulier, mais assez rapide. Formée au début par la dérivation de l’Alzau. elle coupeles vallées et recueille au passage les eaux des autres torrents qne la Montagne. Noire envoie au Fresquel, le Coudier, le Cantemerle, la Bernassonne (Saissac, Villelongue, Alzonne). le Lampillon et le Lampy , le Rieutort, laissant échapper le surplus, en cas d'orage ou d'inondation , par des épanchoirs ou escampa- dous, ménagés de distance en distance. Entre Alzau et Lampy, elle est tout simplement creusée dans le terrain granitique et imperméable de la montagne. Elle est longée tout le temps à gauche par une route unie, sablée comme une allée de parc, très bien entretenue, qui décrit elle aussi toutes les sinuosités des monts. Cetle route est la propriété de la Compagnie du Midi, qui est actuellement propriétaire du canal: on ne peut la suivre qu'avec l'autorisation de l'ingénieur en chef du canal. Rigole et route sont ombragées par de beaux chènes et disparaissent sous une voûte presque continue de verdure. De temps en temps. au passage d'un vallon ou au détour d’un promontoire, on aperçoit des coins de paysage ravissants. on découvre des points de vue aux perspectives infinies sur les vallées de la plaine. Malgré quelques rafales de pluie, celte promenade de 13 kiloinè- tres environ entre Alzau et Lampy m'a paru une des plus belles possibles ; par un beau temps, par un ciel bleu et un brillant soleil, au moment la végétalion est dans toule sa splendeur , elle doit être féérique.

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Lampy-Vieux ou le Pas de Lampy, c’est le point d'inter- seclion de Îa rigole avee le Lampy . marqué par la maison du garde , on s'arrète quelques instants pour se rafrai- chir. Primitivement, il n’y avait qu’une prise d'eau et un épanchoir. On avait bien, dès 1666. eu l'idée et re- connu la possibilité d’y établir un réservoir, en barrant le vallon : mais Saint-Ferréol ayant été choisi comme plus grand et ayant élé jugé suffisant , on l’abandonna. Ce n'est qu'au xvin siècle, en 1351, lorsqu'on décida Ja construc- tion du canal de Narbonne, qu'on reprit ce projet. Les plans furent dressés par l'ingénieur Garipuy père, qui en dirigea aussi l'exécution, terminée en 1732. On établit ainsi le bassin du Lampy-Neuf, destiné, comme on le voit. à fournir au Canal du Midi le supplément d'eau nécessaire à la Robine de Narbonne.

Ce bassin est situé à peu près à 1 kilom. au N. de Ja maison de Lampy-Vieux et occupe la partie supérieure ct la plus étroite du vallon du Lampy. Il est formé par une digue de barrage de 126 mèt. de long à son cou- ronnement et de 42 inèt. seulement à sa base, parce qu'elle suit les parois évasées des rochers qui enserrent le vallon. Cetle muraille est établie sur un massif de fon- dation de 12 mèt. d'épaisseur sur 1",90 de hauteur, lequel repose lui-même sur le roc vif: elle a 5". 20 d'épaisseur à son couronnement et mesure 16", 20 de haut. Elle contient au total 12,000 mèt. cubes de maçonnerie : remarquable par la hardiesse et la beauté de l'exécution, elle laisse à désirer pour la solidité et elle est sujette aux infiltrations. Derrière la chaussée, le bassin à 773 mèt. de long. 584 mèt. de large, 15 mèt. de profondeur. Il contient environ 2,665,000 mèt. cubes (1) et suffit large-

(1) C'est l'évaluation du général Andréossy. Il est vrai que les di- vers ingénieurs ne s'entendent pas. Garipuy donne 3 millions de mètres. Pin pére 11,964%,241. Pin fils 2,087,620, Clausade , Suivi par Trouvé, 2,221,000,

a 15

ment à la dépense du canal de Narbonne, à laquelle il fournit pendant la sécheresse au défaut des prises inter- médiaires , et qui n’est même pas assez considérable pour l'épuiser ; l'excédent des eaux coule au profit du grand canal. Lorsque la portion du canal inférieure à la traversée du Fres- quel éprouve des besoins d’eau, on en verse directement dans la rivière du Lampy, d’où elles sont conduites dans celle du Fresquel , qui les porte à destination. Quand, au contraire, Île service de la navigation est assuré par les prises de Fresquel, Orbiel, Cesse et Ognon, on fait passer les eaux du réservoir dans la Rigole de la Mon- tagne. On vide le bassin par quatre vannes superposées et disposées en sautoir l’une sur l’autre. à 4 mèt. de distance chacune. A leur sortie du réservoir , les eaux vont rejoindre la Rigole de la Montagne en traversant le petit bassin du Lampy-Vieux. L'aspect du bassin de Lampy, au point de vue pitloresque, n’est pas com- parable à celui de Saint-Ferréol. Son grand mur blan- châtre offre, il est vrai, un contraste assez piquant avec les épais et sombres massifs d'arbres qui longent ses bords et se reflètent dans ses eaux. Mais les coteaux en- vironnants sont dénudés et tristes et lui forment un mé- diocre couronnement. (1)

De Lampy-Vieux on pourrait aller, en suivant la Rigole de la Montagne et la route qui laccompagne, jusqu'aux Campmazes, ou Cammazes, 11 kilom plus loin. Le chemin, toujours bien entretenu . sablé et ombragé comme une allée de parc, continue d’abord à serpenter en courbes gracieuses à mi-hauteur sur le versant sud de la montagne, le long des collines boisées, au-dessus des vallons et des plaines verdoyantes , coupant le Rieutort, dont la rigole recueille

{t) Voir les plan, coupe et élévation du bassin de Lampy, dans Andréossy, tom. IT, pl. 9.

_ 49 les eaux , dominant au loin les campagnes du Lauragais et le cours du Fresquel , derrière lesquels se dresse la muraille neigeuse des Pyrénées. Coup d'œil superbe. Au col du Conquet, on passe sur le versant nord, el on suit de jusqu'aux Cammazés, de haut , la vallée rapide, étroite et profonde du Sor, qui coule en bas, bien en bas, au fond d'une gorge encaissée et pittoresque , que bordent au Nord les flancs des forêts de Saguebaude et de Crabes-Mortes. Dans le projet primitif de Riquet (1664), la Rigole de la Mon- lagne se terminait au Col du Conquet et se déversait dans le Sor par l’épanchoir du Conquet. Elle était continuée par le cours même du Sor , qui portait ses eaux au barrage de Pont-Crouzet et à la Rigole de la Plaine. Il est vrai que le chevalier de Clerville . dans son devis du 5 octobre 1666, voulant autant que possible réserver le Sor pour la naviga- tion du Tarn et de l’Agoût, que Colbert cherchait à assurer. du moins ne prendre qu’une partie de ses eaux et pendant l'hiver, avait modifié le projet sur ce point. en prescrivant de percer au col de l’Alquier la montagne de Cammazes, pour jeter la rigole dans le vallon du Laudot et le futur bassin de Saint-Ferréol. Mais cette modification ne fut pas exécutée. On jeta la rigole dans le Sor. Seulement. plus lard, on reconnut l'insuffisance du Laudot pour alimenter le bassin de Saint-Ferréol et la nécessité d'y conduire les eaux de la montagne. Et Vauban, en 1686. à la suite de son inspection , ordonna l'exécution du plan du chevalier de Clerville. Le devis de cette nouvelle Rigole de la Montagne fut fait par M. Niquet, ingénieur militaire, lieutenant du roi à Antibes. L'adjudication des ouvrages eut lieu le 1 décembre 1686 et l'exécution dans le courant de l’année suivante. Du Conquet aux Cammazes (5,214"), la rigole est creusée dans les terrains schisteux de la rive gauche du Sor, dans lequel elle déverse le trop-plein de ses eaux par les réservoirs du Conquel et d'Embosc. Le sol est peu solide, sujet aux infiltrations el aux éboulements. qui ont donné

in ds lieu à des travaux considérables. En 1748, un abîimes'ouvrit à l'endroit appelé le plan de la Jasse: une portion de la rigole y fut engloutie. Après avoir essayé en vain de le combler, on prit le parti de jeter à travers l'ouverture une route en maçonnerie, sur laquelle les eaux recommencèrent à couler. Cet évènement est consigné dans l'inscription suivante, gravée sur une pierre élevée à l'endroit même l'accident arriva : Au commencement de janvier 1748, ü se forma un gouffre ou enlonnoir de doute -toises de longueur sur sept loises de largeur et quatre tloises de profondeur , qui en- gloulil les lerres voisines et les eaux, sans qu'on pât découvrir leur sortie ; on le ferma au moyen d'un arceau appuyé sur deux rochers solides , et l'on maçonna la rigole sur environ cent toiscs de longueur. Ün peu plus loin, au-dessus du moulin de Garbette (ou Gravette), qui est en bas, dans la vallée du Sor. on lit sur une autre pierre de taille : Le 14 janvier 1770, une secousse de tremblement de terre forma une brèche dans celle partie de quinte toises de longueur sur huit loises de largeur. La mélairie au-dessous fut emportée et le moulin endommagé. On forma un radier en briques avec des revéte- ments en maronnerie sur quatre-vingts loises de longueur, pour fermer la brèche et la forliÿier amont et aval. Cel ouvrage fut fini le 10 avril 1770, malgré les neiges et les glaces.

Aux Cammazes, on est sur la ligne de partage des eaux entre la Méditerranée et l'Océan. à 481 mèt. d'altitude. C'est que la route de Carcassonne à Revel, par Saissac, franchit la Montagne Noire. Pour faire passer les eaux de la rigole d'un versant à l'autre, il a fallu creuser une tranchée, un souterrain el un tunnel. La percée des Cammaïes a 23 mèt.. dont une partie à ciel ouvert; le reste est soutenu par une voûte en pierres, de 121 mèt. de long sur 2"92 d'ouverture. Les eaux de la rigole , après avoir coulé sous cette voûte. se précipitent, à peu de distance de là, par une chute de 8"121 dans le lit du Laudot, affluent du Sor, et suivent le vallon par une pente rapide, par un cours irrégulier, tantôt

- . 4Y

à travers les prairies, tantôt'au milieu des rochers, de cascade en cascade , jusqu'au bassin de Saint-Ferréol, qui n'en est éloigné que de 6 kilom., tandis que la roule serpente à droite sur les flancs de la colline, à mi-côte. |

Mais ce n’est pas l'itinéraire convenu. Nous n'arrive-

rons au bassin de Saint-Ferréol que par un détour. du reste charmant, si le temps l'avait voulu.

IN. SORÈZE.

En effet, en quitlant Lampy, nous laissons à gauche la rigole et la route des Cammazes pour nous diriger vers le Nord par un chemin qui gravit les pentes du plaleau assez triste , interposé entre le Lampy et le Sor. Au bout d’une heure environ, nous arrivons sur le versant nord de ce massif, et nous avons devant nous le cirque ravissant d’Ar- fons, plaine verdoyante à 650 mèêt d'altitude environ, découpée en carrés de verdure plus ou moins foncée, qui se détachent agréablement pour l'œil , traversée au centre par le Sor naissant et coulant sur le plateau avant de s’en- foncer dans ses gorges. et couronnée de tous côtés par des hauteurs boisées de 700 à 750 mèt. Au milieu du vallon, le village aux maisons blanches et aux toits d'ardoise, coquet et propret, de loin au moins. Nous y descendons rapidement et nous nous y arrêtons quelques minutes, sans pouvoir expérimenter les délicieux déjeuners qu'on y fait, paraît-il, car il est 4 heures du soir, nous sommes pressés d'arriver à Sorèze avant la nuit . et la pluie est menaçante.

Nous repartons pour Sorèze par une belle route. en gra- vissant lentement l’autre versant du cirque. Le temps devient affreux. Une pluie froide, mêlée de grêle et foueltée par le vent qui cingle durement les visages , nous mouille el nous transit jusqu'aux os. Oh! la pénible montée, malgré la vue du cirque d’Arfons, sur lequel nous jetons un der. nier regard au tournant du chemin.

_— 5)

Mais aussi quelle belle descente! Tout à coup. au bord du plateau qui tombe brusquement , comme une falaise, sur la plaine du Sor, une fente s’entr'ouvre , entre les deux promontoires du Berniquaut ou Bernicaut à gauche et à l'Ouest 5061 mèt. d'altitude) et du Causse à droite et à PESL(582 mèt ) : deux ou trois lorrents. nés sur les flancs de la montagne, se précipitent sur les pentes pour se réu- nir en bas. bien en bas, dans une gorge unique et pro- fonde. la gorge de Montcapel, au bout de laquelle on aperçoit Les maisons de Sorèze et la plaine indéfinie. C'est par que nous allons descendre, en nombreux lacets. coloyant les précipices. C'est un coup d'œil splendide, qui nous fait oublier et Ja pluie et le froid.

Nous voici à Sorèze. gros bourg de 2,500 habitants envi- ron., Nous y entrons par une belle roule ombragée de grands arbres, qui traverse toute la ville et en forme la rue prin- cipale. Nous Jaissons à gauche l'église du collège et son splendide parc entouré d'un mur : devant, une petite place avec des orineaux magnifiques . au vaste ombrage, entou- rés de bancs circulaires en maconnerie. pour servir d'abri et de siège aux groupes de causcurs.

Voici Fhoôtel. Grand émoi et grand cembarras pour loger el nourrir lant de visiteurs. Car c'est la Pentecôte. c'est la féte du pays : ce sont les vacances ; il ÿ a beaucoup d'é- rangers el beaucoup de parents d'élèves. On réussit cepen- dant à nous distribuer tant bien que mal chez Îles habi- lants, el on nous sert un diner que nous trouvons excel- lent, assaisonné d'appétit et de bonne humeur. Je suis logé, avec M. Rulland, chez le bedeau de l'endroit: la chambre est bien petite et le lil bien étroit, mais je ne n'en soucie guère, et je m’endors jusqu'au lendemain. avant d'avoir eu le temps de songer à le regretter.

Réveillé et levé à 4 heures, je visite la ville avant de parlir. Rien de bien curieux. La partie neuve, des deux côtés de Ja route, ressemble à n'importe quel village mo-

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derne. La partie vieille, groupée aulour du collése, entre la route et le parc. est plus originale : de petites rucs tortueuses . non payées, avec un ruisseau au milieu, mais un ruisseau d'eaux vives, ce qui est précieux pour la pro- preté : des maisons anciennes , mal bâties. au premier étage surplombant Elle s'est formée autour d’une abbay e fondée en 757 par Pépin le Bref (r) et dont il reste une vieille tour octogonale, à porte ogivale. surmontée de ma chicoulis. envahie par les herbes grimpantes et servant de clocher. Ce qu'il y a de plus remarquable actuellement . c'est le collège, édifice spacieux, entouré d'un parc splen- dide, au pied même de la montagne.

Cette maison d'éducation est ancienne, elle eut à certaines époques une grande importance : il y a de belles pages dans son histoire. Elle fut fondée à la fin du xvr siècle par les bénédictins de l’abbaye. Mais celle demeura effacée aux xvu* et xvim* siècle, Sorèze avant été troublée pendant Îles guerres de religion, prise et reprise par les catholiques et les protestants. Versle milieu du xvim' siècle, l'Ecole fut re. constiluée par Dom Victor de Fougeiras (1559), Dom Lacroix, Dom Lasserre et surtout Dom Raymond Despaux (1767), qui y essayèrent un nouveau systéme d'enseignement, subs- titué à la routine scolastique. Un des premiers, selon les idées de Rollin. Despaux ajouta à la connaissance du latin et du grec, objet exclusif de la plupart des autres collèges, l'étude de la géographie, de l'histoire, des mathématiques et des langues étrangères : il y joignil même des arts d'agré- ment et des exercices physiques, comme Île dessin, la musique, la gymnastique, accomplissant ainsi une sorte de révolution dans l'éducation publique. L'Ecole de Sorèze devint bientôt célèbre, et ses succès encouragèrent le gou-

(D Soricinium ou Sorizinum. Monasterium Soriciniense ou Sorizinense. Sancta Maria de Sorizino. Voir Notice historique

sur Soréze,

robe. vernement à Jui confier, en 1556, un certain nombre d'élèves de l'Ecole militaire de Paris. Elle fut visitée, en 1777. par M. le Comle de Provence, futur Louis ANT, et par l'em- percur Joseph IT (17-77). Elle altira, des diverses parties de la France et de l'Europe. un grand nombre de jeunes gens dont plusieurs se sont rendus illustres depuis, comme le navigateur La Pérouse. l'ingénieur Cachin, les économistes Azaïs el Bastiat, La Rochejacquelein : leurs bustes ornent aujourd'hui la salle des Fêtes du collège (1). Despaux quitta Sorèze en 1785 el vint vivre à Paris dans la gène, presque dans la misère, du produit de ses leçons, à l'âge de 5o ans : plus tard, Chaptal, ministre de l'intérieur, vint au secours de sa vicillesse et le fit nommer inspecteur général de l’ins- truction publique. L'Ecole survécut tant bien que mal à la Révolution. sous la direction de ses nouveaux proprié- aires, MM. Ferlus. En 1851, elle fut acquise par les domini- cains et reslaurce par Lacordaire, qui la dirigea pendant septans, qui mourul et x fut inhumé dans l'église en 1861 : la statue de l'illustre prédicaleur, en marbre blanc, œuvre de Girardet, se dresse sur un socle de granit, dans la cour d'honneur : il est réprésenté instruisant un enfant. La direction de Lacordaire (1854-1861) marque le plus haut degré de la prospérité du collège. Il était alors connu et fréquenté de tout le Midi et même de toute la France. On y venait compléter ses études en faisant sa philosophie. Depuis il n’a cessé de déchoir, sous ladministration successive d'une société d'ecclésiastiques (1862-18-35) et des dominicains de nouveau (1875-1891). L'installation en est toujours admira. ble : un beau pare, un vaste bassin de natation, un manège couvert dans l'ancienne église, un petil théâtre, un splendide uvimnase, une belle collection d'histoire naturelle, de jolis

(4) E faut y ajouter Dom Claude de Vic, un des auteurs de l'Histoire du Languedoc, (67014735, qui était de Sorèéze même, Notice historique

sur Norpie, pas, 154,

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salons el une superbe salle de fêtes, Lout ce qu'iffaut en un mol pour organiser les jeux et les exercices physiques. qui continuent en effet à y être cultivés, pour le grand bien de la santé des élèves. Aussi ail conservé la clientèle d'une partie de l’aristocratie et de la riche bourgeoisie méridionales. qui dédaignent le régime trop démocratique des établisse- ments de l'Etat, et qui croient de bon ton d'envoyer leurs fils dans une maison religieuse, lon se charge de leur apprendre les belles manières, le cheval et tous les sports dont la pralique constitue Phomme du monde. Mais Fins- fruction y est très insuffisante. faute d'un bon personnel de professeurs, el. malgré les avantages de son installation. le collège de Sorèze baisse de jour en jour.

Les environs de Sorèze sont pitloresques. Au Nord la plaine verdoyantie du Sor : au Sud la montamne boisée do- minant Ja ville, Sur Je Causse, on visite parfois la grotte du Calel Traouc del Calel (trou de la Taupe), avec sex blocs d'albälre et ses stalactiles. Un ruisseau la traverse et donne sans doute naissance à la belle fontaine qui sort en divers moments des rocs de la Fendeille. En longeant vers le Sud-Ouest le Berniquaul, on rejoint au bout de 1 kilomètre la vallée du Sor et le village de Durfort, jadis célèbre par son ancien chäleau. berceau de Ta famille illus- tre de ce nom. et connu actuellement pour ses usines de cuivre. de chaudrons. C'est de ce côté que nous nous dirigeons, cinq ou six marcheurs intrépides. devançant le départ des voitures. qui doivent porler prosaïquement nos compagnons à travers la plaine et le long de la raule jus- qu'à Saint-l'erréol. Durfort est à l'entrée des gorges du Sor. Mais le chäteau n'est qu'une ruine et les usines sont fermées ce jour de fête. En remontant la vallée encaissée, profonde el fraiche, nous pourrions nous dédommager en admirant les débris du chäteau de Puivert, assiégé el détruil par Nimon de Montfort(i). et de Roquefort. ou en visilant le

mm 2 ——— a ———————p———

Qi Voir Notice historique sur Sorre, paue 6.

BE =

fameux gouffre de Malamort. le Sor se précipite et dis- parait un instant. Mais le temps nous presse ; il nous faut ravir à la hâte par un sentier rapide el mal tracé les hau- leurs qui dominent la rive gauche du Sor et la séparent du Laudot. Nous Y jouissons par contre d’un très beau coup d'œil ; à nos pieds la rigc'e de la Plaine, qui se détache du Sor au barrage de Pont-Crouzct, Sorèze et Revei : puis la plaine parsemée de villages el traversée par la voie ferrée de Castelnaudary à Castres : enfin au loin. clôturant l'ho- rizon, derrière la trouée de Revel, la ligne des coteaux de Saint Félix de Caraman, supportant à son extrémité orien- tule la pittoresque forteresse de Puylaurens. Le faite franchi el un dernicr contour de la colline doublé , nous voici brusquement en face de la vallée du Laudot, des lacets de la route de Revel et de la nappe d’eau de Saint- Ferréol, semblable à un lac et miroitant au soleil. Sans nous attarder davantage à l'admiration de ce magnifique specta- cle, nous descendons rapidement, en longeant le bord septentrional du bassin . et nous rejoignons à la maison du garde nos campagnons qui étaient déjà arrivés el avaient comimencé Ja visite des ouvrages.

V— Sant FERRÉOL

Le réservoir de Saint-Ferréol, ainsi nommé à cause d'une mélairie voisine, est situé à 3 kilomètres ct demi au sud- ouest de Soreze, à 2 Kilomeéëtlres el demi au sud de Revel, et à 6 kilomètres environ à Foucesl des Cammazes. à la limite commune des départements de l'Aude. du Tarn et de la Haule-Goronne. Ceux-ci se touchent au centre d'un plateau de 100 mètres d'altitude environ qui domine au Sud Ja plaine du Sor et à FEst la dépression de Revel. par des pentes presque à pic, formant un des derniers contreforts de la Montagne Noire. Le réservoir est établi dans un élar-

issement du Laudol, qui, descendu des Gammazes par des

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.. worges rapides, s'étale tout à coup dans un vallon allongé de forme ovale, > kilomètres de long environ sur : de large, dominé à gauche, au Sud, par des coteaux assez élevés et couverts de forêts , les bois de Lancastre. qui lui envoient le ruisseau du mème nom, bordé à droile, au Nord, par des coteaux très bas, que suit la route des Cainmazcs à Revel, si bas qu’ils se trouvent sur une certaine étendue au niveau des eaux du réservoir, et qu'il scrail facile, si on voulait. de jeter le cours du Laudot sur la plaine de Revel et dans le Sor. À la maison de Saint-Ferréot, la vallée se resserre de nouveau brusquement ct se rétrécilen gorues rapides, pitloresques , qui tombent au Sud-Ouest dans le vallon de Vandreuille: si bien que. pour constiluer Île bassin, on n'a eu qu'à barrer la gorge inférieure par une digue.

Cette heureuse disposition attira dès le début Fattention des auteurs du canal, qui décidèrent d'y élablir un immense mayasin d'eau suffisant à lui tout seul pour l'alimentalion , et destiné à remplacer tous les autres projetés. Le bassin de Sain